Le fils Haftar offre à Israël la reconnaissance en échange de son soutien

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Un futur nouvel « Accord d’Abraham » en Afrique du Nord?

 

Il s’agit du colonel Saddam Haftar, le fils du Général Khalifa Belqasim Haftar Alferjani, soutenu par l’Egypte et plusieurs grandes puissances

 

Un haut responsable de la sécurité israélienne a effectué une visite secrète à Tripoli, la dernière semaine d’août, en tant qu’invité du colonel Saddam Haftar, fils du chef de l’armée nationale libyenne, le général de division Khalifa Haftar, rapportent des sources du renseignement américain.

 

Saddam Haftar fait campagne pour la présidence de la Libye lors des élections de décembre 2021 contre Seif al-Islam Kadhafi (voir photo ci-dessus), le fils de feu Mouammar Kadhafi, qui a été destitué lors d’une opération militaire dirigée par l’OTAN et soutenue par les États-Unis il y a dix ans.

Khadafi jr courtise Poutine

Lorsque l’émissaire israélien s’est entretenu avec le fils de Haftar, le rival Kadhafi junior était reçu à Moscou par le président Vladimir Poutine. Il demandait le soutien de la Russie pour sa candidature à la présidentielle, bien que les mercenaires russes du groupe Wagner aient soutenu la bataille de l’opposition pour le contrôle de Tripoli.

 

Le groupe Wagner en opération en Libye.

Une coalition israélo-égypto-émiratie contre Erdogan

Israël a été exhorté par le président égyptien Abdel-Fatteh El-Sisi et le dirigeant des Émirats arabes unis Cheikh Muhammed al Zayed à rejoindre leur coalition pour soutenir le combat du Général Haftar afin de conquérir Tripoli ainsi que leur soutien à la candidature de son fils à la présidence. Le Caire lui fournit des armes et des opérations aériennes, tandis que les Émirats arabes unis ont fourni des unités des forces spéciales et un petit escadron de chasse.

 

Lorsque le général Haftar s’est rendu au Caire le 11 août, il s’est non seulement entretenu avec le président Sissi, mais a également rencontré l’ambassadeur américain Richard Norland. Les protagonistes ont discuté de l’adhésion d’Israël à la coalition pro-Haftar, lors de la première entrevue. Dans la seconde, le général a tenté d’évaluer les chances que les États-Unis se retirent de leur soutien au gouvernement de transition d’Abdelhamid Dabaiba à Tripoli. Les frappes aériennes américaines de ces derniers mois visaient à retarder la longue bataille de l’armée Haftar pour percer jusqu’à la prise de Tripoli.

 

Si oui, une réalisation diplomatique majeure pour Israël?

Le colonel Saddam Haftar, selon ses confidents, a fait une offre à son visiteur israélien : s’il parvenait à devenir président, la Libye établirait des relations normales avec Israël, en échange de la fourniture de systèmes d’armes et de renseignements. Aucun accord de principe n’a été décroché à ce stade. Si cet accord est conclu, Israël aura considérablement élargi l’anneau de relations régionales normales ouvert de façon spectaculaire, l’année dernière, avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, en plus de ses pactes de paix historiques avec l’Égypte et la Jordanie.

 

Les sources de renseignement de DEBKAfile rapportent que Washington n’était pas au courant du contact entre cet émissaire israélien et Haftar. L’ancien président Donald Trump a favorisé la guerre du général Haftar pour renverser le gouvernement reconnu par l’ONU et s’emparer de Tripoli la capitale. Ils avaient l’habitude de parler par téléphone.

Biden indécis et sans stratégie

Son successeur Joe Biden n’a pas encore décidé où il se situe entre les factions en guerre de l’Est et de l’Ouest du conflit libyen. Malgré un cessez-le-feu et des progrès, au début de cette année, vers une solution politique à la crise libyenne, les affrontements armés se poursuivent à Tripoli et dans ses environs.

 

En plus d’une percée diplomatique déterminante, Israël a un intérêt supplémentaire dans l’entreprise Haftar, dans la mesure où son succès ajouterait un dernier mot à l’intervention de la Turquie dans la guerre civile libyenne. Le président Recep Erdogan a fourni un soutien militaire et recruté des forces syriennes pour soutenir le gouvernement de Tripoli, avec lequel il a signé en 2019, un accord Turquie-Libye pour le partage arbitraire des eaux de la Méditerranée orientale et de leurs gisements énergétiques.

 

Cet accord est évidemment combattu par Israël, l’Egypte, la Grèce et Chypre comme empiétant de manière totalement illicite sur leurs intérêts. Si Saddam Haftar était élu président, cet accord, n’ayant jamais été reconnu internationalement, deviendrait nul et non avenu.

Libyan presidential contender offers Israel recognition for backing

Un commentaire

  1. Avoir le soutien de Biden, c’est paraphraser Talleyrand disant : un gouvernement qu’on soutient est un gouvernement qui tombe.

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