Trump acquitté d’incitation à l’insurrection par 57/43

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Le Sénat acquitte Trump d’accusation d’incitation dans le cadre d’un procès en destitution

Le vote final était de 57 qui ont voté « coupable », contre et 43 non coupable.

Par Rédaction du JERUSALEM POST , REUTERS   13 FÉVRIER 2021 23:28

Le président américain Donald Trump prend la parole à la Joint Base Andrews, Maryland, États-Unis, le 20 janvier 2021 (crédit photo: CARLOS BARRIA / REUTERS)

Le président américain Donald Trump prend la parole à la Joint Base Andrews, Maryland, États-Unis, le 20 janvier 2021.(crédit photo: CARLOS BARRIA / REUTERS)

Le Sénat américain a acquitté samedi Donald Trump lors de son deuxième procès en destitution en un an, grâce à des collègues républicains bloquant la condamnation pour le rôle de l’ancien président dans l’assaut meurtrier de ses partisans supposés contre le Capitole américain. Le vote du Sénat de 57 contre et 43 voix favorables à la destitution n’a pas atteint la majorité des deux tiers nécessaire pour condamner Trump pour incitation à l’insurrection après un procès de cinq jours dans le même bâtiment qui avait été saccagé par ses soi-disant partisans le 6 janvier, peu de temps après l’avoir entendu délivrer un discours réputé incendiaire, mais seulement partiellement considéré comme « déclencheur ».

Lors du vote, sept (il en fallait le double) des 50 républicains du Sénat ont rejoint les démocrates unifiés de la chambre en faveur de la condamnation. Trump a quitté ses fonctions le 20 janvier, donc la destitution ne pouvait pas être utilisée pour le chasser du pouvoir. Mais les démocrates avaient espéré obtenir une condamnation pour le tenir responsable d’un siège qui a fait sept morts, dont un policier, et préparer le terrain pour un vote visant à lui interdire de reprendre des fonctions publiques. Étant donné la possibilité d’occuper un poste à l’avenir, ont-ils fait valoir, Trump n’hésiterait pas à encourager à nouveau la violence politique.

Les avocats de Trump ont fait valoir que ses propos lors du rassemblement étaient protégés par son droit constitutionnel à la liberté d’expression. Les républicains ont sauvé Trump lors du vote du 5 février 2020 au cours de son premier procès en destitution, lorsqu’un seul sénateur de leurs rangs – Mitt Romney – a voté pour le condamner et le démettre de ses fonctions. Romney a voté pour la destitution samedi avec ses compatriotes républicains Richard Burr, Bill Cassidy, Susan Collins, Ben Sasse, Pat Toomey et Lisa Murkowski.

têtes mises à prix au far-West républicain?

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, qui a voté «non coupable», a fait des remarques cinglantes sur l’ancien président après le verdict.

« Il ne fait aucun doute que le président Trump est pratiquement et moralement responsable d’avoir provoqué les événements de la journée », a-t-il déclaré. « Les personnes qui ont pris d’assaut ce bâtiment pensaient qu’elles agissaient selon les souhaits et les instructions de leur président. »

Le drame au Sénat s’est déroulé dans un contexte de divisions béantes dans des États-Unis fatigués par la pandémie, le long de lignes politiques, raciales, socio-économiques et régionales exacerbées. Le procès a encore ajouté de l’huile sur le feu, dans cette guerre partisane, alors même que le président démocrate Joe Biden, qui a pris ses fonctions le 20 janvier après avoir battu Trump aux élections de novembre, a appelé à panser les plaies et à l’unité, après les quatre années considérées comme « turbulentes » de son prédécesseur au pouvoir et une campagne électorale inflammatoire.

Soixante et onze pour cent des adultes américains, dont près de la moitié de tous les républicains, pensent que Trump était au moins partiellement responsable du déclenchement de l’assaut du Capitole, mais seulement environ la moitié du pays pense que Trump devrait être condamné pour incitation à l’insurrection, selon un sondage Ipsos réalisé pour Reuters.

Trump, 74 ans, continue de garder les rênes de son parti, avec un appel populiste de droite et un message pour « l’Amérique d’Abord » («America First»). Le riche homme d’affaires devenu politicien a envisagé de se présenter à nouveau à la présidence en 2024. Trump n’est que le troisième président à être destitué par la Chambre des représentants – une étape s’apparentant à une mise en accusation pénale – ainsi que le premier à être mis en accusation à deux reprises et le premier à faire face à un procès en destitution après avoir quitté ses fonctions. Mais le Sénat n’a toujours jamais condamné un président destitué.

