les exigences d’Abu Mazen pour la reprise des négociations avec Israël

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Révélations : L’Autorité palestinienne a préparé  « liste d’épicerie » qui sera présentée à l’administration Biden cette semaine (avec copie au bureau de Bennett) en prélude à la reprise des négociations avec Israël.

Ehud Yaari|N12| Publié le 11/07/21 07:42 

 

Fortifié dans sa position. Abou Mazen (Photo : Reuters, Actualités)
Photo : Reuters, Actualités

Une liste de courses

A Ramallah, l’appétit s’est éveillé et on a préparé un document détaillé, qui était encore confidentiel, il y a peu. Il est question des souhaits d’Abu Mazen à la lumière de l’initiative de dialogue israélo-palestinien, que les hommes de Biden veulent promouvoir sous leurs auspices. Celui-ci devrait s’efforcer d’améliorer la situation dans les territoires, et dans les relations entre les deux parties, sans s’empêtrer à nouveau dans un nouvel effort voué à l’échec pour parvenir à un règlement définitif.
Les demandes poseront une réelle difficulté à Bennett, Lapid, Shaked et Saar – tandis que Michaeli et Horowitz seront sûrement attentifs à, au moins, certaines des demandes. Les grandes questions concernent notamment Jérusalem et les implantations avec une manifestation d’extensions palestiniennes.

Joe Biden (Photo: shutterstock)
La liste des demandes de l’Autorité palestinienne ira à l’administration américaine. Le Président Biden | 

En laissant de côté la liste des revendications destinées à plaire à l’opinion publique palestinienne, cela reste une base raisonnable pour discuter des mesures visant à améliorer la situation en Cisjordanie. Pas question d’interférer avec Gaza ni de changer la vie quotidienne de ses habitants. Quiconque rejette la vision à deux États à l’avenir s’opposera sûrement à toutes les propositions. Ceux qui croient que nous devons laisser une grande ouverture à la possibilité que la vision des deux Etat devienne un jour pratique – voudront sûrement considérer les yeux ouverts ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons donner dans un proche avenir.

Des points négociables et des exigences plus difficiles à concéder

Voici le Menu principal qui sera soumis à la table de discussion :

  1. Réouverture de la Maison d’Orient et d’autres institutions palestiniennes, fermées depuis 2001 à Jérusalem-Est. Autrement dit : une autorisation de reprise de l’activité politique de l’Autorité palestinienne et des organisations palestiniennes, que la police et le SGS empêchent vigoureusement dans l’est de la ville. L’intention est en fait de revenir à la situation qui prévalait jusqu’à la deuxième Intifada.
  2. Restaurer l’ancien statu quo sur le Mont du Temple au lieu des dispositions actuelles. Cela signifie restreindre l’activité de la police autour de la mosquée al-Aqsa, diluer les visites juives et renforcer le statut des émissaires de l’Autorité palestinienne là-bas. C’est une formulation qui laisse place à la discussion.
  3. Arrêter toute expulsion des Arabes de leurs maisons à Jérusalem. C’est juridiquement compliqué, mais le gouvernement peut empêcher des actes comme à Sheikh Jarrah, qui de toute façon n’ajoutent pas grand-chose à sa transformation en cours en quartier Shimon Hatzadik.
  4. La libération du « quatrième quart » des prisonniers palestiniens, qui avait été convenue à l’époque mais ne s’est pas concrétisée en raison de la vague de terrorisme et en plus – la libération des femmes, des personnes âgées et des mineurs. Cette formulation est bien entendu ouverte à la négociation pour les détenus vieillissants, les femmes etc.
    1. Arrêter l’expansion des implantations, y compris la construction à l’Est de Jérusalem, et évacuer tous les avant-postes situés sur la terre revendiquée comme « palestinienne ». Il s’agit d’une demande pour un moratoire complet parallèlement à l’endiguement des constructions, mais il est douteux que Ramallah pense que ce sera simple.
  5. Arrêter la démolition de maisons dans la vallée du Jourdain
  6. Cessation des incursions de Tsahal dans les villes palestiniennes. Dans les circonstances actuelles, il est difficile (voire impossible) de se conformer à cette demande.

Des forces de sécurité en plein désaveu populaire

8. Restituer aux forces de sécurité palestiniennes les armes qui leur ont été confisquées.

9. Renouvellement du processus de regroupement familial. L’intention, bien sûr, va au-delà des efforts déjà consentis par Israël et non dans la direction opposée, comme le souhaite la Knesset.

10. Augmenter le nombre de licences pour travailler en Israël.

11. Le retour de la police, des fonctionnaires et des douaniers de l’Autorité palestinienne sur le pont Allenby, comme il était de coutume après les accords d’Oslo. Exploitation du poste de fret au pont Damia et délivrance d’un permis pour un aéroport international en Cisjordanie. Et aussi : une zone de libre-échange près de Jéricho. Dans ces matières, il y a beaucoup de place pour les litiges.

Ramallah à la conquête de la zone C

12. Affectation de portions de la zone C – environ 60 % de la Cisjordanie – à des usines, des centrales électriques et des projets touristiques (par exemple : sur la mer Morte) et au-delà, transfert des pouvoirs de planification et d’autorisation à l’Autorité palestinienne et renforcement de ses activités dans la zone B, y compris la pose de conduites de carburant vers les ports israéliens et Aqaba en Jordanie. Ici aussi, Israël a la capacité de répondre à une partie importante des demandes.

13. Modification de l’« Accord de Paris » afin que les marchandises destinées à la Cisjordanie soient dédouanées après transfert et que la collecte ne soit pas effectuée par Israël. Une vieille idée à explorer.

14. Mise à niveau des réseaux cellulaires de Cisjordanie vers le G4. C’est parfaitement logique.

 

Naftali Bennett (Photo : Reuters)
Comment Israël répondra-t-il aux demandes palestiniennes ? Premier ministre Naftali Bennett | Photo : Reuters

 

Le gouvernement actuel n’est pas en* mesure faire des pas trop grands en direction des Palestiniens. Mais néanmoins, il pourra peut-être se rapprocher des Américains qui commencent par proposer des petits pas. Ils abordent soigneusement le changement de la dynamique des relations avec les Palestiniens en redoutant ce qui se passera à la fin de l’ère Abu Mazen.

mako.co.il

5 commentaires

  1. Et les exigences officieuses mais impérieuses des dirigeants de l’Autorité palestinienne sont : ne bloquer surtout pas les paiements qui servent à alimenter les comptes bancaires des dirigeants corrompus et leurs familles au détriment du pauvre fellah qui n’en voit pas la couleur…

  2. Et puis quoi encore ?
    Les américains devraient savoir que ce sont les vainqueurs qui posent leurs conditions
    Vae Victis

  3. Autant capituler tout de suite et se convertir à l’Islam.
    Et ce monsieur Ehud Yaari est considéré comme un expert !
    Après Celine tobol et celui la qu’allons nous devoir encore subir ?
    Avec des soi disants amis pareils on n’a plus besoin d’ennemis .

    1. Il présente une liste de commissions écrite par Abbas et l’OLP. A quoi est-ce que vous vous attendiez ? Une proposition d’extension d’Israël du Nil jusqu’à l’Euphrate ? Après on discute, on s’enlise et on repart à zéro. Pas d’affolement. Yaari travaille sur la 12, ici Mako. Il présente les 2 réactions possibles :refus en bloc ou acceptation marginale.

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