Les Mémoires Juives de Nelson Mandela.

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12 décembre 2013 

Nelson Mandela vient de s’éteindre. Voici la vraie vie de Nelson Mandela, aux côtés des compagnons juifs de son histoire, de ses débuts, jusqu’à son terme.

Peu de temps avant Shabbat, en juillet dernier, le Grand Rabbin d’Afrique du Sud, le Dr Warren Goldstein, s’est entretenu avec le Dr Makaziwe Mandela, fille de l’ancien Président Nelson Mandela, pour transmettre à la famille les prières et tout le soutien de la Communauté Juive. En remerciant le Rabbin Goldstein, le Dr Mandela lui a demandé, tout spécialement, de rappeler à la Communauté juive, que son père chérissait “la relation exceptionnelle et chaleureuse” qu’il a toujours eu avec les Juifs Sud-Africains” et qu’il appréciait profondément à quel point, tout au long de sa vie il avait bénéficié de la chaleur, de la gentillesse et du soutien de la Communauté Juive.

Alors que la vie de cet homme extraordinaire vient de tirer inexorablement vers sa fin, les Sud-Africains de toutes les races et croyances adressent, le coeur lourd, un adieu final au plus grand des fils de la nation. Il n’est plus temps pour les récriminations, ni de pointer un doigt accusateur, pas plus qu’il n’est temps pour aucun individu ni groupe de se permettre de se déchirer, à l’ombre de son héritage.

Les Juifs d’Afrique du Sud, nonobstant la généreuse reconnaissance de Mandela, à l’égard du soutien qu’il a reçu des membres de leur communauté, sont bien conscients, en ces temps de tristesse, que c’est à Mandela, uniquement, que reviennent tous les hommages.about:blank

Pas plus ne faut-il oublier qu’alors que de nombreux Juifs, à titre individuel, ont effectivement, joué un rôle important dans sa vie et sa carrière, la majorité des Juifs préféraient n’avoir, d’aucune manière significative, à affronter le système d’Apartheid NDLR : comme le Juge Richard Goldstone, qui a fait pendre, au moins neuf Noirs, après des aveux obtenus sous la torture, pour des faits mineurs »

En 2011, le Bureau des Députés Juifs d’Afrique du Sud (SAJBD) s’est associé, en partenariat avec la Fondation Umoja, pour publier les Mémoires Juives de Mandela, un récit racontant l’histoire de Mandela, selon le point de vue de différentes personnalités juives qui ont fait partie de sa vie. Pour moi, en tant qu’auteur de ce livre, c’était un projet qui m’a énormément inspiré, l’un de ceux qui portent à la lumière, comme jamais auparavant, jusqu’à quel point des Juifs se sont engagés dans la cause de la libération des Noirs, tout en apportant un aperçu inédit, allant souvent très en profondeur, pour mieux connaître le genre d’homme et de dirigeant politique qu’est devenu Mandela.

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Les Juifs ont fait partie de la vie de Mandela, depuis son arrivée à Johannesbourg, aux débuts des années 1940, jusqu’à ce jour.

C’est d’abord vers le Droit, plutôt que vers la politique, qu’il a initialement choisi de se tourner, et c’est Lazer Sidelsky qui lui a donné sa chance, à ses débuts, en tant que juriste stagiaire, au sein de son cabinet d’avocats, à une époque où il était proprement inouï que de jeunes Noirs soient embauchés pour exercer de telles fonctions. Son juriste associé, Nat Bergman, est devenu son premier ami Blanc, à Johannesbourg et, alors membre du Parti Communiste, il a aussi joué une part importante dans sa formation politique.

Nat Bregman, Nelson Mandela, et Lazer Sidelsky lors d’une réunion en 1998. (Courtesy of South African Jewish Board of Deputies)

Mandela a continué à étudier le Droit à l’Université du Witwatersrand, où il a établi des amitiés durables avec d’autres compagnons étudiants, Jules Browde et Harry Schwarz, tous deux s’étant, par la suite, profondément impliqués en faveur de politiques plus libérales.