Les démocrates ont poursuivi la destitution tout en sachant que cela pourrait éclipser les premières semaines critiques de la présidence de Biden. La Chambre a approuvé l’article unique de mise en accusation contre Trump le 13 janvier, avec 10 républicains rejoignant la majorité démocrate de la chambre. Ce vote est intervenu une semaine après que la foule pro-Trump a pris d’assaut le Capitole en forme de dôme néoclassique, interrompu la certification officielle de la victoire de Biden par le Congrès, affronté une force de police débordée, envahi les chambres sacrées de la Chambre et du Sénat et envoyé les législateurs se cacher pour leur propre sécurité.

.’COMBATTRE COMME L’ENFER’

Peu de temps avant le déchaînement, Trump a exhorté ses partisans à marcher sur le Capitole, a répété ses déclarations erronées selon lesquelles l’élection lui avait été volée par une fraude électorale généralisée, et leur a dit que « si vous ne vous battez pas comme l’enfer, vous n’y arriverez pas. Vous n’aurez plus de pays.

« Au cours du procès, neuf législateurs de la Chambre agissant en tant que gestionnaires du procès, ou procureurs, ont exhorté les sénateurs à condamner Trump pour le tenir responsable d’un crime contre la démocratie américaine et pour empêcher une répétition à l’avenir. Ils ont diffusé une vidéo brûlante d’émeutiers grouillant à l’intérieur du Capitole et menaçant violemment des politiciens, notamment la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi et le vice-président de l’époque, Mike Pence, avec des propos d’appel à leur assassinat. 

Les responsables de la Chambre ont déclaré que Trump avait convoqué la foule à Washington, avait donné à la foule ses ordres de marche et n’avait ensuite rien fait pour arrêter la violence qui a suivi.

Les avocats de la défense ont accusé les démocrates non seulement d’essayer de faire taire Trump en tant qu’opposant politique auquel ils craignaient de faire face à l’avenir, mais d’avoir tenté de criminaliser le discours politique avec lequel ils étaient en désaccord et visant à annuler les voix des dizaines de millions d’électeurs qui l’ont soutenu.

Les avocats de Trump ont fait valoir que le procès était inconstitutionnel parce qu’il avait déjà quitté ses fonctions. Les mots que Trump a utilisés, ont-ils soutenu, n’étaient pas différents de ceux employés régulièrement par les démocrates. Lors de son précédent procès de destitution, le Sénat a voté l’acquittement de Trump pour deux chefs d’accusation – abus de pouvoir et obstruction au Congrès. Cette destitution découle des pressions exercées par Trump en 2019 sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur Biden alors qu’il cherchait une aide étrangère pour souiller un rival politique national.

Un thème commun dans les accusations au cœur des deux mises en accusation était l’abandon par Trump des normes démocratiques acceptées pour faire avancer ses propres intérêts politiques.

La Constitution américaine définit la mise en accusation comme l’instrument par lequel le Congrès peut destituer et interdire les futurs présidents qui commettent «des trahisons, versent des pots-de-vin ou d’autres crimes et délits graves».

La destitution, autrefois rare, est devenue plus courante pendant l’ère de polarisation politique empoisonnée de l’Amérique au cours des dernières décennies. Dans les 209 ans qui ont suivi l’entrée en fonction du premier président américain, George Washington, en 1789, il n’y a eu qu’une seule mise en accusation.

Depuis 1998, il y en a eu trois, dont les deux de Trump. Andrew Johnson a été mis en accusation et acquitté en 1868 au lendemain de la guerre civile américaine et Bill Clinton a été destitué en 1998 et acquitté en 1999 des accusations découlant d’un scandale sexuel (Affaire Monica Lewinski). Richard Nixon a démissionné en 1974 plutôt que d’être mis en accusation pour le scandale du Watergate.

L’acquittement de Trump ne met pas fin à la possibilité d’une autre action du Congrès contre lui, comme une motion de censure. Les républicains semblaient fermement opposés à l’idée lancée par les démocrates d’invoquer la disposition du 14e amendement de la Constitution interdisant d’exercer une fonction publique à quiconque s’est « engagé dans une insurrection ou une rébellion » contre le gouvernement.

La procédure de destitution peut également être considérée dans le contexte d’une bataille pour l’avenir du Parti républicain. Certains républicains – pour la plupart des modérés et des personnalités de l’establishment – se sont alarmés de la direction prise par Trump pour leur parti. Les détracteurs ont accusé Trump – qui n’avait jamais exercé de fonction publique auparavant – de saper les institutions de la démocratie, d’encourager un culte de la personnalité et de poursuivre des politiques construites autour du «ressentiment blanc» dans une nation avec une population non blanche croissante.

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