Guerre d’Israël contre les terroristes du Hamas :
Emmanuel Macron, le président aux petits poings serrés
Par Jean-Marc Alcalay
De triste mémoire !
Ce 23 octobre 2023, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense de la France et Kader Arif, le ministre délégué aux anciens combattants se sont rendus sous l’Arc de triomphe pour célébrer la mémoire des 58 soldats français du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège) tués, ainsi que 6 libanais, il y 40 ans, dans un attentat terroriste à Beyrouth. Ils faisaient partie d’un contingent de 2000 hommes. Peu avant 6h00, l’alerte est donnée au contingent d’une possible attaque du bâtiment Drakkar dans lequel ils cantonnent. À 6h18, une voiture suicide touche le contingent américain installé près de l’aéroport de Beyrouth, Ce sont 241 américains dont 220 marines, 18 marins, 3 soldats de l’armée de terre qui sont tués. Il y a aussi une centaine de blessés. Quelques minutes après, 58 parachutistes français, dont 55 de la 3e compagnie du RCP et 3 parachutistes du 9e RCP, meurent sous la destruction de l’immeuble Drakkar. Deux hypothèses circulent : une voiture piégée qui sera la thèse officielle ou une bombe placée sous l’immeuble, truffé comme Beyrouth, de tunnels, comme aujourd’hui à la frontière libanaise et à Gaza. L’enquête américaine est claire : un attentat à la voiture piégée, mais les familles des militaires français ne sauront jamais la cause exacte de l’attentat. Américains et Français sont pourtant d’accord pour accuser le Hezbollah, encore lui !, et l’Iran, encore lui !
Les représailles françaises
Il y a eu des représailles américaines que je ne détaillerais pas. Et puis une première riposte française a lieu, qui touche le centre annexe de l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, une jeep bourrée d’explosifs doit exploser, mais ils sont volontairement désamorcés au dernier moment. Simple avertissement ! Le 17 novembre 1983, 8 Supers Étendard bombardent une caserne des Gardiens de la Révolution Islamique et du Hezbollah dans la plaine de la Bekaa. Trente bombes tuent une douzaine de miliciens chiites et une douzaine de soldats iraniens. En fait la caserne avait été vidée de ses soldats car Claude Cheysson, le ministre des Affaires étrangères de l’époque sous François Mitterrand avait volontairement fuité l’attaque et vendu la mèche aux assassins de nos parachutistes, car il n’était pas d’accord avec ces représailles. Puis plus rien. La France s’était vengée de la façon la moins courageuse possible, de la façon la plus pragmatique ou de la façon la plus lâche, c’est comme on voudra ! Mais les familles endeuillées de nos parachutistes en souffrent encore…
D’un président l’autre : Emmanuel Macron : le président aux petits poings serrés
Quoi de plus normal que ce 23 octobre, la France se soit recueillie devant la mémoire de nos 58 parachutistes tués par le Hezbollah-Iran. Des zones d’ombre persistent, les familles sont frustrées et insatisfaites. La grande muette n’a toujours pas parlé. Elle ne parlera pas.
Deux décembre 2023, le président Macron était plus que présent à la COP 28 à Dubaï. Devant un auditoire attentif, le président a abordé la guerre d’Israël contre le Hamas. Il n’a plus évoqué les massacres du 7 octobre sans doute déjà loin pour lui, donc pas de rappel des 40 franco-israéliens assassinés, ni des 4 otages franco-israéliens restants aux mains du Hamas, et encore moins des autres, mais a centré son discours sur l’exigence lancée à Israël d’un cessez-le-feu. Pas de condamnation du Hamas, rien à lui demander, mais une critique ouverte d’Israël. C’est que notre courageux président a moins peur de menacer la démocratie israélienne s’il elle n’arrêtait pas ses bombardements pourtant justifiés sur Gaza, que de fustiger le Hamas et de lui demander des comptes d’une façon ferme comme il sait parfois le faire. Hier, 2 décembre, alors que les négociateurs Israéliens quittaient Doha, faute d’accord pour la libération des otages, le président français continuait son discours dont les paroles tournaient à vide. Il avait choisi de critiquer Israël, de le menacer même, ménageant ainsi sa rue arabe, ses gauchistes, ses islamistes et ses antisémites français déjà chouchoutés quand il avait refusé de se joindre à la marche contre l’antisémitisme. Lui qui déclarait la guerre à la COVID, devient d’un seul coup beaucoup plus peureux devant une vraie guerre contre le Hamas qui lui, menace vraiment le monde libre.
En 1983, Mitterrand faisait profil bas devant les terroristes du Hezbollah et de l’Iran en refusant de leur riposter militairement après l’attentat de Beyrouth. En 1996 Jacques Chirac courbait le dos suite au massacre des 7 moines de Tibhirine, d’autant plus, que le gouvernement algérien était certainement complice des terroriste du GIA. Et dans cette panoplie de reculades des gouvernements français successifs, j’en oublie surement d’autres…, aujourd’hui, face à ces autres assassinats commis par le Hamas, le président Macron ne semble guère voir que son intérêt et c’est comme si les massacres du 7 octobre étaient déjà loin derrière lui, face à d’autres préoccupations à la française. Qu’Israël se débrouille avec ses terroristes du moment que le calme règne en France ! Autrement dit, vite un cessez-le-feu et vite oublier les massacres du 7 octobre ! Seulement voilà, à l’international, chaque pays sait que le président français va quitter le pouvoir dans 2,6 ans. Il a beau serrer désespérément ses petits poings pour monter qu’il est combatif, qu’il est le guerrier d’un « sage » cessez-le-feu, bien hypocrite cependant, Israël ne l’écoute pas et il a bien raison !
Jean-Marc Alcalay
Jean-Marc Alcalay est psychologue clinicien, formé à la psychanalyse. Il vit à Dunkerque et y travaillait jusqu’ à sa retraite. Il a écrit plus de trois cents articles.
Il a écrit un premier livre sur les liens qu’avait André Malraux avec Dunkerque : André Malraux et Dunkerque, une filiation (Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie,1996), puis en 2007, La plume et le fusil (Ysec Éditions) toujours Dunkerque, la guerre, les écrivains, puis encore en 2012, à propos d’un autre écrivain qui lui tient à cœur, Marguerite Duras, publié à Jérusalem, en français, où il a fait deux conférences. Son titre : MD la juive, les écritures juives de Marguerite Duras, diffusé en France et publié aux Éditions Elkana en 2012. Son quatrième livre, intitulé Lé-haim, A la vie, Israël 1948, est paru en septembre 2014 aux Éditons Ysec. Un cinquième livre publié en 2021 ( א Éditions- diffusé sur Amazon) intitulé : Histoire des combattants juifs de la Brigade Blindée Indépendante Tchécoslovaque, Dunkerque 1944-1945, puis a coordonné l’édition en 2023 d’un livre collectif sur le sculpteur Herzi, intitulé : Herzi, Chrysalides des ombres/sculpter un Mémorial de la Shoah, Collection Molda, Éditions Jacques Flament.


