Un lobby pro-kurde en formation à Washington

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Déterminés à plaider leur cause auprès de la nouvelle administration Biden, les Kurdes syriens s’organisent aussi à Washington. Et recrutent des lobbyistes chevronnés afin d’infiltrer les arcanes du pouvoir démocrate.

La visite de la première délégation américaine dans le nord-est syrien depuis l’élection de Joe Biden (IO du 07/12/20), le 16 mai, a été saluée par les autorités locales, dont le commandant kurde Mazloum Abdi, qui attendait de longue date de partager ses vues avec la nouvelle administration. Et ce alors que Washington avait dépêché pour l’occasion des émissaires de haut rang, parmi lesquels Joey Hood – le représentant pour le Moyen-Orient d’Antony Blinken – ou encore Zehra Bell – responsable de l’Irak et de la Syrie au Conseil de sécurité national (NSC).

L’YPG recrute son lobbyiste

Derrière cette rencontre au sommet – qui a notamment permis aux Etats-Unis de réaffirmer leur volonté de conserver une présence sur place (IO du 14/05/21) -, toute une armada de lobbyistes œuvre d’arrache-pied à Washington afin de promouvoir la cause kurde syrienne auprès des arcanes du pouvoir américain. Dernier arrivé en date dans le paysage des lobbyistes : James Dornan, ancien chef de cabinet du sénateur républicain Richard Burr, dont la firme Jim Dornan Strategies a été enregistrée le 30 avril au registre des Foreign Agent Registration Act. Le client de cette dernière, désigné comme « les Forces de défense kurdes » et représenté par Nowhruz Ahmed – figure de proue des combattantes YPJ lors de la bataille de Raqqah en 2017 – attend ainsi de James Dornan l’organisation de rendez-vous avec des officiels américains, des ONG ou encore des organisations éducatives.

Justice for Kurds toujours pro-active

Par ailleurs, l’ancien officiel de l’administration Bush Stephen Rademaker et l’ex-député démocrate de Californie Howard Berman ont enregistré le 12 février la firme Covington&Burling, qui œuvrera ainsi pour le compte de l’organisation Justice for Kurds afin de « promouvoir les intérêts du peuple kurde » auprès de l’administration Biden. Créé en 2017 par Bernard Henri-Lévy et le magnat minier Thomas Kaplan (IO du 04/03/19), Justice for Kurds compte parmi son conseil d’administration des personnalités très variées, allant de Jacques Audibert – ancien conseiller diplomatique de François Hollande – au sénateur américain Peter Galbraith (IO du 19/05/21), en passant par Robert Richard – ancien directeur adjoint des opérations de la CIA.

Les Kurdes syriens ont aussi pignon sur rue à Washington

Enfin, le Conseil démocratique syrien – la branche politique des Forces démocratiques syriennes -, lui-même représenté à Washington par trois envoyés kurdes, a également préféré faire appel depuis l’été 2020 à la firme AF International du lobbyiste Ayal Frank. Ce défenseur chevronné de la cause kurde – qui avait déjà créé en 2012 le United States – Kurdistan Business Council – est surtout chargé de plaider en faveur du maintien des forces américaines en Syrie. 

Source : Intelligence OnLine

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