Les piques de Biden contre Netanyahou affichent un front désuni que creuse le Hamas
Il est possible que le train aérien transportant l’aide humanitaire vers Gaza résolve un problème pour Biden aux yeux de l’aile progressiste de son parti. • Peut-être qu’il permet également à Israël de continuer à mener une guerre de faible intensité. • Mais cela ne favorise certainement pas la libération des citoyens israéliens qui croupissent à Gaza
La situation à Gaza lors du discours sur « l’état de la nation » : la question « devient viscérale » à mesure qu’il se sent menacé par son aile gauche et le retour de Trump // Reuters
Afflux d’aide à Gaza (que le Hamas détourne) par air et par mer
Il se pourrait que le train aérien transportant l’aide humanitaire à Gaza – et aussi le port flottant en mer – résolve un problème pour Biden avec l’aile progressiste de son parti.
Il est même possible qu’elle lui rende une partie des électeurs musulmans qui ont voté contre lui ou qui étaient absents des bureaux de vote lors des élections anticipées du Parti démocrate aux États-Unis. Il est fort possible que cette aide, dont Biden a fait le principe magistral de sa politique à Gaza, permette également à Israël de continuer à marcher sur le fil ténu entre la poursuite de la guerre avec une intensité faible et une administration américaine dont l’étreinte à notre égard se transforme progressivement en une accolade étouffante d’un ours.
L’enfer pavé des meilleures intentions ?
Une chose cependant est sûre : cette aide ne favorisera pas la libération des personnes enlevées. Elle produit exactement l’effet contraire. Elle ne fera que nuire à leur cause. L’aide à Gaza éloigne la libération des otages, pour laquelle Biden promet de ne pas se reposer ni se reposer jusqu’à leur retour chez eux, au lieu de le rapprocher.
Aide humanitaire parachutée à Gaza, réseaux sociaux Arabes
Le Hamas surfe sur la question humanitaire !
L’augmentation de l’aide civile à Gaza fournit de plus en plus d’oxygène au Hamas, empêche un véritable soulèvement des habitants contre l’organisation palestinienne et obtient exactement l’effet inverse de ce que Biden dit vouloir. Le Hamas comprend l’aide humanitaire d’une manière complètement différente de la façon dont les États-Unis l’entendent. De son point de vue, il s’agit de plus en plus de cases de légitimité pour son existence en tant que gouvernement dans la bande de Gaza et pour le durcissement de la ligne sur la question d’une résolution humanitaire aux personnes enlevées.
Le terrorisme profite du désastre
Si les États-Unis devaient penser comme au « Moyen-Orient » et non comme l’« Occident », ils profiteraient du désastre humanitaire qui a frappé Gaza et feraient comprendre au Hamas et aux médiateurs que la condition pour « sauver les habitants affamés de Gaza » est la fin rapide du Hamas, militaire et civil, et la libération de toutes les personnes enlevées. Au lieu de cela, Biden place la paix des habitants de Gaza, dont beaucoup ont été impliqués dans le terrorisme au fil des années, avant la libération des personnes enlevées. Il encourage le Hamas à augmenter encore davantage le prix de leur libération.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, contre les premiers nazis, les Alliés n’ont pas pensé à larguer de l’aide humanitaire à la population allemande. Il s’agit là de nouvelles normes fixées spécialement pour Israël et d’une distorsion de toute logique visant à vaincre un ennemi comme le Hamas. Il va sans dire que les États-Unis eux-mêmes ne se sont pas comportés de la sorte dans leurs propres guerres.
Soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils n’ont pas largué de l’aide humanitaire aux nazis, photo : l’armée américaine
Biden récompense le Hamas comme il a plébiscité les Talibans, aux ordres du Qatar
Les États-Unis appliquent également cette logique occidentale tortueuse dans la question du mois de Ramadan et dans l’affaire Rafiah : au lieu de faire comprendre au Hamas et aux médiateurs qu’Israël, avec le soutien américain, n’hésitera pas à transformer le Ramadan, de « mois de glorieuses victoires de l’Islam » en un mois qui sera perçu pendant des générations comme le mois de ses défaites, l’Administration Biden prend en compte la « sensibilité musulmane » (à la violence) à l’égard de cette période. Qui plus est : cela donne même à l’organisation une récompense pour son caractère meurtrier de type nazi – en suspendant la menace israélienne d’une manœuvre à Rafiah pendant un mois, sans aucune compensation pour Israël, et en liant les mains d’Israël pour l’empêcher d’y opérer librement.
Inspiré de Nadav Shragaï



2 commentaires