Israël : 9 jours avant les élections, de nouveaux visages mais pas de mystère insondable

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La quatrième élection d’Israël en deux ans, le 23 mars, fera-t-elle une différence? Cela se terminera-t-il par une quatrième impasse et refusera-t-on encore à un seul dirigeant les pourcentages suffisants pour finalement former un gouvernement de coalition qui fonctionne? Il y a encore beaucoup trop de partis qui se battent pour une place au soleil pour qu’un résultat clair émerge. Pourtant, l’arrivée de nouveaux joueurs et les événements imprévus au cours de l’année écoulée maintiennent le jeu du scrutin en mouvement et son résultat impondérable.

Cette fois, la lutte pour évincer le leader du Likud Binyamin Netanyahu qui a dominé trois élections est floue. D’anciens ennemis sont tombés sur le bord du chemin, y compris la plupart des généraux qui se sont aventurés dans la politique et quelques nouveaux visages sont apparus aux deux extrémités du spectre.

Knesset Member Merav Michaeli speaks during the « Economic Independence = Women Empowerment » conference ahead of the international Woman’s Day, at the Hebrew University in Jerusalem, on March 7, 2017. Photo by Hadas Parush/Flash90 ***

À gauche, l’ultra-féministe Merav Michaeli semble sortir le parti travailliste d’une certaine extinction sous le seuil de 3,25% de la Knesset, en promettant une révolution du «col rose» au nom des enseignantes, des infirmières et des soignantes opprimées et négligées. Elle attire même pour la première fois des électrices des partis ultra-religieux traditionnellement solides.  

À droite, Bezalel Shmotrich, dont la faction a été tirée du seuil en étant forcée par Netanyahu à fusionner avec le néo-kahaniste Itamar Ben-Gvir, capte le soutien de Yemina en se présentant, plutôt que Naftali Bennett, comme le vrai interlocuteur du mouvement religieux national sioniste classique. Alors que sa faction peut briguer une poignée de mandats ou moins, les sondages prévoient que Netanyahu devra gratter le fond du baril de droite s’il espère gagner un bloc majoritaire pour former un gouvernement. 

Le Likud avait besoin de reconstituer ses forces, après que Gideon Saar, un rival de longue date de Netanyahu, se soit séparé du parti pour former son propre parti Nouvel Espoir. Tout en commençant avec un prometteur 20 sièges dans les sondages, Sa’ar a décliné à 9-11 et recule. À l’heure actuelle, il est en contact étroit avec une deuxième faction de droite, Yemina.


Par conséquent, alors que la droite s’est renforcée par rapport à la gauche et au centre-gauche qui s’effacent, elle a été affaiblie par la fragmentation interne. Le Likud hésite à retirer publiquement son soutien de ses deux rivaux de droite de peur de réduire leur potentiel en tant que partenaires de la coalition.

Au centre, à gauche et au centre-gauche, Yesh Atid (Future) de Yair Lapid a grimpé dans les sondages, devant Saar et Bennett à la deuxième place ,après le Likud avec environ 20 sièges contre 28-31 pour le Likud. Sur les conseils de ses conseillers américains, après avoir été relégué cinq fois aux bancs de l’opposition, Lapid a évité son ancienne erreur de se déclarer haut et fort prochain Premier ministre à la place de Netanyahu. Au lieu de cela, il promet un meilleur gouvernement pour mettre de l’ordre dans ce qu’il appelle la pagaille actuelle.

L’espoir de Lapid d’obtenir une majorité pour former un gouvernement est mince, même s’il recrute les travaillistes, Yisrael Beitenu d’Avigdor Lieberman et le Meretz d’extrême gauche, qui lutte lui aussi pour survivre. Il raffermit néanmoins son soutien en copiant les tactiques de campagne du leader du Likud, consistant à toucher la base au lieu de discours explosifs.

Netanyahu fait campagne avec un caméraman vidéo qui suit et enregistre en direct sur Facebook ses rencontres en cours, dans un coin du pays après l’autre. Le Premier ministre utilise sa touche personnelle pour récolter les dividendes de son succès de classe mondiale à maîtriser la pandémie de coronavirus à temps pour les élections, par une campagne de vaccination sans précédent. À l’heure actuelle, plus de 90% de tous les adultes israéliens sont vaccinés et il a constitué des stocks de vaccins pour un prochain cycle.

Son procès pour corruption est quant à lui devenu un sujet ennuyant,1 alors que de nouveaux scandales surgissent dans d’autres zones. Tirer l’économie et les moyens de subsistance des gens hors de l’ornière de la pandémie est la tâche la plus urgente du gouvernement aux yeux de la plupart des Israéliens, après un retour significatif à la normale cette semaine. Il faudra un chef de gouvernement compétent et expérimenté, qui met les chefs de parti et leurs compétences au centre de l’attention de l’électeur, plutôt que les noms de leurs factions ou idéologies.

Il y a sans aucun doute une envie de changement dans le pays, en particulier chez les jeunes. Mais la majorité ne permettra pas d’empiéter sur la stabilité et la sécurité du pays. En arrière-plan, un Iran doté de l’arme nucléaire est un problème toujours présent et non résolu, et son satellite libanais Hezbollah est surveillé de près. La question palestinienne a pour l’essentiel reculé à la périphérie de la conscience générale avec l’atténuation du terrorisme. Dans le même temps, la question de l’annexion de la Cisjordanie n’est pas assez immédiate pour affecter le résultat des élections.

L’apathie des électeurs est une source constante d’anxiété pour le parti au gouvernement, surtout lorsqu’aucune alternative généralement acceptable ne vient à l’esprit.

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