Israël se sort – pour l’instant – d’ordres d’insurrection totale palestinienne à Jérusalem

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  Jérusalem , Mont du Temple , troisième Intifada?

Les forces de sécurité renforcées d’Israël ont réussi à contenir une nouvelle flambée de violence du Ramadan à Jérusalem et au mont Temple, dans la nuit du samedi 8 mai, qui devait déclencher une confrontation palestinienne totale contre Israël. Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abu Mazen) à Ramallah et le chef militaire du Hamas Muhammed Deif à Gaza – chacun pour ses propres raisons – ont tenté d’enflammer les masses musulmanes la nuit d’Al Qadr pour pousser les masses toujours plus loin vers une offensive majeure contre Israël. Mais, contrairement à vendredi soir, les dizaines de milliers de fidèles de la mosquée Al Aqsa sont partis progressivement et plus ou moins tranquillement.

Le prochain défi auquel sont confrontées les forces de sécurité israéliennes est la Journée de Jérusalem le lundi 10 mai, lorsque des jeunes exubérants brandissant des drapeaux israéliens dansent dans les rues de la vieille ville (depuis la Porte de Damas, côté musulman) jusqu’au Mur occidental.

Abu Mazen a l’intention d’attiser la colère des masses pour dissimuler sa perte de contrôle du gouvernement de Ramallah et montrer qu’il est toujours le patron après avoir annulé une rarissime élection « démocratique » palestinienne (oxymore) pour éviter une victoire certaine du Hamas contre son mouvement Fatah. Deif a saisi l’occasion d’exhiber les muscles du Hamas contre Israël et de gagner des points contre ses rivaux à Ramallah.

Le commandant de la police, le surintendant Yaakov Shabtai, sur les épaules duquel reposait la tâche de contenir les troubles à Jérusalem, a d’abord agi tardivement pour réduire l’afflux de fidèles musulmans vers le mont Temple. Mais, samedi soir, des milliers d’officiers étaient en place pour bloquer les autoroutes vers Jérusalem. Soutenus par des unités des gardes-frontières, ils ont retenu les milliers de personnes qui affluaient vers le Mont du Temple depuis les villes et villages arabes israéliens. 5 000 autres agents de la police des frontières ont été déployés au sanctuaire, prêts à contenir des attaques répétées. Dimanche matin, les fidèles d’Al Aqsa s’étaient dispersés après quelques affrontements mineurs sur le mont Temple, aux portes de la vieille ville et dans d’autres parties de Jérusalem.

Il est difficile de dire à qui doit être attribué cette baisse des tensions: aux pouvoirs défaillants d’Abou Mazen et Deif, ou à l’efficacité des forces de sécurité israéliennes qui ont finalement récupéré après avoir été sérieusement déstabilisées par les troubles dans la capitale, la veille.

Refusant de se laisser décourager par ces événements orageux, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, a décidé que les plus grandes manœuvres de guerre militaire jamais organisées en Israël devrait commencer dimanche, indépendamment des troubles à Jérusalem

Cet exercice est conçu pour tester la capacité de Tsahal à gérer les offensives de guerre autour de ses frontières en même temps que les flambées palestiniennes à l’intérieur du pays. Les forces armées mettront en pratique des scénarios postulant une agression simultanée de l’Iran et du Hezbollah depuis le nord, la violence palestinienne au cœur du pays, y compris en Judée et Samarie et les attaques du Hamas / Jihad islamique depuis la bande de Gaza dans le sud.

Si Kochavi s’était laissé décourager par les émeutes à Jérusalem, les Palestiniens auraient pu revendiquer une réalisation majeure et Tsahal aurait été jugée comme n’étant pas à la hauteur de l’agression potentielle sur plusieurs fronts. Reporter les manœuvres de guerre n’était donc pas une option – surtout maintenant que deux fronts, la Cisjordanie et la bande de Gaza, étaient effervescentes et prêtes à l’escalade, et deux autres sont supposés attendre en observatrices pour voir comment Israël se débrouillerait. (NDLR : Finalement, Tsahal se lance sur un scénario « semi »-réel, semi-fictif!)

La question est donc maintenant de savoir si Abu Mazen, Muhammed Deif, Hassan Nasrallah du Hezbollah et le chef suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei saisiront ce moment pour lancer la troisième «intifada» palestinienne (soulèvement national) contre Israël. Le deuxième soulèvement, il y a dix ans, a coûté la vie à des milliers de civils avant d’être réprimé. À l’heure actuelle, Israël semble être entre duex modes de gouvernements, avec des politiciens relativement inexpérimentés sur le point de succéder à Binyamin Netanyahu, qui est toujours à la barre en tant que Premier ministre par intérim.

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