Le Mossad* a-t-il organisé le « piège à miel » qui s’est refermé sur le financier d’Al Quds et du Hezbollah ?

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*(Ici, le terme « Mossad » est générique, pour identifier différentes branches extérieures, comme le commando Nili, alliage de Mossad, de Shin Bet et de plusieurs autres agents de services spéciaux, triés sur le volet pour la traqu/e aux responsables du 7 octobre)

Les services de renseignement israéliens sont-ils derrière le « piège à miel » préparé pour le financier libanais de la Force Qods et du Hamas ?

Il a rencontré une fin tragique dans la station balnéaire de « Beit Mery », à l’est de Beyrouth…*

Le 10 avril au soir, on a retrouvé le corps d’Haj Muhammad Ibrahim Suror (né en février 1967), habitant d’A-Labwa au nord du Liban, dans la villa n°633 de la station balnéaire de Beit Mery, dans le district de Matan, à l’est de Beyrouth. Quelqu’un avait loué la villa quelque temps auparavant, dans le but de réaliser ce qui apparaît comme une sorte de « piège à miel » à travers ce qu’on décrit comme une « rencontre pour la séduction » avec une femme. Les locataires auraient disparu immédiatement après la liquidation, pas avant d’avoir nettoyé leurs traces.

Le village où vivait sa famille est considéré comme l’un des bastions du Hezbollah et la ville où il a été tué est généralement une sorte de station de montagne dont les habitants sont majoritairement chrétiens et druzes qui vivent de chambres d’hôtes et de locations d’appartements de vacances de luxe. Beit Mery est également le siège de l’organisation de la Croix-Rouge libanaise et le lieu d’un festival annuel organisé dans le théâtre de l’hôtel « Al Bustan ».

Séjour sans retour

Suite à ses 7 jours d’absence et après qu’il a effectué un retrait d’argent dans un bureau de change de la ville, les autorités ont commencé à connaître son sort en traquant le signal de son téléphone qui se trouvait dans la villa de Beit Mery. La caméra de sécurité présente sur les lieux a montré qu’il était entré dans la villa, mais n’en était pas sorti.

Les services de sécurité ont retrouvé son corps criblé de sept balles tirées par deux pistolets Glock 19 retrouvés dans la cuisine de la villa, immergés dans de l’eau et des détergents pour enlever les empreintes digitales.

Un travail méthodique de démantèlement du Hamas

De la même manière, on a également retrouvé les vêtements et les gants, ainsi que de l’argent avec la personne décédée, indiquant que l’opération n’était pas destinée au vol. Si effectivement l’exécution au Liban ne s’inscrivait pas dans le cadre de règlements de comptes pour malversations financières, il était alors lié à la « liste d’élimination » créée à partir du 7 octobre et qui comprend tous ceux qui étaient liés au financement du/ Hamas, à la construction de sa force militaire, ainsi qu’aux actes de terrorisme qui ont coûté des vies israéliennes. Ces éliminations, comme celui de Saleh al-Aruri et de ses assistants, rendront difficile la restauration du Hamas et son emprise sur le territoire de Gaza à travers le financement de ses agents ainsi que le financement des infrastructures terroristes de l’organisation au sud du Liban et en Judée et Samarie.

Le chaînon manquant entre la Force Quds et le Hamas

Israël a transmis ces informations dès 2016, aux autorités chargées de de la répression des réseaux de financement terroriste, aux États-Unis et dans le monde entier, et encore plus récemment par l’intermédiaire du « Quartier général national de la guerre économique contre le terrorisme » du ministère de la Défense. – un organisme qui a remplacé « l’Unité du Cercle » qui opérait au sein du Mossad.

Il décrivait Suror comme quelqu’un qui servait d’intermédiaire entre la « Force Quds » des Gardiens de la Révolution au Liban (Unité 2500) et la branche militaire du Hamas et travaillait également avec les agents de l’unité financière du Hezbollah. De 2011 à 2016, Suror s’est assuré d’utiliser la banque Al-Mal à Beyrouth, par laquelle les fonds, avec l’aide du Hezbollah, ont été transférés à des responsables palestiniens, notamment : Kamali Awad, Fawaz Ali Nasser et Muhammad Kamal Al-Ai, qui a servi d’assistant financier aux territoires au nom du « quartier général de Judée-Samarie » du Hamas à l’étranger dirigé par Saleh Al Aaruri.

Une élimination signée comme plusieurs autres

Le mode d’élimination de ce dernier nous ramène au mystère entourant la mort en 2012 de Kamal Ranjah, 45 ans, décrit comme l’assistant de Mahmoud al-Mabhouh tué en 2010 à l’hôtel Al Bustan de Dubaï, alors qu’il était responsable de contrebande d’armes de l’Iran vers le Hamas. Al-Mabhouh a également été personnellement impliqué dans l’enlèvement et le meurtre des soldats de Tsahal Avi Sasportas et Ilan Saadoun (16 février et 3 mai 1989). Ranjah a été retrouvé mort dans son appartement du quartier sécurisé de Qudsiya à Damas, après qu’un groupe armé l’a torturé et après son élimination, a incendié sa maison pour ne laisser aucune trace, après avoir volé des documents importants. La chaîne iranienne Al-Alam a rapporté que Ranjah était chargé de former les membres du Hamas. Cependant, les membres du bureau politique du Hamas, venus en Jordanie pour assister à ses funérailles, ont précisé qu’il est possible que Ranjah soit mort à cause d’un incendie et non à la suite d’un assassinat.

Le 10 avril également, Tsahal a annoncé avoir liquidé les trois fils d’Ismail Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas. L’élimination a eu lieu suite à leur inculpation en tant que membres du Hamas et personnes impliquées dans le financement des activités du Hamas à Gaza. Leur élimination intervient peu de temps après que la sœur de Haniyeh a été arrêtée en Israël en possession de lingots d’argent et d’or valant des centaines de milliers de dollars. Lors de son interrogatoire, elle a admis avoir été en contact avec les 3 garçons d’Ismaïl Haniyeh.

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