Eau : l’Euphrate, l’autre arme de la Turquie contre les Kurdes en Syrie

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Publié le 05/03/2021 – 17:51

Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) près du fleuve Euphrate, au nord de Raqqa, en Syrie. PHOTO / REUTERS / Rodi Said
Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) près du fleuve Euphrate, au nord de Raqqa, en Syrie. PHOTO / REUTERS / Rodi Said

L’administration kurde qui gère le nord-est de la Syrie accuse la Turquie de couper l’eau de l’Euphrate pour l’affaiblir. Un moyen de pression déjà utilisé par Ankara auparavant.

“Le gouvernement turc a baissé le niveau de l’Euphrate dans le but de faire pression sur l’administration semi-autonome kurde dans le nord-est de la Syrie”, a dénoncé le directeur des barrages de l’Euphrate en Syrie, Ahmad Ossou, relayé par le site panarabe Raseef22.

Le mardi 2 mars, l’administration kurde a indiqué que, depuis la fin janvier, la Turquie avait divisé par quatre les quantités d’eau provenant de l’Euphrate. Ce rationnement a un effet sur l’approvisionnement en eau et la production d’électricité.

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En amont

Plus long fleuve de l’Ouest asiatique, l’Euphrate, qui naît en Turquie et traverse la Syrie et l’Irak avant de se jeter dans le golfe Persique, a toujours été un sujet de friction entre ces trois pays, notamment en raison de la question kurde. Idem pour l’autre grand fleuve de la zone, le Tigre.

La Turquie, qui a construit des barrages sur l’Euphrate et le Tigre, contrôle ainsi le niveau de l’eau arrivant en Syrie et en Irak.”

En 2020, indique Raseef22, la Turquie avait déjà réduit le niveau de l’Euphrate arrivant en Syrie, poussant l’administration semi-autonome kurde à demander à l’Organisation des Nations unies de faire pression sur Ankara.

Le site panarabe rappelle que la Turquie avait déjà utilisé la carte de l’eau à la fin des années 1990 contre la Syrie, qui avait fini par expulser de son territoire Abdullah Ocalan, le leader et fondateur du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan, mouvement armé kurde] qui sera arrêté en 1999 et emprisonné en Turquie.

Aujourd’hui, il n’y a aucun accord officiel entre la Turquie, la Syrie et l’Irak concernant le partage de l’eau de l’Euphrate entre les trois pays.”

Mais en 1987, la Syrie et la Turquie ont signé un protocole courant sur cinq ans qui prévoit qu’Ankara fournisse 500 m3 d’eau par seconde à Damas, indique Raseef22“Cet accord temporaire sert encore aujourd’hui de base de discussion entre les deux pays”, explique le site. Ces dernières années, la Syrie a demandé à plusieurs reprises à la Turquie d’augmenter sa part à 700 m3/s, mais en vain.

En 1989, la Syrie a signé un autre accord bilatéral, mais avec l’Irak, prévoyant que 52 % des eaux de l’Euphrate reviennent à Bagdad.

Dans ce contexte, Raseef22 note que le ministère irakien des Ressources hydrauliques a déclaré, le lundi 1er mars, que le président turc Recep Tayyip Erdogan souhaitait une solution pérenne sur le dossier de l’eau entre l’Irak et la Turquie.SOURCE

RASEEF22Beyrouthraseef22.com/

En arabe, raseef signifie “trottoir”, comme celui de cette rue qui gronde depuis le déclenchement des révoltes, en 2011. Et 22, c’est le nombre de pays membres de la Ligue arabe, qui comptent 360 millions d’habitants.

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