Le combat stérile de B’Tselem contre l’imaginaire apartheid israélien

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Le 12 janvier 2021, l’Ong israélienne « B’Tselem » a publié un article intitulé « Un régime de suprématie juive du Jourdain à la Méditerranée: c’est l’apartheid ». L’Ong y distingue 3 catégories de palestiniens : les palestiniens d’Israël (qu’Israël nomme les arabes israéliens), les palestiniens de Jérusalem Est (depuis l’annexion, en 1967, de la partie jordanienne de la ville) et les palestiniens des zones A et B de Cisjordanie et de Gaza (sous contrôle palestinien). Elle cite alors les 4 méthodes qui seraient utilisées par Israël pour instaurer cette suprématie juive. Bien que la presse française s’en soit largement faite l’écho, la démonstration ne résiste pas à l’analyse.

L’immigration en Israël (serait) réservée aux juifs. La politique migratoire est inhérente à la souveraineté d’Israël (même si les juifs veulent s’établir en zone C de Cisjordanie, sous contrôle israélien). Lorsqu’ils créeront leur Etat, les palestiniens des territoires pourront également réserver, aux palestiniens de diaspora, le droit d’immigrer sur les terres qu’ils contrôlent (bien qu’aucun d’entre eux n’aspire à y vivre). Par ailleurs, si l’Etat d’Israël a supprimé le regroupement familial pour les palestiniens des territoires qui veulent épouser des palestiniens d’Israël, il est toujours loisible, aux jeunes tourtereaux, de vivre à Gaza ou dans les zones A et B de Cisjordanie. Enfin, si les palestiniens de Jérusalem-Est risquent de perdre leur statut de résident en cas de départ à l’étranger (pendant plus de 3 ans), il s’agit encore d’une décision d’un Etat souverain applicables aux non nationaux, titulaires d’un titre de séjour, comparable à ce qui existe dans tous les Etats démocratiques.

La captation de terres par les juifs alors que les palestiniens vivraient dans des enclaves. La division de la Cisjordanie entre juifs et palestiniens a été décidée, en 1995, par les accords de paix d’Oslo. Nul besoin de blâmer Israël. Par ailleurs, la « Loi sur les absents » a permis à Israël d’accaparer les terres des palestiniens qui ont quitté la Palestine mandataire en 1948. Un tel mécanisme existe également dans tous les pays démocratiques. Il appartient donc, aux palestiniens, d’adresser leur récriminations aux dirigeants arabes qui les ont invités à partir en 1948, le temps de détruire Israël. En outre, B’Tselem indique que 90% des terres israéliennes sont sous le contrôle de l’Etat et que moins de 3% sont réservées aux communautés palestiniennes. Il s’agit encore d’une organisation souveraine des terres par Israël (tout comme les dirigeants palestiniens ont décidé d’infliger la peine de mort aux palestiniens qui vendraient leurs terres aux juifs). Enfin, et s’agissant des bédouins, B’Tselem rappelle que des terres et villages ont été construits pour eux, mais qu’ils auraient été privés de leur droit de propriété. C’est encore faux. La population bédouine a toujours été nomade, jusqu’en 1948, et ne disposait d’aucune propriété foncière.

Sont également évoqués, l’absence de plan directeur pour les communautés palestiniennes et « les comités d’admission » des communauté juives, qui empêchent les palestiniens d’Israël de venir s’y établir. Lorsque les palestiniens d’Israël souhaitent s’établir dans des zones peuplées de juifs, ils seraient contraints de vivre dans des quartiers séparés en raison du coût prohibitif ou de pratiques discriminatoires dans les ventes d’immeubles. Rappelons que dans leur futur Etat de Palestine, les palestiniens ne veulent la présence d’aucun juif. Manifestement, le problème de cohabitation entre juifs et palestiniens est donc bien réciproque.

S’agissant des terres de Cisjordanie, B’Tselem indique qu’Israël utiliserait le même principe d’organisation, depuis 1967. C’est encore faux. Les accords d’Oslo ont été signés en 1993. B’Tselem oublie que, précédemment, de nombreuses villes de Cisjordanie comme Bethléem, Jéricho, Hébron… étaient le siège d’une coexistence pacifique entre juifs et palestiniens dont les commerces se jouxtaient.

La restriction de liberté de mouvement pour les palestiniens. B’Tselem indique que les juifs peuvent librement se déplacer, contrairement aux palestiniens des territoires. Rappelons que, depuis les accords de paix d’Oslo, les palestiniens multiplient les attentats terroristes. Il est donc logique qu’ils ne puissent entrer dans les territoires sous contrôle israélien, tout comme les juifs ne peuvent se rendre à Gaza ou dans les zones A et B (pour éviter de se faire assassiner). Par ailleurs, B’Tselem rappelle que pour les déplacement en zone C ou en Israël, les palestiniens doivent solliciter des autorisations. C’est juste. Les attentats en sont limités d’autant.

