L’unité secrète qui change les règles du jeu dans Tsahal
Révélations sur ses actions contre le Hezbollah et le Hamas
L’unité fantôme présente des capacités et des moyens classifiés qui ont conduit à perturber et empêcher des tirs antichars du Hezbollah depuis la frontière libanaise et à remiser des exercices de guerre entiers pour les divisions de Tsahal. On assiste aux premières révélations de ses activités durant l’opération Gardiens des Murs en mai 2021, au cours de laquelle il a débusqué et attaqué 20 escadrons du Hamas triés sur le volet.
Il y a plus d’une décennie, Aviv Kochavi, en tant que chef de la division des opérations à l’état-major général, a remarqué le grand écart existant entre la qualité des performances des opérations spéciales des unités spéciales et les capacités lourdes des brigades d’infanterie, qui ont du mal à débusquer l’ennemi qui se cache dans les maisons, derrière les fourrés et sous terre dans les tunnels.
Moderniser le déploiement de l’infanterie en territoire ennemi
Il est vite devenu évident que les capacités que l’unité avait concentrées et développées avec les responsables de la défense et les entreprises civiles amélioreraient la survie des forces en territoire ennemi, les capacités de localiser un ennemi caché et de l’attaquer à un rythme très élevé avant qu’il ne disparaisse au cœur de la population ou sous terre.
Vue centrale de la base d’entraînement au combat urbain de Tzeelim
De l’entraînement à la zone de combat sans transition
En août 2020, lors d’un des exercices dans les zones de tirs de la base de Tzeelim dans le Néguev, un commandant de peloton de l’unité, le major A., a levé la main et s’est adressé au chef d’état-major : « Nous voulons mener à bien nos activités opérationnelles. Nous avons la capacité d’y contribuer. »
Kochavi a alors expliqué aux combattants que leur mission en ce moment est de développer les capacités de demain pour l’échelon opérationnel en vue de la guerre de l’avenir. Mais la réalité est plus forte que tout et après quelques jours, la situation sécuritaire dans le commandement nord s’est brusquement modifiée. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a décidé de venger la mort d’un membre de l’organisation dans une attaque attribuée à l’armée de l’air israélienne en- Syrie et a envoyé plusieurs escadrons antichars dans la zone frontalière pour tuer des soldats. Le Commandement en Galilée a élevé le niveau de vigilance, fait reculer les soldats et réduit les forces dans les avant-postes de peur de subir une riposte. Des unités spéciales sont allées dans le nord pour aider à localiser les activités secrètes de l’organisation chiite et les repérer dans les fourrés et bosquets libanais.
Une place opérationnelle toute tracée
Le commandant de l’unité fantôme, Ami Bitton, a insisté auprès du haut commandement de Tsahal pour qu’il se rende au nord et s’intègre aux activités opérationnelles, car les capacités classifiées de l’unité sont suffisamment matures pour aider à localiser les escouades dans la zone, en particulier par rapport au contour topographique complexe qui comprend montagnes, oueds et bosquets denses. Kochavi a décidé de leur donner le « feu vert ». Les équipages de l’unité étaient stationnés dans la 300e Brigade dans le secteur ouest de la frontière libanaise. Une équipe de débusquage et d’offensive de l’unité fantôme a rapidement localisé un des escadrons du Hezbollah.Du jamais-vu en termes de repérage et de neutralisation
« Du coup, le haut commandement constate que nous savons leur ouvrir un monde diversifié de moyens qui savent localiser un ennemi sur le terrain. Ce sont des escouades du Hezbollah très professionnelles qui sont camouflées sur le terrain », a expliqué le colonel Bitton.
L’Unité opérait pour la première fois dans un secteur opérationnel et immédiatement, une équipe de mise à découvert et d’agression a su faire preuve de ses capacités en profondeur. Notre organisation a été rapide. Depuis le Quartier général à l’arrière et au sein des équipages à l’avant. La capacité d’analyser la zone et de recueillir des informations en collaboration avec les agences de renseignement et de l’air a permis de révéler, non seulement, l’emplacement de l’escouade, mais qui est autour. Par exemple, chacune de ces cellules dispose d’une équipe de photographie opérationnelle qui la renseigne afin de diffuser ultérieurement des vidéos et des images. »
Après que l’alerte est retombée et que le Hezbollah a abandonné l’idée de se venger au moins temporairement, les combattants des unités fantômes sont revenus au développement de méthodes et de capacités. L’armée de terre a été très impressionnée par la capacité et a décidé de les envoyer à un examinateur du Commandement du Nord. Son rôle est d’examiner les diverses capacités des unités, en vue d’une éventuelle guerre au Liban et ils ont affiché des capacités élevées,0 contrairement à un certain nombre d’autres bataillons et d’unités dans l’armée israélienne.
