Le mufti d’Abbas expulsé de la prière à al-Aqsa parce qu’il ne soutient pas le Hamas

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Gaza

Les manifestants ont crié des slogans en faveur du Hamas et ont dénoncé le mufti palestinien de Jérusalem, le cheikh Mohammed Hussein, pour son affiliation à l’Autorité palestinienne.

Par KHALED ABU TOAMEH   22 MAI 2021 16h48

   

Les gens agitent des drapeaux palestiniens pendant les prières de l'Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne sacré du Ramadan, dans l'enceinte qui abrite la mosquée al-Aqsa, connue des musulmans comme le sanctuaire noble et des juifs comme le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem (crédit photo: AMMAR AWAD / REUTERS)

Les gens agitent des drapeaux palestiniens pendant les prières de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois sacré de jeûne du Ramadan, dans l’enceinte qui abrite la mosquée al-Aqsa, connue des musulmans comme le noble sanctuaire et des Juifs comme le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem (crédit photo: AMMAR AWAD / REUTERS)

Dans un geste sans précédent, les fidèles musulmans ont expulsé vendredi le mufti palestinien de Jérusalem Cheikh Mohammed Hussein de la mosquée al-Aqsa et l’ont empêché de terminer son sermon. Les manifestants ont crié des slogans en faveur du Hamas et ont dénoncé Hussein pour son affiliation avec l’Autorité palestinienne.

Hussein est considéré comme le plus haut représentant de l’Autorité palestinienne dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa. Résident de Jérusalem-Est qui détient une carte d’identité israélienne, Hussein apparaît souvent à côté du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’événements publics. Les manifestants ont accusé Hussein d’avoir «ignoré» le Hamas et la bande de Gaza et l’ont forcé à arrêter son sermon.

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«Nous sommes les hommes de Mohammed Deif», ont crié des centaines de fidèles en colère alors que les gardes du corps éloignaient le mufti de la mosquée. Deif est le commandant suprême de la branche militaire du Hamas, les Brigades Izzadin al-Qassam. D’autres fidèles ont crié: « Va-t’en, va-t’en, nous ne voulons pas voir les chiens de l’Autorité palestinienne. »

L’incident est survenu peu de temps après que des dizaines de milliers de Palestiniens ont célébré dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa ce qu’ils ont appelé la «victoire» du Hamas contre Israël lors de la dernière série de combats. À la fin de la célébration, des dizaines de jeunes ont lancé des pierres et des bombes à essence (kocktail-Molotov) sur les policiers, qui sont entrés dans l’enceinte et ont répondu avec des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Des médecins palestiniens ont déclaré qu’au moins 20 personnes ont été blessées lors des affrontements. L’assaut contre le mufti de Jérusalem est intervenu après des semaines de rassemblements pro-Hamas dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa.

Au cours des rassemblements, qui ont commencé au début du mois sacré du Ramadan et se sont étendus à d’autres parties de Jérusalem et de la Cisjordanie, des milliers de fidèles ont scandé des slogans en faveur du Hamas et ont appelé le groupe terroriste basé à Gaza à tirer des roquettes sur Israël. Dans certains cas, ils ont également scandé des slogans accusant Abbas, 85 ans, d’être un «agent» américain et un «collaborateur» des Israéliens.

Le dernier vendredi du Ramadan, des milliers de fidèles ont hissé des drapeaux du Hamas et placé des affiches des dirigeants du groupe dans de nombreuses zones de l’enceinte. Des affiches des dirigeants du Hamas Deif, Ismail Haniyeh, Khaled Mashaal, Yahya Sinwar sont également apparues sur les murs de plusieurs quartiers de Jérusalem-Est.

Certains militants appartenant à la faction du Fatah d’Abbas qui tentaient de retirer les drapeaux et affiches du Hamas ont été passés à tabac par des partisans du Hamas.

Les rassemblements pro-Hamas sont considérés par les Palestiniens comme un signe de l’érosion de l’influence de l’AP et de la Jordanie sur l’enceinte de la mosquée al-Aqsa.

Le trust religieux islamique, Wakf, qui est chargé d’administrer le site, appartient au gouvernement jordanien. Mais l’AP et d’autres partis, y compris le Mouvement islamique en Israël et le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération) ont également leurs représentants sur le site.

Dans le passé, de hauts responsables de l’Autorité palestinienne qui ont visité la mosquée al-Aqsa ont également été attaqués par des manifestants qui les ont accusés d’être des «traîtres» pour leur prétendue volonté de faire la paix avec Israël et pour la coordination en cours entre les forces de sécurité palestiniennes et Tsahal sur la rive Ouest du Jourdain.

Les responsables de l’Autorité palestinienne ont condamné l’attaque contre Hussein et l’ont félicité pour sa «défense» de la mosquée contre «l’agression» israélienne. Les responsables ont souligné que le mufti avait joué un rôle majeur dans les manifestations de 2017 qui auraient forcé les autorités israéliennes à retirer les portes de détecteurs de métaux qu’elles avaient installées à l’une des entrées du complexe.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a déclaré que l’attaque contre le mufti était une «attaque contre les lieux saints et l’unité nationale». Mahmoud al-Habbash, conseiller aux affaires religieuses d’Abbas, a dénoncé les assaillants comme «des mercenaires travaillant pour servir l’agenda de l’occupation».

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