L’Iran s’empare d’un pétrolier en représailles à la volte-face de l’USS Nimitz

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L’Iran s’empare d’un navire sud-coréen juste après que l’USS Nimitz a fait demi-tour

Mitch Prothero 

L'Iran s'empare d'un navire sud-coréen après que l'USS Nimitz ait fait demi-tour
L’Iran s’empare d’un navire sud-coréen après que l’USS Nimitz a fait demi-tour

L’accostage du pétrolier par l’Iran est intervenue un jour après que le Pentagone a brusquement annulé la décision de déplacer le porte-avions USS Nimitz hors de la région.

  • L’Iran s’est emparé d’un pétrolier sud-coréen et a mis, lundi, son équipage aux arrêts, dans le golfe Persique alors que l’armée américaine changeait d’avis à la lumière des tensions avec Téhéran et ordonnait au porte-avions à propulsion nucléaire USS Nimitz de rester dans la région.
  • Les ordres chamboulés du Nimitz au cours des cinq derniers jours ont alarmé plusieurs responsables de l’OTAN qui ont exprimé à plusieurs reprises des inquiétudes quant à ce qu’ils considèrent comme des mouvements erratiques dans les décisions de la sécurité nationale américaine après les élections.
  • « Je soupçonne qu’ils diront qu’il y avait de nouvelles informations ou une nouvelle menace et qu’il était indispensable que le Nimitz reste dans la région, mais il y aura forcément des soupçons qui se répandront que Trump a annulé le redéploiement à cause de ses propres préoccupations politiques ou émotionnelles », a déclaré un responsable de l’OTAN à Insider.

L’Iran s’est emparé d’un pétrolier sud-coréen et a mis, lundi, son équipage aux arrêts, dans le golfe Persique, alors que l’armée américaine poursuivait une montée en puissance militaire autour des frontières du pays. Les manœuvres sont survenues quelques jours après le premier anniversaire de l’élimination de Qassem Soleimani, un haut général iranien du bras armé extérieur de l’Iran, la Force Quds.

L’accostage – que l’Iran a décrit comme liée à la « pollution de l’environnement » dans un communiqué rapporté par l’Associated Press – est intervenu juste un jour après que le Pentagone a brusquement annulé la décision de déplacer le porte-avions à propulsion nucléaire USS Nimitz hors de la région , ordre arrêté trois jours auparavant.

On en savait un peu plus sur la saisie du navire coréen lundi matin.

navires
Trafic maritime de routine dans le golfe d’Oman. MarineTraffic.com

Les États-Unis et l’Iran ont exercé leur puissance militaire et rhétorique au cours des dernières semaines autour du premier anniversaire de l’exécution par drone américain du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier 2020. L’Iran a menacé de se venger de cette élimination ciblée du responsable militaire le plus puissant du pays.

Le mois dernier, la marine américaine a annoncé qu’elle déplaçait un sous-marin armé de missiles de croisière dans le golfe Persique pour la première fois en près d’une décennie. Des bombardiers B-52 à longue portée de l’US Air Force ont effectué des patrouilles de plus de 30 heures dans la région à plusieurs reprises, depuis leurs bases aux États-Unis. Dans le même temps, l’augmentation des tirs de roquettes sur les complexes diplomatiques et militaires américains en Irak – qui auraient été menées par des groupes mandataires iraniens – a forcé l’évacuation du personnel non essentiel de plusieurs installations. Cela a conduit à une autre série de menaces et de contre-menaces de la part de responsables américains et iraniens dans les derniers jours de l’administration Trump.

Les conseillers à la sécurité nationale ont convaincu Trump de ne pas mener de frappe préventive contre les installations nucléaires iraniennes en novembre dernier, selon un rapport du New York Times, malgré les encouragements vigoureux d’Israël. Le gouvernement israélien craint que la nouvelle administration Biden n’adopte une ligne plus radoucie sur le programme nucléaire iranien. L’Iran a répondu avec colère aux contre-provocations , qui comprenaient l’ exécution en novembre 2020, l’année dernière du chef du programme scientifique nucléaire iranien, qui aurait été commis par des agents israéliens.

