Nasrallah accuse Abbas de l’assassinat de Nizar Banat

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Nasrallah attaque l’AP après la mort du militant Nizar Banat

Banat, un opposant virulent du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, est décédé lors d’un raid  des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne contre son domicile à Hébron, provoquant des manifestations contre l’Autorité palestinienne dans toute la Cisjordanie.

 Le chef du Hezbollah libanais Sayyed Hassan Nasrallah s'exprime à travers un écran lors d'une cérémonie religieuse marquant l'Achoura (Crédit photo : AL-MANAR/HANDOUT VIA REUTERS)
Le chef du Hezbollah libanais Sayyed Hassan Nasrallah parle à travers un écran depuis son bunker dissimulé très prfondément sous terre dans le Sud de Beyrouth, lors d’une cérémonie religieuse marquant l’Achoura (Crédit photo : AL-MANAR/HANDOUT VIA REUTERS)
 

Banat était un admirateur du Hezbollah

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a attaqué l’Autorité palestinienne dans un discours lundi sur la mort du militant palestinien Nizar Banat. Ce dernier a été torturé et liquidé par les services de sécurité de l’Autorité palestinienne au début de l’année.
 
 
Banat, un opposant virulent du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, est décédé lors d’un raid des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne contre son domicile à Hébron. Des manifestations contre l’Autorité palestinienne ont éclaté dans toute la Cisjordanie à la suite de sa mort.
 
 

Les élections aurait provoqué la chute d’Abbas

Avec plus de 100 000 abonnés sur Facebook, Banat a souvent accusé l’Autorité palestinienne de corruption et a critiqué qu’Abbas reporte  une élection longtemps retardée en mai. Nisar Banat s’était inscrit comme candidat parlementaire pour ce suffrage.
 

Des personnes assistent aux funérailles du critique palestinien Nizar Banat, décédé après avoir été arrêté par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, à Hébron (crédit : MUSSA QAWASMA/REUTERS)Des personnes assistent aux funérailles du critique palestinien Nizar Banat, décédé après avoir été arrêté par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, à Hébron (crédit : MUSSA QAWASMA/REUTERS)

 
 
« C’est un devoir moral de se tenir aux côtés du martyr palestinien, le courageux penseur Nizar Banat, qui a été assassiné par un gang de l’Autorité palestinienne », a déclaré Nasrallah, ajoutant qu’il « avait écouté les enregistrements [de Banat] et avait été impressionné par la pureté de sa pensée sur la Palestine et les conflits dans la région, et son soutien inconditionnel à l’axe de la « résistance  » (terrorisme chiite du Hezbollan et sunnite du Hamas et du Djihad Islamique).
 

Enquêtes au point mort (pour celle de Banat… et du port de Beyrouth)

Le chef du Hezbollah a demandé justice à l’Autorité palestinienne, affirmant que la cause de la mort de Banat « doit être confrontée à la justice et à la vérité« .
 
14 agents de sécurité accusés d’avoir battu à mort Banat ont été jugés par un tribunal militaire palestinien. La famille de Banat a exprimé son indignation devant le fait qu’aucun haut fonctionnaire ne soit jugé pour la mort de l’activiste pro-terroriste.
 
Concernant la crise actuelle de l’électricité au Liban, Nasrallah a déclaré dimanche que le gouvernement aurait dû tenir une session extraordinaire et ne pas y mettre fin tant qu’il est incapable de trouver une solution.

Servir d’intermédiaire énergétique à l’Iran briserait les sanctions américaines

 
Le chef du Hezbollah a souligné qu’une solution radicale était nécessaire à la crise énergétique, ajoutant qu’il y avait déjà de sérieuses offres d’aide de la Chine, de la Russie, de l’Iran, de l’Allemagne et de la France, mais que le gouvernement libanais avait peur de mettre les États-Unis en colère.
 
Nasrallah a fait référence à une « nouvelle offre iranienne » concernant l’électricité, appelant les Libanais à répondre à l’offre et à « demander une exception à ce que vous appelez votre ami ‘l’Amérique' ».
 
Le leader du Hezbollah a laissé entendre qu’il y avait eu un effort intentionnel pour faire s’effondrer le secteur de l’électricité au Liban afin de le forcer à privatiser.

Infiltrer le gouvernement pour mieux s’y substituer

Concernant les importations de diesel iranien, Nasrallah a déclaré que le Hezbollah en est encore à la « première étape » des importations et a l’intention de poursuivre les importations tout au long du mois. La « deuxième étape » des importations comprendra du carburant pour le chauffage des familles au Liban, a annoncé Nasrallah, ajoutant que le Hezbollah, transformé en mère Téresa, cesserait d’intervenir dans l’importation de carburant si le gouvernement libanais prenait la responsabilité des importations.
 
Nasrallah a en outre confirmé lors du discours de dimanche que le Hezbollah souhaitait que les élections législatives au Liban se tiennent à temps dans les délais constitutionnels.
 

Le responsable Hezbollah du port menace le Juge

Concernant l’enquête en cours sur l’explosion du port de Beyrouth, Nasrallah a déclaré que le Hezbollah veut des réponses et n’abandonnera pas l’enquête. Le chef du Hezbollah a affirmé que le juge actuel chargé de l’affaire, Tarek Bitar, utilisait l’affaire à des fins politiques et ne voulait pas découvrir la vérité sur l’explosion.
 
Nasrallah a demandé pourquoi Bitar n’a interrogé que certains ministres et pas d’autres.
 
Un responsable de la sécurité du Hezbollah, Wafiq Safa, aurait menacé Bitar en septembre, affirmant que le mouvement l’écarterait de force de son poste si le juge leur déplaisait (i.e : mettait en cause un membre quelconque du mouvement terroriste libanais)
 
« On en a assez de vous. On ira jusqu’au bout de la voie légale, et si ça ne marche pas, on vous éloignera de force« , a déclaré Safa à Bitar, selon Edmond Sassine, journaliste à la LBCI News libanaise.
 
 

Zone explosive de trafics en tous genres

Le Hezbollah a été accusé d’être responsable du stockage inapproprié d’au moins 500 tonnes de nitrate d’ammonium qui a causé l’explosion de l’année dernière, alors que le mouvement terroriste contrôle en grande partie les ports libanais.
 
Safa est sous le coup de sanctions du département américain du Trésor depuis 2019 pour avoir exploité les ports et les postes frontaliers du Liban et faire passer de la contrebande, y compris des drogues et des armes illégales, à Beyrouth et faciliter les déplacements pour le compte du Hezbollah.
 
Plus d’un an après qu’une explosion dans le port de Beyrouth a fait plus de 220 morts et des milliers de blessés, l’enquête est toujours en cours sans qu’aucune conclusion ne soit tirée ni aucun responsable inculpé ou condamné.
 
Reuters a contribué à ce reportage.

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