Par ailleurs, et pour se rendre à l’étranger, les palestiniens de Cisjordanie doivent passer par l’aéroport international de Jordanie et non celui de l’aéroport Ben Gourion. Or, l’Etat d’Israël refuse des demandes de franchissement de la frontière jordanienne. De même, les palestiniens de Gaza doivent passer par l’Egypte ou, exceptionnellement, sous escorte, en passant par Israël avant de rejoindre la Jordanie. Lorsque les palestiniens normaliseront leurs relations avec Israël, le problème sera réglé. Tout est les mains des palestiniens.

Le déni du droit, pour les palestiniens, à la participation politique. B’Tselem indique que les palestiniens d’Israël seraient empêchés de s’exprimer ou de voter pendant que les élus palestiniens seraient vilipendés. Non seulement c’est faux mais en outre, Israël n’applique pas la Loi fondamentale sur la Knesset qui interdit de se présenter à la députation, en cas de double allégeance. Les députés palestiniens d’Israël disposent, ainsi, d’une tribune juive pour vociférer contre Israël.

B’Tselem reproche également à Israël de ne pas laisser les palestiniens des zones A et B, de voter en Israël (sic). En réalité, ceux-ci disposent du droit de vote dans les territoires sous contrôle palestinien. Les élections doivent d’ailleurs se tenir en mai et juillet 2021. Ils auront alors le choix de voter pour l’AP (favorable à la destruction d’Israël en douceur) ou pour le Hamas (favorable à la destruction d’Israël par la force).

S’agissant des palestiniens de Jérusalem, ils peuvent voter aux élections municipales, mais Israël les empêcherait de participer aux élections de l’AP. En réalité, leur statut est comparable à celui des ressortissants de non nationaux, en situation régulière, dans les pays démocratiques. L’AP peut donc organiser un droit de vote par correspondance ou par procuration. Lorsque les palestiniens normaliseront les relations avec Israël, les palestiniens voteront dans l’ambassade de Palestine à Jérusalem.

B’Tselem cite alors la Loi anti boycott et la Loi Nakba qui limiterait la liberté des israéliens de critiquer les politiques relatives aux palestiniens. Que l’Ong se rassure : ils peuvent le faire, mais pas sur le territoire israélien. B’Tselem déplore également que les palestiniens des zones A et B ne soient pas autorisés à manifester, que leurs associations soient interdites, que les déclarations politiques soient considérées comme des incitations. Des centaines de milliers de palestiniens seraient alors emprisonnés …pour maintenir l’occupation. A Jérusalem, les activités sociale, culturelle ou politique associées à l’AP seraient interdites. En fait, Israël interdit juste les incitations à la haine raciale, les violences et l’appel aux meurtres de juifs.

B’Tselem affirme alors que la division de l’espace entrave la lutte palestinienne contre la politique israélienne. C’est encore faux. La division a été opérée lors des accords de paix israélo palestiniens de paix. Les palestiniens feraient donc mieux d’essayer de construire leur Etat plutôt que de passer leur temps à gémir. Il n’y a aucune suprématie juive pour déjouer critique et résistance : ce que B’Tselem nomme « apartheid israélien» est purement imaginaire.

Reprenons donc les points évoqués par B’Tselem dans sa conclusion:

– les palestiniens des territoires s’autodéterminent : il leur est juste interdit de toucher à un cheveu juif.

– seuls l’AP et le Hamas les empêchent de participer au processus politique.

– Israël ne consolide pas la suprématie d’un groupe sur un autre ni ne se livre à un régime d’apartheid. Lorsque les palestiniens normaliseront leurs relations avec Israël, ils trouveront paix et harmonie.

– la Loi sur l’Etat nation du peuple juif et le projet d’annexion des parties de Cisjordanie peuplées de juifs permettront aux palestiniens des territoires de disposer, à terme, d’une contiguïté territoriale. Loin d’être le problème, c’est bien la solution pour eux.

– la situation en Israël n’est pas comparable au régime Sud africain : les populations noires ne disposaient pas d’une autonomie politique sur un territoire spécifique, ni n’étaient animées d’une volonté de tuer les blancs.

B’Tselem est donc autorisé à défendre les droits de l’Homme, la liberté et la Justice mais devrait éviter de relayer les inepties de la comunauté internationale.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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