Le changement de cap du Nimitz au cours des cinq derniers jours a alarmé plusieurs responsables de l’OTAN qui ont exprimé à plusieurs reprises, des inquiétudes quant à ce qu’ils considèrent comme des mouvements erratiques de la sécurité nationale américaine après les élections.

« J’ai l’impression que mes briefings (avec le Pentagone) sont retardés de 24 à 48 heures », a déclaré un responsable de l’OTAN à Bruxelles, qui a demandé à ne pas être nommé en critiquant un proche allié.

« Ce que nous pensons, c’est qu’après des semaines à accumuler du matériel et des navires de guerre supplémentaires dans la région du Golfe pour faire pression sur l’Iran, le Pentagone a décidé de renvoyer les Nimitz au port, après une mission au large des côtes somaliennes dans un effort pour réduire les tensions », a déclaré le responsable. « L’OTAN a soutenu cette désescalade parce que les tensions étaient dangereusement élevées et que la puissance de feu militaire dans la région est plus que suffisante pour dissuader l’Iran. »

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi un revirement aussi immédiat, le responsable de l’OTAN a admis qu’il était trop tôt pour le dire. 


« Je suppose que j’ai besoin d’un briefing », a déclaré le responsable. « Je soupçonne qu’ils diront qu’il y avait de nouvelles informations ou une nouvelle menace et qu’il était indispensable que le Nimitz reste dans la région, mais il subsistera des soupçons qui se répandront que Trump a annulé le redéploiement en fonction de ses propres préoccupations politiques ou émotionnelles. »

Le New York Times a suggéré que Trump avait opposé son veto au redéploiement du Nimitz au motif que cela le faisait apparaître comme faible face à la menace iranienne. 

Nimitz
Le vide parmi les navires de commerce montre peut-être des bateaux civils donnant une large place à l’USS Nimitz et à son entourage. https://www.marinetraffic.com/en/ais/home/centerx:-117.3/centery:32.6/zoom:10

Un ancien responsable de la sécurité nationale américain, qui devrait rejoindre l’administration Biden et a donc demandé à ne pas être identifié, a déclaré que les précédents survols de la région par des bombardiers B-52 à longue portée – que le responsable a décrit comme n’étant pas particulièrement utiles pour les opérations défensives – pourraient avoir suffisamment enflammé les alliés régionaux pour que le Pentagone en conclut que Nimitz devait partir, et que cette décision a pu être annulé par Trump trois jours plus tard.

« Les B-52 [envoyés depuis des bases américaines] sont utiles le premier jour d’une guerre majeure car ils peuvent cibler les centres de commandement et de contrôle et les défenses anti-aériennes à distance avec des missiles de croisière », a déclaré l’ancien responsable. «C’est une menace offensive et tant qu’ils étaient au-dessus du Golfe, l’Iran aurait été convaincu d’une attaque imminente. Mais s’ils rentrent chez eux après quelques heures, le Nimitz peut rester et soutenir un éventail d’opérations beaucoup plus large. C’est une erreur opérationnelle d’avoir essayé de le renvoyer chez lui, mais peut-être que ce geste a été forcé à cause du tollé suscité par les aller-retour de B-52. Maintenant, il y a une double confusion partout. « 

L’USS Nimitz – l’un des navires de guerre les plus puissants du monde avec des dizaines d’avions d’attaque et de soutien – opérait au large de la corne de l’Afrique pour soutenir les forces américaines déployées en Somalie aussi récemment que le 28 décembre, selon la marine américaine. On pense qu’il revient à une position de patrouille dans le nord du golfe d’Oman . 


Pour sa part, l’ Iran a annoncé quelques minutes après avoir arraisonné le pétrolier sud-coréen qu’il jugeait les sanctions sud-coréennes déraisonnables et qu’il prévoyait de discuter des sanctions et du navire retenu avec le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères, qui doit se rendre en Iran cette semaine pour pourparlers. 

businessinsider.fr

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