Alors qu’il s’engageait, de plus en plus, dans le militantisme politique, Mandela s’est, de plus en plus, associé à d’autres membres de la Communauté Juive, qui, comme lui, faisaient face au système d’Apartheid. Treize de ses défenseurs les plus obstinés, lors de son procès pour haute trahison, entre 1956 et 1961, par exemple, étaient Juifs, dont, parmi eux, de fidèles partisans, tout au long de sa lutte, tels que Lionel Bernstein, Joe Slovo et Ruth First. Parmi les fondateurs de Umkhonto we Sizwe , la branche militaire clandestine du Congrès National Africain, ont trouvait Dennis Goldberg, Harold Wolpe et Arthur Goldreich (un volontaire de la Guerre d’Indépendance qui s’est, plus tard, définitivement installé en Israël).

Mieux, des renseignements, récemment déclassifiés, démontrent que le Mossad a, brièvement, entraîné « Madiba », en 1962, en Ethiopie.


Le photographe Arthur Goldreich. (avec Mandela)

Les avocats juifs ont joué un rôle déterminant, en s’impliquant dans la défense de Mandela, lors de divers procès politiques, où il était inculpé, dont, parmi eux, Isie Maisels (devenu, plus tard, membre de l’Agence Juive), Arthur Chaskalson, Joël Joffe et Sidney Kentridge. Il a aussi étroitement travaillé avec le journaliste Benjamin Pogrund, qui a, plus tard, fait son Aliyah et qui, au-delà du fait d’avoir milité pour le dialogue israélo-palestinien, a été un fervent défenseur d’Israël dans la guerre de propagande que cet état subissait et subit encore.

Après la sortie de prison de Mandela, en 1990, lui-même et le courant principal des dirigeants juifs ont forgé une relation cordiale et beaucoup d’hommes d’affaires juifs de premier plan ont été appelés à s’investir, pour répondre au legs de pauvreté et d’inégalité, laissé par le système d’Apartheid.

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Johnny Clegg (With Nelson Mandela) - Asimbonanga - 1999 Fran

(Johnny Clegg – Asimbonanga-Avec Mandela- à partir de 2mn 45)

Il s’est rapproché, tout particulièrement, du Grand Rabbin Cyril Harris, un chef charismatique qui a adopté de tout son cœur le nouveau régime démocratique et a vivement encouragé la très grande majorité de la Communauté juive à en faire autant.


Mandela et : Solly Sacks (Chairman SA Zionist Federation), the Hon. Abe Abrahamson (President SA Zionist Federation), Michael Katz (President SA Jewish Board of Deputies), Thabo Mbeki, Yusuf Surtees. Front, left to right: Helen Suzman, Mandela, Chief Rabbi Cyril Harris, Advocate Isie Maisels. (South African Jewish Board of Deputies)

Le SAJBD a régulièrement rencontré Mandela et son cercle de dirigeants, aux côtés du Rabbin Harris, et l’a accompagné lors d’une visite en Israël, après sa démission, en tant que Président, en 1999.

Concernant la question palestino-israélienne, Mandela était profondément attaché à l’idée qu’il fallait atteindre un Etat palestinien, mais, en même temps, il reconnaissait que cela devait s’obtenir par le biais d’un processus de négociations pacifiques et n’a jamais transigé avec sa conviction du droit d’Israël à exister dans des frontières sûres et reconnues.

A la suite de sa rencontre avec Nelson Mandela, en 1996, le Dalaï Lama, le symbole révéré de la lutte pour l’Indépendance du Tibet, a déclaré que, lorsqu ‘il rencontrait des personnalités importantes à travers le monde, elles n’étaient pour la plupart, pas à la hauteur de leur réputation. La réputation de Nelson Mandela était la meilleure, dans le monde, a-t-il commenté, mais il n’y a que dans le cas de Mandela qu’il a réellement découvert que la personne était encore plus élevée que la réputation qui l’accompagnait.

Nelson Mandela est un véritable colosse sur la scène de l’Histoire.

La Communauté juive mondiale éprouve de la fierté quant au fait que nombre de ses membres ont contribué, de manière décisive, à tout ce qu’il s’est montré capable de réaliser, pour son propre peuple et pour l’humanité dans son ensemble.

Par DAVID SAKS, le 03/07/2013 22:08

Le rédacteur de ce billet est le Directeur associé du Bureau des Députés Juifs d’Afrique du Sud et auteur du livre de 2011 : “Les Mémoires Juives de Mandela”.

Mar. 10 Déc. – 10:15 – L’invité du journal
Eva Soto

Marc Brzustowski a contribué à traduire un extrait de l’ouvrage « Les mémoires Juives de Mandela ». Sujet: Les relations entre Mandela, les juifs et Israël.


