Un jeune Juif de 8 ans et une jeune Juive de 18 ans lâchement agressés à Djerba, Tunisie

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COMMUNIQUE

Le BNVCA, inquiet de la situation des juifs en Tunisie suite à l’agression de deux mineurs :

  • une jeune fille de 18 ans
  • et un garçon de 8 ans dans le quartier Hara Kbira de Djerba
  • Le BNVCA saisit l’ambassadeur de Tunisie en France et le Quai d’Orsay. Le BNVCA apprend avec beaucoup d’émotion et d’inquiétude que des jeunes membres de la communauté juive en Tunisie et résidant plus particulièrement dans le quartier juif de HARA KBIRA de la ville de Djerba ont été agressés. Dans le courant de la fête de Pessah, la Pâque Juive, le jeune Eliran, 8 ans, qui se rendait au centre d’étude de la Thora, a été tabassé par un adulte. Une plainte a été déposée auprès de la police mais sans suite jusqu’à présent.
  • Et nous apprenons également que la jeune fille de 18 ans, Hanna Haddad, a été agressée le mercredi 7 avril par deux individus qui ont tenté de l’étrangler à plusieurs reprises. Elle se serait débattue; et ses cris ont alerté les membres du village qui sont venus la libérer, en faisant fuir les assaillants. Selon nos informations, ces derniers auraient été interpellés le vendredi 9 avril. Contrairement à leurs allégations, ils ne l’ont pas attaquée pour lui voler son téléphone, puisqu’elle n’en possédait pas. Face à cette situation, les faits semblent confirmer que la petite communauté juive, qui réside encore en Tunisie et notamment dans la ville de Djerba, souffre de discrimination de la part de ses compatriotes.

La police aurait de nouveau investi les secteurs sensibles de la ville afin de protéger les familles juives qui y vivent. Le BNVCA saisit l’ambassadeur de Tunisie en France ainsi que le Ministre français des Affaires Étrangères au Quai d’Orsay afin de les alerter sur la situation nouvelle et précaire, inquiet de la situation des Juifs en Tunisie, suite à l’agression de deux mineurs :une jeune fille de 18 ans et un garçon de 8 ans dans le quartier Hara Kbira de Djerba. Le BNVCA saisit l’ambassadeur de Tunisie en France et le Quai d’Orsay

Les Juifs tunisiens sont en situation de danger imminent

Par le Dr. Edy Cohen Centre BESA Perspectives Paper No. 1,964, 14 mars 2021

Le président de la Tunisie crée un environnement de plus en plus antisémite

RÉSUMÉ : L’antisémitisme non dissimulé du président tunisien Kais Saied encourage les musulmans de Tunisie à exprimer plus ouvertement leur propre antisémitisme. La population juive de Tunisie est désormais la cible de l’hostilité et des provocations de ses compatriotes, une situation dont le nouveau président porte une part notable de la responsabilité.

Pendant sa campagne électorale, le président tunisien Kais Saied avait accusé Israël d’être en guerre contre le monde musulman, un message propre à toucher une corde sensible dans le cœur de nombreux Tunisiens. Il déclarait également que tout dirigeant musulman qui normalise ses relations avec les sionistes doit être poursuivi pour trahison. En d’autres termes, il considère que toute personne qui entretient des relations avec Israël est un traître à la Oumma (nation) arabe et au peuple palestinien.

Après son élection à la présidence, la campagne de haine de Saied envers Israël s’est étendue aux Juifs tunisiens, qu’il a qualifiés de voleurs. (Il s’est excusé par la suite, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte).

Sous l’influence de Saied, la Tunisie, qui était un pays musulman exceptionnellement tolérant, est devenue un pays musulman typiquement intolérant sans aucun respect pour ses minorités. Il y a quelques semaines, une église tunisienne a été incendiée, et le danger pour les Juifs du pays s’intensifie.

Les Juifs ont vécu en Tunisie pendant des milliers d’années dans une paix relative. Il ne reste que 1.500 Juifs dans le pays, la plupart sur l’île de Djerba. Ils représentent l’une des dernières communautés juives du Moyen-Orient en dehors d’Israël.

L’attitude du président a ouvert la porte à l’antisémitisme, qui se banalise de plus en plus, au sein de la population tunisienne. Une hostilité préexistante envers le lointain Israël s’est transformée en une haine ouverte et en actes de provocation contre les Juifs locaux. En d’autres termes, l’antisionisme s’est révélé être de l’antisémitisme.

Lassaad Hajjem, le maire musulman des îles Midoun au large de Djerba, a modifié les noms des quartiers juifs de la région en y ajoutant des noms musulmans. « Al-Riad » a été ajouté au nom du plus petit quartier juif et « Al-Suani » au nom du plus grand. Les ajouts renvoient à des sites islamiques d’Arabie saoudite. Les changements ont été effectués suite à un ordre du maire et ont déjà été intégrés dans les documents officiels de l’État et dans les entrées de Wikipédia.

Pour éviter que les Juifs tunisiens ne se méprennent, Hajjem a également placé un grand panneau près de l’entrée des quartiers juifs, qui dit : « Al-Quds [Jérusalem] est la capitale de la Palestine ». Le panneau indique que la distance jusqu’à « Al-Quds » est de 3 090 kilomètres et affiche le drapeau palestinien.

Le maire Hajjem est membre de la faction Ennahda, les Frères musulmans radicaux. Il est en poste depuis août 2018, maisil  a attendu la fin du mandat de l’ancien président tunisien Beji Caid Essebsi pour agir contre les Juifs des îles Midoun. Le gouvernement Essebsi comprenait René Trabelsi, un membre juif du gouvernement qui a occupé le poste de ministre du Tourisme. Pendant le mandat d’Essebsi, les Juifs tunisiens étaient bien mieux condidérés qu’aujourd’hui.

Après l’élection de Kais Saied, connu pour son nationalisme et son antisémitisme, Lassaad Hajjem a profité de l’ouverture sur ce terrain fertile pour rappeler aux Juifs tunisiens qu’ils vivent en sursis dans un pays musulman.

Version reprise d’un article publié dans Israel Today le 22 février 2021.

Dr. Edy Cohen, chercheur du centre  BESA, est spécialiste des relations inter-arabes, du conflit israélo-arabe et des Juifs des pays arabes

Traduction : Jean-Pierre Lledo, cinéaste

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