Le Nord et/ou Gaza : pourquoi il faut d’abord s’installer en Galilée (selon Amichaï Chikli, Ministre de la Diaspora)
Le renforcement de la Galilée doit être prioritaire par rapport à celui de Gaza pour garantir la sécurité, la croissance et la résilience nationale à long terme.
Equipes de secours maîtrisant un feu de brousailles, à cause de missiles tirés depuis le Liban à l’extérieur de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, juillet 2024.
(Crédit photo : (Crédit : Service d’incendie et de secours)
Chikli monte au front (Nord)
Le ministre des Affaires de la diaspora, MK Amichai Chikli, est monté sur scène lors de la conférence sur la sécurité à Jérusalem dimanche, porteur d’une déclaration audacieuse.
« S’installer en Galilée est bien plus urgent que de s’installer à Gaza. » S’exprimant au Musée des Terres Bibliques, le député du Likoud a captivé l’auditoire avec sa vision claire de la reconstruction des communautés du nord d’Israël, soulignant les défis considérables auxquels sont confrontées les villes situées le long de la frontière libanaise.
Ses propos contrastent avec les récents appels à la réinstallation des habitants à Gaza à titre de mesure punitive, et exhortent les Israéliens à donner la priorité aux impératifs stratégiques, démographiques et économiques qui ont un impact direct sur l’avenir de la nation. Alors que les attentats du 7 octobre sont encore vivaces dans la psyché nationale, la vision pragmatique de Chikli exige toute notre attention.
Un affaiblissement qui a aiguisé les appétits prédateurs du Hezbollah
La Galilée, située le long de la frontière nord d’Israël avec le Liban, est depuis longtemps une région cruciale pour la sécurité nationale. C’est devenu encore plus évident lors de l’escalade avec le Hezbollah en octobre 2024, qui a suivi les attaques dévastatrices du Hamas contre le sud d’Israël.
Les villes frontalières comme Menara, Shtula et Avivim étaient déjà confrontées à des défis considérables avant la guerre, notamment un déclin démographique et une stagnation économique. Ces vulnérabilités se sont aggravées avec les attaques de roquettes et les infiltrations pendant le conflit, ce qui montre l’urgente nécessité de renforcer ces communautés.
Une route bloquée par le mur mène aux colonies de Haute Galilée (crédit : Gal Gabish)
La Galilée est stratégiquement vitale
Le renforcement de la Galilée ne se limite pas à la consolidation de la frontière ; il s’agit de garantir la sécurité du flanc nord d’Israël face à l’un de ses adversaires les plus redoutables, le Hezbollah, qui continue de réapprovisionner son arsenal de plus de 150 000 roquettes. Les communautés résilientes et prospères de Galilée agissent comme une zone tampon essentielle, réduisant le risque d’érosion territoriale et démographique dans cette région stratégiquement vitale.
La Galilée abrite une population mixte juive et arabe, de nombreuses régions comptant une minorité juive.
Cette réalité démographique souligne l’importance d’inciter les familles juives à s’installer dans la région, préservant ainsi la vision d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. Le rapport sur l’état de la nation 2022 du Centre Taub a souligné que les disparités économiques entre les régions centrales et périphériques d’Israël, y compris la Galilée, ont conduit à une stagnation de la croissance démographique et du développement économique.
Un plan volontariste sur le logement, l’emploi et les infrastructures essentielles en Galilée
En consacrant des ressources au développement de la Galilée, Israël peut remédier à ces disparités en offrant des incitations telles que des logements abordables, des possibilités d’emploi et des infrastructures améliorées. En revanche, la réinstallation à Gaza nécessiterait d’énormes investissements militaires et politiques, détournant des ressources des communautés existantes qui ont besoin d’aide.
Les conséquences de la guerre d’octobre 2024 offrent l’occasion de recentrer les priorités nationales. Tout comme Israël a reconstruit son économie et ses infrastructures après la deuxième guerre du Liban (2006), il doit désormais investir dans des régions comme la Galilée, qui étaient négligées avant même le récent conflit. Il ne s’agit pas seulement de redressement mais de croissance et de stabilité à long terme.
Identité, sécurité, appartenance galiléenne
Les communautés le long de la frontière libanaise étaient déjà en crise avant le 7 octobre, avec un accès limité à des soins de santé de qualité, à l’éducation et aux opportunités d’emploi. Par exemple, la population de Menara a diminué de 15 % entre 2018 et 2023, les jeunes familles étant parties en quête de meilleures perspectives. La reconstruction et la revitalisation de ces zones renforceront non seulement la frontière nord d’Israël, mais créeront également un sentiment de sécurité et d’appartenance pour les résidents. Les appels à la réinstallation de Gaza, tels que ceux lancés par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, peuvent avoir une résonance émotionnelle, mais ils privilégient le symbolisme au détriment de l’aspect pratique.
Le Negev et la Galilée sont la colonne vertébrale de l’Etat d’Israël
La réinstallation des Palestiniens à Gaza provoquerait l’indignation internationale, pourrait raviver le conflit avec le monde arabe et nécessiterait une présence militaire permanente pour la maintenir. Les ressources nécessaires à une telle entreprise seraient mieux utilisées pour répondre aux besoins concrets de la Galilée, où les efforts d’implantation s’inscrivent dans le cadre juridique et stratégique d’Israël.
L’histoire nous rappelle l’importance de se concentrer sur des objectifs pratiques et réalisables. Le succès du mouvement sioniste dans l’établissement de communautés prospères dans le Néguev et en Galilée au milieu du XXe siècle a jeté les bases de l’intégrité territoriale d’Israël.
Innovation agricole, écotourisme, High Tech, Ag Tech dynamiseront le nouveau pôle économique
Enfin, les dirigeants israéliens doivent faire de la Galilée une priorité nationale. Cela implique d’allouer des ressources importantes au développement des infrastructures, de créer des mesures incitatives pour que les jeunes familles s’installent dans la région et d’investir dans des industries qui peuvent stimuler la croissance économique. Des programmes de soutien à l’innovation agricole, à l’écotourisme et au développement de hautes technologies en Galilée peuvent transformer la région en un pôle économique dynamique.
Renforcer la Galilée n’est pas seulement une question de développement régional ; c’est un impératif national. En mettant l’accent sur cette région vitale, Israël peut construire un avenir plus solide, plus sûr et plus prospère pour tous ses citoyens. Ces mots devraient nous guider : la Galilée doit passer en premier.