Lun. 09 Déc. – 10:15 – L’invité du journal

jpost.com 

Adaptation : Marc Brzustowski


Mandela a été entraîné par le Mossad dans les années 60

Publié le : 20/12/2013 – 12:29Modifié le : 20/12/2013 – 12:59

AFP – Peres et Mandela en 2002.

Texte par :FRANCE 24Suivre

Une semaine après les obsèques de Nelson Mandela, le quotidien israélien « Haaretz » révèle que ce dernier a été formé en 1962 au maniement des armes et au sabotage par le Mossad, le service de renseignement de l’État hébreu.

L’ancien président sud-africain et prix Nobel de la paix Nelson Mandela, décédé le 5 décembre dernier, a été formé en 1962 au maniement des armes et au sabotage par le Mossad, le service de renseignement israélien. Et ce quelques mois avant son retour et son arrestation en Afrique du Sud.Cette information longtemps classée « Top secret » par l’État hébreu, est révélée, vendredi 20 décembre, par le quotidien israélien « Haaretz« , qui a eu accès à un document déclassifié par les archives d’État israéliennes. Le document en question est une lettre datée du 11 octobre 1962, adressée par le Mossad au ministère des Affaires étrangères israélien. Celle-ci indique que celui qui allait devenir le héros de la lutte anti-apartheid a reçu une formation militaire en Éthiopie dispensée par des agents du Mossad. Cette année-là, Nelson Mandela est un fugitif qui vient de fuir son pays pour échapper à la prison et qui parcourt l’Afrique en quête de soutiens financiers et militaires pour la branche armée du Congrès national africain, alors clandestin. Il visite plusieurs pays africains, dont l’Éthiopie, l’Algérie, l’Égypte et le Ghana, dans le but de plaider sa cause. Selon Haaretz, la lettre est intitulée « The Black Pimpernel », à l’instar du surnom donné à Nelson Mandela à l’époque, en référence au Mouron rouge. Ce héros de la romancière britannique Emma Orczy, qui a sauvé de nombreux aristocrates français de la guillotine durant la Révolution française, inspirera plus tard le personnage de Zorro. « Comme vous le savez, il y a trois mois, nous avons discuté du cas d’un élement qui est arrivé à l’ambassade [d’Israël] en Éthiopie sous le nom de David Mobsari venu de Rhodésie [le Zimbabwe actuel, NDLR] « , est-il précisé dans la lettre. « Le précité a été entraîné par les Éthiopiens [selon le Haaretz, il s’agit d’un nom de code pour désigner le personnel de l’ambassade israélienne, et plus certainement des agents du Mossad, NDLR] au judo, et à des méthodes de sabotage et au maniement des armes », est-il encore mentionné. 

Mandela a-t-il dupé le Mossad?
 Le document révèle toutefois que les agents formateurs ignoraient la véritable identité de celui qui allait devenir le premier président noir d’Afrique du Sud. Selon la lettre révélée par « Haaretz », ce n’est qu’en se basant sur des photographies, après l’arrestation de Mandela, que les agents découvrent que « David Mobsari » et Nelson Mandela sont « la seule et même personne ». Il est également indiqué que Nelson Mandela « a montré un intérêt pour les méthodes de la Haganah [une organisation sioniste clandestine créée en 1920 en Palestine, NDLR] ». L’auteur de la lettre le décrit  comme un intellectuel familier des problèmes de la communauté juive et d’Israël. « Le personnel a essayé d’en faire un sioniste », précise-t-il. « Lors de conversations avec nous, il a exprimé une vision du monde socialiste et donnait parfois le sentiment qu’il penchait vers le communisme ». Selon « Haaretz », cette lettre conservée précieusement pendant plusieurs décennies dans les archives de l’État d’Israël a été découverte il y a quelques années par David Fachler, un chercheur israélien qui étudiait des documents sur les relations entre l’Afrique du Sud et Israël. Interrogé par le journal israélien, il a déclaré que « si on avait découvert en Afrique du Sud que Mandela avait été aidé par Israël, cela aurait pu mettre en danger la communauté juive vivant là-bas ». Ironie de l’histoire, Neslon Mandela a toujours été perçu comme un héros par les Palestiniens, alors qu’Israël était parmi les pays qui ont longtemps soutenu le régime d’apartheid. À la cérémonie d’hommage à Mandela, les dirigeants de l’Etat hébreu ont brillé par leur absence quand, de son côté, le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait décrété un jour de deuil officiel et la mise en berne des drapeaux.

france24.com

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