Mandats d’arrêt contre des participants à une conférence au Kurdistan appelant à la normalisation avec Israël

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Irak : 

 

L’appel à la répression à la hauteur du « scandale » provoqué dans le monde arabe?

Hier, le site Internet Terre-des-Juifs.com a rapporté que le gouvernement irakien avait rejeté l’appel issu d’une conférence tenue à Erbil au Kurdistan irakien, à œuvrer pour la normalisation avec Israël.

Aujourd’hui, dimanche, le Conseil judiciaire suprême a annoncé l’émission de mandats d’arrêt contre les participants à la conférence sur « La paix et la réconciliation » – « السلام والاسترداد », appelant à la normalisation des relations avec Israël, selon l’agence de presse irakienne, « et le site Ina.iq« .

Wissam al-Khardan visé au premier chef

La déclaration du conseil a décrété que « le tribunal de Kirkouk, sur la base d’informations fournies par le conseiller à la sécurité nationale, a émis un mandat d’arrêt contre le supposé Wissam al-Khardan -, à la suite de son rôle joué dans l’appel à la normalisation avec Israël ».

Il a ajouté : « Un mandat d’arrêt a également été émis contre Michel Al-Alusi, et contre un employé du ministère de la Culture – Sahar Karim al-Tai, pour le même crime ». « Une action en justice sera intentée contre les autres participants dès que nous connaîtrons leurs noms complets », indique le communiqué.

Selon le journal israélien Yedioth Ahronoth, environ 300 personnalités sunnites et chiites de la ville d’Erbil ont appelé Bagdad à établir des relations diplomatiques avec Israël.

Le Dr Sahar Karim al-Ta’i, récemment candidate au poste de ministre de la Culture, s’était déclarée prête à tout donner pour la normalisation :

« Nous pouvons vivre sous la répression ou nous pouvons mourir avec courage »

 

Le Dr Sahar al-Ta'i, un défenseur irakien de la normalisation des liens avec Israël, prend la parole lors d'une conférence de paix à Erbil, au Kurdistan, le vendredi 24 septembre 2021. (Capture d'écran)
Le Dr Sahar al-Ta’i, une militante iraienne pour la défense de la normalisation des relations avec Israël, prend la parole lors d’une conférence de paix à Erbil, au Kurdistan, le vendredi 24 septembre 2021. (Capture d’écran)

Il est à la fois nécessaire et inévitable que l’Irak reconnaisse Israël et adhère aux Accords d’Abraham, a alors déclaré Sahar Karim al-Ta’i, une haute responsable du ministère irakien de la Culture, au Times of Israel dans une interview.

Ta’i a publiquement exprimé son point de vue vendredi lors de la conférence au Kurdistan irakien, devant des centaines d’activistes et de chefs tribaux irakiens qui ont publiquement soutenu la paix avec Israël. 

Au cours de son discours, elle a évoqué l’expulsion des Juifs du pays, dont la grande majorité a fui l’Irak pour Israël dans un contexte de persécution croissante après la création de l’État juif en 1948.

« Ils se sont tournés vers l’Irak et regardent toujours vers leur ancienn0e patrie, attendant que les yeux de leur mère proverbiale montrent de l’affection pour ses enfants perdus », a-t-elle déclaré. « Ils attendent toujours le moment où Israël sera reconnu par l’Irak comme leur pays et celui de leurs frères qui partagent le pays avec eux.

 

Un risque d’implosion entre deux Iraks?

Dans la première réponse israélienne à l’invitation, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré que cet événement « révèle l’espoir dans des endroits auxquels nous n’avions pas pensé auparavant ». « Nous et l’Irak partageons une histoire et des racines communes par notre communauté juive, et chaque fois que quelqu’un nous contactera, nous ferons tout pour communiquer avec lui », a-t-il ajouté.

Samedi, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a salué la tenue de cette réunion exceptionnelle.

Le Times of Israel a cité Bennett disant que « des centaines de personnalités publiques irakiennes, sunnites et chiites se sont réunies hier pour exiger la paix avec Israël ».

« C’est un appel qui vient d’en bas, pas d’en haut, du peuple et non du gouvernement, et la reconnaissance de l’injustice historique faite aux Juifs irakiens, en particulier, est importante« , a ajouté Bennett.

Le rétropédalage du KRG (Gouvernement Régional du Kurdistan)

Les autorités de la région du Kurdistan ont, pour leur part, nié tout lien avec la réunion et menacé les responsables de sanctions (NDLR : pour faire bonne mesure vis-à-vis de Bagdad?)

Samedi, les autorités de la région du Kurdistan ont souligné qu’elles prendraient des mesures contre les organisateurs de la conférence, qui ont appelé à la normalisation avec Israël, y compris len les expulsant de la région. Le ministère de l’Intérieur de la région a déclaré que certains des organisateurs de la conférence « ont déformé » la situation et l’ont utilisée à des « fins politiques ».

Le Fédéralisme, substitut acceptable à l’Indépendance?

Selon le communiqué, la conférence, qui s’est tenue vendredi à Erbil, visait à « travailler sur les concepts de coexistence et à mettre en œuvre les fondements du fédéralisme en Irak, à la lumière de la constitution permanente irakienne ».

Le gouvernement irakien, la présidence et les partis politiques ont exprimé leur rejet de la conférence organisée vendredi soir par  le Peace Communication Center de New York, qui traitait de la question de la normalisation entre Israël et les pays arabes et du rapprochement avec la société civile. 

L’influent religieux chiite Muqtada a-Sadr est allé plus loin, appelant le gouvernement à « incriminer et arrêter toutes les personnes rassemblées ». 

Le député et porte-parole de Brit al-Fatah, Ahmad al-Assadi, considère ce qui a été dit lors de la conférence comme un « acte criminel« . Le ministère irakien de la Culture a également exprimé son rejet de la conférence et confirmé « son adhésion à la position du gouvernement irakien et du peuple irakien rejetant la normalisation et adoptant les exigences de notre peuple envers le peuple palestinien ».

Les chefs de milices fidèles à l’Iran ont menacé d’attaquer les organisateurs de la conférence, les qualifiant de « traîtres ».

Crédit photo : Réseaux Sociaux

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