Ennahda accusé de financements étrangers (Qatar, Turquie)

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Le plus grand parti tunisien, Ennahda, est accusé d’accepter des financements de l’étranger pour ses campagnes politiques, alors que les troubles politiques se poursuivent dans ce pays d’Afrique du Nord.
Des membres du bloc islamiste d'Ennahda assistent à une session parlementaire.

Satellite du Qatar et de la Turquie au Maghreb

Un procureur tunisien a annoncé mercredi une enquête sur trois partis politiques, dont le parti islamiste Ennahda. La Tunisie est en proie à des troubles politiques depuis que le président a limogé le gouvernement ce week-end. Le porte-parole des procureurs financiers de l’Etat, Mohsen Daly, a déclaré qu’Ennahda, Heart of Tunisia et le groupe Aish Tounsi faisaient l’objet d’une enquête pour avoir obtenu des financements étrangers pour leurs campagnes électorales, a rapporté le média tunisien Mosaique FM. Les médias tunisiens ont largement relayé la nouvelle. Dimanche, le président tunisien Kais Saied a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi et suspendu le Parlement pendant 30 jours. Ennahda est le plus grand parti au parlement. Mechichi, bien qu’indépendant, est soutenu par le parti islamiste « modéré ». Cette décision a suscité des inquiétudes nationales et internationales concernant le coup d’État.

Pouvoirs autoritaires… ou rien

La Tunisie est maintenant dans un état de chaos politique, qui coïncide avec une économie naissante et une augmentation des cas de COVID-19. Il y a eu de nombreuses manifestations dimanche pour contester les actions de Saied, certains saccageant les bureaux régionaux d’Ennahda. Certains Tunisiens ont accusé le président d’avoir réussi un coup d’État, tandis que ses partisans ont qualifié l’événement de « deuxième révolution ». Ennahda est un acteur controversé de la politique tunisienne depuis son ascension au lendemain de la révolution de 2011, qui a renversé le dirigeant de longue date Zine El Abidine Ben Ali. Le leader d’Ennahda et président du parlement, Rachid Ghannouchi a qualifié son parti de « démocrates musulmans » par opposition aux islamistes, indiquant son soutien à la transition démocratique de la Tunisie (inspiré d’Erdogan). Les détracteurs du parti, y compris ceux du Golfe, se moquent d’Ennahda comme étant affilié aux Frères musulmans et au Qatar. Les tensions se sont élevées entre les partis laïcs et religieux dans le pays récemment et en général depuis le soulèvement de 2011.
En savoir plus : https://www.al-monitor.com/

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