La victoire d’Ebrahim Rais renforcerait la ligne dure anti-occidentale de l’Iran

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 Élection présidentielle iranienne

L’élection présidentielle iranienne de ce vendredi 18 juin a donné plus de signaux d’alarme en Occident et en Israël car l’ultra-radical anti-occidental Ebrahim Rais, 60 ans, est pratiquement assuré de gagner après que son chemin a été aplani par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Ce successeur de l’époque des promesses diplomatiquement accessibles d’Hassan Rouhani serait un négociateur nucléaire beaucoup plus dur qu’auparavant, ainsi qu’un instigateur d’une plus grande répression à l’intérieur.

La très jeune génération, frustrée par les difficultés économiques, le manque de libertés sociales et le peu de choix dans les urnes, est susceptible de rester chez elle. Si Rais obtient moins de 50 % des voix, il passe à un deuxième tour.

Rais, comme Khamenei, est né dans la ville de Mashhad, au nord-est. Sa famille revendique une descendance directe du prophète Mahomet, ce qui en fait un rigoriste bigot en matière d’affaires religieuses et lui donne le droit de porter un turban noir. En 2019, Khamenei l’a placé à la tête de la justice iranienne, un poste commode pour purger ses principaux opposants, ainsi que sa nomination en tant que vice-président de l’Assemblée des experts, l’organe chargé de sélectionner le chef suprême de l’Iran. Khamenei et Rais épousent tous deux l’interprétation la plus extrême du Coran en tant que pivot de la politique intérieure et des relations étrangères. Rais préconise le contrôle du régime central de l’économie nationale, au moyen d’organisations telles que le Corps des gardiens de la révolution. Il est radicalement opposé à toute partie étrangère qui tient un rôle dans l’économie.


Rais préférerait éviter tout contact avec les États-Unis (« le Grand Satan ») – sauf qu’il est suffisamment pragmatique pour voir qu’engager les grandes puissances sur un accord nucléaire est le seul moyen de se débarrasser des sanctions. Son chemin vers la victoire à l’élection présidentielle a été dégagé par la disqualification de 600 autres candidats, n’en laissant que six. Quatre partagent les vues extrémistes de Rais, et seulement deux sont soit « modérés » (dans les relations extérieures) soit « réformistes » (plus libéraux sur les libertés sociales).

Les sources iraniennes de DEBKAfile trouvent cinq raisons pour lesquelles le chef suprême et son élite élite veulent voir l’un des leurs à la présidence :

  1. L’octogénaire Khamenei compte que son successeur sera tiré de sa propre famille avec le soutien du Raïs.
  2. Ce président intransigeant pourra obtenir plus de concessions dans les négociations nucléaires de Vienne avec les puissances mondiales.
  3. Il est également capable de se retirer de tout accord nucléaire, ce qui satisferait l’élite radicale.
  4. Rais s’est engagé à mener à bien le développement par l’Iran d’une arme nucléaire.
  5. Il sera également un roc dans la préservation du régime extrémiste et intransigeant de Téhéran.

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