Ex-Shin Bet : malgré de bons renseignements, pas moyen de sauver tous les otages par la force

Publié par

Ancien responsable du Shin Bet : « Nous n’avons pas les moyens de sauver tous les otages par des opérations chirurgicales, malgré d’excellents renseignements »

L’ancien responsable du Shin Bet, Yossi Amrosi, de HaBithonistim, a discuté des efforts des services de renseignement pour sauver les otages dans une interview sur la Radio North 104.5FM.

Les troupes de Tsahal opèrent dans la bande de Gaza. 17 mars 2024. (Crédit photo : UNITÉ DU PORTE-PAROLE DE Tsahal)

L’ancien haut responsable du Shin Bet (Agence de sécurité israélienne), Yossi Amrosi, de l’organisation HaBithonistim (« Les sécuritaires »), lors d’une interview, a parlé, entre autres, des efforts de renseignement et de sécurité pour sauver les otages israéliens de la captivité du Hamas, dans la Bande de Gaza. 

Selon Amrosi, « Nous avons déjà engagé le contact et sauvé des otages. À mon avis, il existe des renseignements sur différents otages, mais nous n’avons pas la capacité opérationnelle pour mener à bien l’opération les concernant et de les sauver en toute sécurité. Je veux bien comprendre pourquoi nous ne sommes pas encore à Rafiah, mais il y a de très fortes probabilités pour que les otages soient à Rafiah. Où pourraient-ils être ? Nous n’occupons pas Rafiah et n’avons pas de contact avec les otages, ce qui est plus que dommange : une source de honte. Il y a trois semaines, l’armée israélienne a présenté des plans pour l’occupation. de Rafah . » [Mais la diplomatie retarde l’opération, voire réclame de ne pas la mener, donc de laisser tomber nos otages et de laisser triompher le Hamas à la Pyrrhus ?]

Le parallèle flagrant entre les guerres de 1948 et de 2024

Le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, a déclaré qu’il s’agissait d’une campagne multi-fronts. Amrosi accepte la formule et déclare : « Le chef d’état-major a déclaré que nous sommes dans une campagne multi-fronts, et cela me rappelle parfois la guerre israélo-arabe de 1948, dans laquelle sept armées différentes, dont le Liban, la Syrie, l’Irak, la Jordanie et l’Égypte, l’Arabie Saoudite, ont tenté de nous empêcher de créer un État. Nous sommes actuellement dans une campagne à multiples facettes depuis le Liban et la Syrie, et des informations ont fait état de leur intention de nous envahir depuis la Jordanie. Les plans viennent du Hamas, du Hezbollah et des Houthis, [et plus encore]. L’ensemble du système de sécurité, l’armée israélienne, le Shin Bet et la police sont prêts dans toute la mesure de leurs forces.

Qu’il n’y ait aucun sentiment que nous sommes en train de perdre ou que nous sommes en danger d’extermination ou d’anéantissement. Pas du tout. Pensez positivement, nous sommes effectivement en train de vaincre le Hamas, de traiter avec le Hezbollah pour en réduire les capacités et de gérer la situation en Judée-Samarie. Relativement parlant, la situation est « bonne » pour la période du Ramadan. »

Amrosi sur l’étendue des capacités de sécurité d’Israël

Le journaliste a ensuite interrogé Amrosi sur le système de sécurité préparant une tentative d’invasion (ou de débordement) depuis Jénine et pour savoir si le système de sécurité israélien est capable de gérer une zone aussi vaste (avec l’ensemble des autres fronts à tenir).

Il a répondu : « Évidemment, il est impossible d’atteindre une situation de zéro attaque en raison du grand nombre d’ennemis. Mais, vous voyez que la prière sur le Mont du Temple s’est terminée tranquillement. Les années précédentes, c’était l’inverse. La Porte de Damas est relativement calme, ce qui était le contraire dans le passé. Je me souviens des émeutes là-bas. Chaque nuit, les forces de sécurité font un travail énorme. Depuis le début de l’année, elles ont effectué 700 arrestations, ce qui représente un chiffre de 700 attentats potentiels déjoués. Il y a des centaines d’avertissements auxquels Tsahal et le Shin Bet sont confrontés, et la plupart des attaques sont déjouées. »

Des fidèles musulmans participent aux prières du soir « Tarawih » pendant le mois sacré musulman du Ramadan, devant le Dôme du Rocher sur le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, le 10 mars 2024. (crédit : AMMAR AWAD/REUTERS)

Des arrestations toujours plus spectaculaires

Il a en outre souligné : « Il s’agit d’une bombe à retardement. Hier, j’ai été informé dans les médias de l’arrestation d’un terroriste alors qu’il se dirigeait vers la mise à feu d’une attaque immédiate à Dheisha, à Bethléem, et de la manière dont les Mista’aravim ont sorti un terroriste d’un stand de falafels pour déjouer une attaque. Certaines attaques sont planifiées pour une semaine ou deux, et d’autres pour le lendemain matin. Les forces de sécurité arrêtent ces attaques jour et nuit. Le système de sécurité n’est pas en mesure d’atteindre zéro attaque, mais il peut contrecarrer le vaste majorité des attaques (90%). »

Concernant l’escalade au Nord, Amrosi a noté : « Cela explique ce que j’ai dit au début. La campagne est si complexe. Au Nord, la décision consiste à empêcher les fronts de s’unifier pour pouvoir mettre fin aux combats dans le Sud. Par conséquent, nous ne mettons pas tout le paquet contre le Hezbollah (pour traiter un front à la fois). »

Un commentaire

Laisser un commentaire