Flèche meurtrière
En Octobre 2020, le général Strick a décidé de les combiner pour la première fois comme un tout dans un exercice appelée « flèche meurtrière » qui a eu lieu dans le village d’entraînement dans le nord et consistant à simuler un dépoiement sur le territoire libanais.


Membres de la Brigade Kfir déguisés en miliciens du Hezbollah
En une heure et demie, les équipes de l’unité ont débusqué les 100 soldats de la brigade Kfir qui ont participé à l’exercice en simulant les activités du Hezbollah. Le commandant de la division 99, le général de brigade Avi Rosenfeld, a arrêté l’activité des forces lorsqu’il s’est rendu compte que les capacités d’une unité fantôme pouvaient ruiner le plein développement de son exercice.
Tout ce qui manque à l’Infanterie pour gagner, l’unité Ghost le détient
« Tant que vous ne savez pas ce que possède une unité fantôme et de quoi elle est capable, vous, en tant que commandant d’unité, ne comprenez pas ce qui vous manque vraiment pour progresser rapidement dans les manœuvres terrestres et infliger un impact mortel à l’ennemi. Le rythme de progression est démentiel. C’est une unité tactique qui dispose d’une vision d’état-major (totalement autonome). C’est une unité vraiment hors-pair, parce que nous servons une grande et large logique. Nous avons déjà plus d’un nombre à trois chiffres de combattants et de commandants qui sont tous soigneusement sélectionnés. Tout récemment, notre premier cycle s’est déroulé de façon à ce que nous ayons moins à retirer de soldats opérationnels des autres unités. Nous sommes connectés à toutes les informations circulant au sein de l’armée israélienne. Il n’y a pas de barrages institutionnels. Y compris quand cela concerne les communications de l’armée de l’air. Les équipages aériens et nous parlons dans la même langue afin que tout se passe rapidement. Notre rôle est de travailler côte à côte avec l’unité 9900 qui est capable de produire des informations sensibles de renseignement pour nos besoins en temps réel et nous avons les systèmes de contrôle et de supervision les plus avancés et classifiés disponibles. Nous bénéficions d’une bonn0e immunité aux diverses formes d’attaques possibles. »Baptême du feu opérationnel
Fin mai, ils se préparaient pour l’exercice d’état-major, mais quelques jours plus tard, suite à la détérioration de la situation sécuritaire dans la bande de Gaza, le général Strick a décidé de les inclure dans l’opération Gardien des Murs. Pour ne pas porter préjudice aux non combattants, nous n’avons pas attaqué », a déclaré Bitton. En fait, un bataillon du Hamas à Shajaiya n’a pas réussi à déployer les forces militaires qu’il avait prévues à cause de l’action de l’unité. Aucune opération-commando vers Israël n’est sortie de son secteur non plus. » Le lieutenant A., 23 ans, qui s’est formé dans l’unité Egoz, était l’un des commandants des équipes de débusquage-agression de l’opération Gardien des Murs qui se trouvaient dans la zone à l’intérieur des positions du Hamas tout au long de l’opération et utilisaient des drones, de minuscules avions et d’autres moyens de localiser et d’attaquer des terroristes. « Mon équipe a été impliquée dans au moins cinq cas. Dans l’un d’eux, une escouade se déplaçait d’un endroit à l’autre et nous avons dû la clouer au sol », a expliqué l’officier, « Nous envoyons un point de repère à l’aviation et voyons comment ils sont bombardés en temps réel . »Eplucher toutes les possibilités de dissimulation sur un territoire étendu
Déterminer la trajectoire de l’attaque demande de la précision et est parfois une phase épuisante. « Il y a des centaines de maisons devant vous. Des milliers de fenêtres et vous, en tant qu’équipe de débusquage, devriez non seulement découvrir derrière quelle fenêtre de la maison se trouve le terroriste, mais comment identifier la force d’attaque adéquate pour le frapper », a déclaré le lieutenant-colonel. « Le Hamas s’empare de bâtiments pour faire des observations du territoire israélien afin de lancer des missiles antichars ou de poster des snipers. Ils utilisent des draps et d’autres moyens pour se cacher. Dans certains cas, nous devons nous-mêmes révéler leurs positions, du fait de leurs grandes capacités de camouflage’
L’unité a récemment inauguré le nouveau camp qui combine des classes spéciales, des simulateurs, des salles de réflexion et une salle d’arsenal. Sur la place d’entrée, on0 aperçoit le sergent S., 23 ans, arrivé à l’unité fantôme de reconnaissance depuis la brigade Givati , portant des jumelles 3D et ordonnant à un petit planeur de pénétrer dans le bâtiment pour localiser les terroristes et comprendre exactement où se cache un terroriste. ll a bénéficié d’une formation dans le cadre du développement des méthodes et de la technologie mais aussi une compétition in-ter-unités pour battre des records personnels.

