Bennett peut-il gagner au poker iranien à la Maison Blanche?

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La visite de Bennett à la Maison Blanche, quand l’Amérique découvre le total effondrement de l’Afghanistan sous les directives de Biden – a une chance de gagner une bonne marge de manœuvre sur le front iranien.

Yaacov Amidror, ancien chef du département recherche de l’Aman -renseignements militaires de Tsahal – et Conseiller à la Sécurité Nationale de Netanyahu, va jusqu’à déclarer que la situation de repli en Afghanistan représente une opportunité pour Israël de s’imposer comme la force réorganisatrice de tout le Moyen-Orient (sans même évoquer une défaite auto-infligée par Biden lui-même, contre l’avis de tous ses conseillers, comme le pense Caroline Glick).

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Deux leaders en proie à la contestation intérieure

Le président Joe Biden et le Premier ministre Naftali Bennett comptent tous deux atténuer les problèmes qui les embarrassent gravement au cours des cinq jours critiques précédant leur rencontre à la Maison Blanche, le jeudi 26 août. Le président Joe Biden espère que l’armée américaine (qui ne lui est plus du tout favorable) traînera hors de la boue la crise du retrait en Afghanistan. Le Premier ministre Naftali Bennett parie sur la campagne massive de rappel de troisième vaccination contre la covid, pour freiner les chiffres en spirale ascendante du variant delta du coronavirus.

Quel terrain d’entente aussi ténu soit-il?

Dans tous les cas, le terrain d’entente entre les deux dirigeants est a priori une denrée rare. Sinon, ils sont en désaccord sur les questions les plus cruciales, telles que :

  • l’action directe pour faire avorter un Iran doté de l’arme nucléaire –
  • ou l’escalade militaire en règle générale ;
  • comment résoudre la question palestinienne, le statut de Jérusalem et celui des implantations juives de Judée-Samarie/Cisjordanie.

Bennett n’est pas en faveur de l’alignement Lapid-Gantz sur Biden

Dans quelle mesure le Premier ministre d’une droite musclée se rangera-t-il derrière la pratique initiée par le ministre des Affaires étrangères et Premier ministre suppléant Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz de « s’aligner sur l’administration Biden » sur toutes les questions de sécurité ?

Les deux hommes décrochent leur téléphone avec Washington avant de se lancer dans une quelconque opération de sécurité. De fait, ils ont empêché Israël de punir directement l’Iran :

  • pour l’attaque de drones du mois dernier sur le navire marchand de Mercer Street s dans les eaux internationales, tuant deux ressortissants roumain et britannique, -il y avait donc une vraie logique visant à impliquer des acteurs britanniques et européens dans les représailles-
  • ou de régler les comptes du tir de barrage de 19 roquettes du Hezbollah au cours de la première semaine d’août, après la première frappe israélienne au Liban, depuis 15 ans.

Bennett s’oppose à la création d’un Etat Palestinien en Judée, patrie historique des Juifs

Selon des sources politiques, le président Biden avait vraiment espéré que Bennett finirait par accepter la ligne Lapid-Gantz. Mais jusqu’à quel point ? Bennett est un ancien président du Yesha (Conseil représentatif des implantations de Judée-Samarie).

Il n’a jamais fait référence à la solution à deux États de la question palestinienne adoptée par Biden. En outre, Bennett s’est opposé à la réouverture du consulat américain à Jérusalem pour les Palestiniens et a appelé à sa relocalisation à Ramallah. Le consulat a fermé lorsque le président Donald Trump a déplacé l’ambassade des États-Unis dans la capitale israélienne.

En juillet, Biden a accepté de retarder la réouverture du consulat et de suspendre les demandes sur la question palestinienne jusqu’à ce que le nouveau gouvernement israélien vote son budget .et .trouve ses marques. Mais il n’acceptera pas de gaité de cœur un gel prolongé, sauf s’il est politiquement désavoué de l’intérieur.

Dans le même temps, le cabinet représente l’éventail politique d’Israël de bout en bout et peut être déstabilisé s’il est contraint d’affronter ces questions pour obtenir un consensus, qui n’a jamais existé, à en croire le témoignage de Yaïr Lapid. Bennett espère, quant à lui que sa stratégie covid de rappels massifs et d’empêchement d’un troisième confinement lui donnera suffisamment d’assise et d’influence populaire pour consolider son rôle de leader.

Biden ne sera pas sorti de son propre pétrin afghan d’ici jeudi

Le samedi 21 août, l’armée américaine était toujours aux prises avec sa mission d’évacuation, -sans doute prolongée au-delà du 1er septembre –  qui devenait urgente, alors que les talibans ont rompu leur propre promesse d' »amnistie pour tous » six jours après avoir pris le pouvoir à Kaboul. Biden a admis qu’il ne pouvait pas prédire l’issue de l’un des « ponts aériens les plus difficiles et complexes de l’histoire ».

Le flot de personnes cherchant désespérément à fuir envahissait la capitale et son aéroport. Un rapport des services de renseignement norvégiens a révélé que les talibans recherchaient des opposants et leurs familles de maison en maison et contrôlaient les personnes se rendant à l’aéroport. Amnesty International a appris le massacre de 9 hommes de l’ethnie hazara par les talibans après sa prise de la province de Ghazni.

L’Etat-Major U.S avoue s’être laissé débordé

L’embarras de l’administration face au fiasco s’est clairement manifesté dans le briefing conjoint que le secrétaire à la Défense Lloyd Austin et le président des chefs d’état-major général Mark Millay ont donné aux journalistes cette semaine. Tous deux se sont engagés solennellement à remplir leur mission d’évacuer les Américains et leurs aides locaux d’Afghanistan. Cependant, le secrétaire à la Défense a mentionné les réfugiés afghans avec des « pièces d’identité » – une référence aux difficultés du département d’État à fournir des visas américains pratiquement du jour au lendemain aux Afghans qui ont servi l’OTAN, au cours de la prise de contrôle imprévue en moins de 11 jours du pays et de sa capitale par les talibans.

La gestion de cette question par l’administration Biden a choqué les alliés du Golfe et suscité des questions épineuses de la part des décideurs israéliens en matière de sécurité. Après avoir abandonné leurs alliés à la merci des talibans en Afghanistan, qu’est-ce qui empêchera les États-Unis, demandent-ils, de nous abandonner face à l’Iran ?

Biden va t-il s’entêter sur un accord avec l’intransigeant Raïssi?

Bennett sera le premier dirigeant étranger à échanger en face-à-face avec le président Biden depuis l’effondrement afghan. Certains de ses conseillers l’exhortent à offrir un peu d’empathie et le plein soutien d’Israël en échange de concessions sur l’Iran. Ce sera la première chance du Premier ministre israélien, âgé de 49 ans, de montrer ses qualités de leader sur une tribune mondiale décisive. Il doit absolument contrebalancer ses performances dilatoires très critiquées dans la lutte contre la pandémie de covid.

Bennett doit montrer à Lapid et Gantz qui commande

Il a également besoin de ces feux de la rampe après avoir trop laissé Lapid et Gantz se lancer dans l’élaboration des politiques majeures. Ils semblent avoir tout miser sur un cheval aussi boiteux que Biden, sur la pente savonneuse de son modèle de toujours Dhimmi Carter.

Marc Brzustowski avec des sources remaniées Debkafile, New1 co.il, Israel Hayom

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