Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël : « L’antisémitisme gagne les élites belges »

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Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël en Belgique : "L’antisémitisme gagne les élites belges"
Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël en Belgique : « L’antisémitisme gagne les élites belges » ©️ BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

« L’antisémitisme gagne les élites belges », écrit-il sur Twitter, reprenant une phrase citée dans un article du média allemand « Der Spiegel ».


Ce jeudi sur Internet, et ce samedi dans les librairies, est publié un article de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui aborde la question de l’antisémitisme en Belgique.

Conjointement à cet entretien, le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), qui fédère les organisations juives francophones du pays, publiait un texte intitulé « L’antisémitisme gagne les élites belges ». Ce faisant, il reprenait une phrase citée par Maram Stern, vice-président exécutif du Congrès juif mondial. Dans ce texte ainsi que dans l’article, plusieurs politiciens belges sont épinglés, dont la vice-Première ministre de la fonction publique Petra De Sutter (Groen) et le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Tous deux sont accusés d’avoir minimisé les propos et déguisements antisémites du carnaval d’Alost.

Un discours « pernicieux »

Sur Twitter, l’ambassadeur d’Israël en Belgique, Emmanuel Nahshon, a repris cette inquiétude et cette formule du CCOJB : « L’antisémitisme gagne les élites en Belgique. » Une accusation grave qu’il réitère auprès de La Libre. « Aujourd’hui, la recrudescence de l’antisémitisme provient de trois foyers : l’islamisme, l’extrême droite et l’extrême gauche. Lorsque je parle des élites, j’évoque en particulier certaines élites politiques de gauche qui, sous le couvert de l’antisionisme et à des fins électorales, font preuve d’antisémitisme. » Pour l’ambassadeur, il existe au sein des instances parlementaires « une surenchère anti-israélienne dangereuse que l’on a vu apparaître en marge du conflit israélo-palestinien ». Cette surenchère « est davantage anti-israélienne que pro-palestinienne ». Elle cacherait mal son antisémitisme « en niant aux juifs le droit fondamental [ d’avoir une nation], auquel ont droit tous les peuples de la planète ». « Les relations entre Israël et la Belgique sont moins sereines à cause de cet antisémitisme pernicieux qui s’exprime aujourd’hui très librement au sein de certaines élites politiques, affirme-t-il. Comme dans les jeux pour enfants où il faut relier les points pour former un dessin, il y a aujourd’hui suffisamment de propos antisémites tenus pour les relier ensemble et voir apparaître cet antisémitisme. »

Ces propos ne sont pas anodins. Si la recrudescence des faits antisémites est chiffrée en Belgique, la réalité d’un antisémitisme au sein des élites politiques est difficile à objectiver. Notamment car certains propos antisionistes épinglés se situent sur la ligne de démarcation très complexe (et qui fait l’objet de définitions divergentes) entre antisionisme et antisémitisme.

De son côté, Philippe Markiewicz, le président du Consistoire central israélite de Belgique (l’organe officiel du judaïsme belge) refuse d’acquiescer à ces accusations. « Oui, il y a des antisémites en Belgique, mais pas plus qu’ailleurs. Et les juifs vivent bien en Belgique. Dès qu’il y a un problème envers eux, les autorités de l’État réagissent de la façon la plus adéquate possible. Je n’admets pas que l’on salisse de cette manière la Belgique avec des accusations d’une si grande gravité », souligne-t-il, témoignant à son tour de la complexité de ce débat.

lalibre.be

Un commentaire

  1. Ce que Nahson dit est partiellement vrai mais en-dessous de la réalité ; il suffit d’écouter les médias ou de lire la presse.
    Ce que dit Markiewicz est partiellement vrai ; ce n’est sans doute pas plus grave en Belgique (sauf pour les élites) que dans d’autres pays européens. Vu le nombre important de partis politiques en Belgique, il y a une surenchère anti-israélienne et antisémite de plusieurs partis visant l’électorat musulman dont une partie importante est très hostile à Israël en raison de la propagande de milieux islamistes mais aussi de la désinformation scandaleuse des médias à l’encontre d’Israël. Vu cette désinformation, il devient difficile pour un homme politique de prendre parti pour Israël malgré le fait que le Hamas , organisation terroriste reconnue comme telle par le Parlement européen, envoie des milliers de missiles sur les populations civiles israéliennes . Les journalistes belges et européens sont dans leur grande majorité très hostiles à Israël à savoir la seule démocratie du Moyen-Orient et très positifs vis-à-vis des dictatures et des organisations nazislamistes. Curieusement ces mêmes journalistes sont très agressifs vis-à-vis des dirigeants arabes comme Al Sissi d’Egypte ou Mohamed bin Salman d’Arabie saoudite qui ont de bonnes relations avec Israël et très positifs vis-à-vis des dirigeants Iraniens, du Hamas, …. qui annoncent très clairement vouloir détruire Israël.

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