Quand on ne veut entendre qu’un son de cloche par Michèle MAZEL

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Affrontements entre forces de sécurité israéliennes et des manifestants palestiniens dans l'enceinte de la mosquée al-Aqsa, sur l'Esplanade des Mosquée à Jérusalem,le 7 mai 2021.

Affrontements entre forces de sécurité israéliennes et des manifestants palestiniens dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa, sur le Mont du Temple à Jérusalem, le 7 mai 2021. © Ahmad Gharabli, AFP

dimanche 9 mai 2021

QUAND ON NE VEUT ENTENDRE QU’UN SON DE CLOCHE

La chronique de Michèle MAZEL

Policier blessé dans le quartier de Sheikh Jarrah

A Jérusalem la tension est vive. Après l’annulation des élections parlementaires palestiniennes par Abou Mazen, qui a compris que la victoire du Hamas était assurée, ce mouvement terroriste a décidé d’enflammer le terrain. Ce n’est pas difficile dans cette période d’exaltation religieuse qu’est le Ramadan. Au début, des incidents qualifiés de «mineurs» : de jeunes résidents de Jérusalem-Est se livrent à des attaques sans gravité contre des Juifs orthodoxes et s’empressent de diffuser leurs exploits sur les réseaux sociaux. Comme prévu, des extrémistes juifs répliquent et la police est contrainte d’intervenir pour tenter sans grand succès de calmer le jeu.

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Les images des échauffourées tournent en boucle. Le Hamas de Gaza plastronne et menace Israël de représailles. Armée et police israéliennes sont en alerte.  Vendredi 7 mai, un autobus palestinien en route vers Jérusalem est contrôlé par des gardes-frontières. Trois terroristes puissamment armés en sortent et ouvrent le feu, tirant des dizaines de projectiles sans atteindre les gardes, qui abattent deux des assaillants et blessent le troisième. La scène est filmée par les caméras de plusieurs spectateurs et reflète fidèlement le déroulement des événements. Difficile alors de comprendre la manchette du Monde : «Manifestations à Jérusalem-Est : deux Palestiniens tués par des policiers israéliens au cours de violents heurts» d’autant que dans le corps du texte il est dit que «Les forces israéliennes ont tué deux Palestiniens et en ont blessé un troisième ; ils avaient ouvert le feu sur des gardes-frontières en Cisjordanie occupée selon la police».

Comment comprendre ce manque d’objectivité sans y voir une volonté délibérée ? Autre exemple. Dans le grand faubourg de Sheikh Jarrah, la Cour suprême israélienne est saisie d’un différend portant sur la propriété d’un certain nombre de maisons qui appartenaient par le passé à des familles juives. Elles en furent chassées après la guerre d’indépendance et des Palestiniens ayant fui Jérusalem Ouest y furent logés en 1955. Voyons la présentation du Monde : côté palestinien «M. Skafi est né à Jérusalem. Durant la guerre de 1948, sa famille a été évacuée de la «colonie allemande», au sud, vidée par Israël de sa population arabe». Et les Juifs ? «Une petite communauté juive, établie ici au XIXsiècle, avait fini par disparaître avec la partition de la ville en 1948». On admirera l’euphémisme.

Des manifestants palestiniens dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, le 7 mai 2021.

Venons-en à ce qui vient de se passer vendredi soir, dernier vendredi du Ramadan. Pour Le Figaro«Sur l’esplanade des Mosquées, les heurts, ont opposé des fidèles palestiniens aux policiers israéliens qui gardent les accès de ce troisième lieu saint de l’islam. Des centaines d’émeutiers ont lancé des pierres, des bouteilles et d’autres objets en direction des officiers qui ont riposté», a indiqué la police israélienne. Sur les images tournées tant par la télévision palestinienne que par la télévision israélienne, on peut voir que l’esplanade est jonchée de blocs de pierres.  Plus de deux cents Palestiniens ont été blessés et dix-sept policiers – dix d’entre eux ont dû recevoir des soins à l’hôpital. Ce sont bien sûr les blessés Palestiniens qui font la Une des télévisions occidentales tandis que les condamnations d’Israël se multiplient. Seule la Maison Blanche s’inquiète et demande aux deux côtés d’éviter les provocations. Une demande qui ne risque guère d’être entendue. Il faut hélas s’attendre au pire.

Par Michèle Mazel

benillouche.blogspot.com

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