Bandeaux déroulants
Comme tout téléspectateur, j’ai l’habitude de passer d’une chaine d’information française à l’autre, à la quête d’une nouvelle inédite. En plus des commentaires des journalistes, j’y lis aussi en bas de leurs discours, les bandeaux déroulants qui distillent des informations en temps réel. Ces bandeaux déroulants, on les appelle aussi scroll. (faire défiler) Ils sont rédigés par un vrai journaliste qui ne dispose que de 150 signes pour dire l’essentiel des informations qu’il reçoit, notamment, de trois agences : AFP, Reuters, Associated Press, en plus des informations dites maison.
Difficile de ne pas remarquer celles qui concernent la guerre entre Israël et les terroristes du Hamas. Celui-ci est plutôt avare de chiffres. Les seuls qu’ils communiquent, ce sont ceux des victimes civiles, principalement, celles des femmes et des enfants, tués sous les bombardements de Tsahal, mais, victimes avant tout de la stratégie mortifère du Hamas. Chiffres aussi invérifiables, mais qui ne gênent pas les agences de presse et nos annonceurs qui citent le Hamas sans jamais mentionner les précautions qu’il faut prendre quand ces informations viennent d’une organisation terroriste qui joue sur les effets d’annonce et sur les réactions internationales de condamnations d’Israël. Ne pas relativiser ces sources, c’est aussi faire passer le Hamas comme une autre agence de presse plus ou moins fiable.
La normalisation du Hamas à marche forcée
En fait, agences de presse et annonceurs ne font que normaliser le Hamas. Son nom apparait en fin des bandeaux déroulants qui indiquent le plus souvent : source, Hamas. Ses chiffres qui annoncent le nombre de morts, 30 000 au 1er mars, selon le Hamas, sont bien sûr invérifiables et jamais il ne fait mention de ses terroristes éliminés par Tsahal, estimés au 2 mars à plus de 13 000, plus 10 000 blessés et donc hors de combat, sans compter les milliers de prisonniers. Ces chiffres ne sont évidemment pas mentionnés par le Hamas et son mystérieux ministre anonyme de la Santé, dont seul le ministère est cité sur les bandeaux déroulants qui indiquent : source : ministère de la Santé du Hamas.
Cerise sur le gâteau !
Le « ministère de la Santé du Hamas », que l’on pourrait appeler aussi, mystérieux ministère de la Santé du Hamas, est donc mentionné comme une source presqu’unique, en fin de bandeau déroulant, sans que cela gêne le journaliste qui relaie ces informations, qui, par exemple, pourrait simplement y ajouter un point d’interrogation. Curieux ministère qui après 149 jours de guerre (au 3 mars) serait toujours en activité. Bizarre, bizarre ? Mais où siège-t-il donc ? Dans la bande Gaza, dans un hôpital où la plupart des directeurs sont liés au Hamas, dans un trou, dans un tunnel, au Qatar, au Liban, ou en Iran ? Ou bien, n’existe-t-il tout simplement pas !? N’est-il qu’un ministère virtuel, une invention du Hamas, un nouveau subterfuge, un piège informationnel ? Alors, si quelqu’un a une idée, je suis preneur ! « Ministère de la Santé du Hamas ? » Il y a bien le Dr. Ashraf Al-Qudra, parole-parole de ce ministère fantôme dont on ne sait où il se trouve. Et puis, ce médecin est-il digne de confiance, car pour un médecin, peu lui importe la vie des civils palestiniens et encore moins le sort des otages israéliens. Bref, il n’est ni plus ni moins qu’un terroriste du Hamas en blouse blanche, comme il y a eu des médecins nazis.
Ministère de la jouissance macabre ?
Il est donc le porte-parole officiel d’un ministère de la Santé qui ne s’est jamais soucié de la santé des Gazaouis et dont son gouvernement, le Hamas, se sert plus comme boucliers humains que pour les soigner ou les protéger et dont le seul intérêt reste le comptage des morts. Trente mille ?, ai-je écrit plus haut. Ce ministère est donc plutôt celui des morts, que celui qui se préoccuperait de la santé des vivants. Et encore moins de la santé des otages israéliens, encore au nombre de 134 (au 3 mars). Les morts, il s’en félicite car ils pèsent contre Israël à l’international et les vivants, ils ne l’intéressent que pour les exposer aux soldats de Tsahal ! Et puis, dernière interrogation. Si le ministère de la Santé du Hamas a un porte-parole, qui est son ministre de la Santé ?
Je m’étonne donc chaque jour quand je lis ces bandeaux déroulants, qu’aucun journaliste ne remette en question ce qui n’est ni plus ni moins qu’une vaste entreprise de propagande terroriste qui vient d’un ministère qui peut-être n’existe pas ou même s’il existe, ne défend pas la vie de son peuple, mais glorifie sa mort. Mieux encore que ministère de la Santé du Hamas, le journaliste chargé des bandeaux déroulants, devrait titrer, d’une façon plus professionnelle : ministère des fausses informations du Hamas ou ministère de la désinformation du Hamas. Plus classique : ministère de la propagande du Hamas. Plus freudien : ministère de la pulsion de mort du Hamas, ou ministère du narcissisme de mort du Hamas ; Plus lacanien : ministère jouissif de la mort des Gazaouis et des otages israéliens et plus précisément encore : ministère de la perversion du Hamas…
Jean-Marc Alcalay
Jean-Marc Alcalay est psychologue clinicien, formé à la psychanalyse. Il vit à Dunkerque et y travaillait jusqu’ à sa retraite. Il a écrit plus de trois cents articles.
Il a écrit un premier livre sur les liens qu’avait André Malraux avec Dunkerque : André Malraux et Dunkerque, une filiation (Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie,1996), puis en 2007, La plume et le fusil (Ysec Éditions) toujours Dunkerque, la guerre, les écrivains, puis encore en 2012, à propos d’un autre écrivain qui lui tient à cœur, Marguerite Duras, publié à Jérusalem, en français, où il a fait deux conférences. Son titre : MD la juive, les écritures juives de Marguerite Duras, diffusé en France et publié aux Éditions Elkana en 2012. Son quatrième livre, intitulé Lé-haim, A la vie, Israël 1948, est paru en septembre 2014 aux Éditons Ysec. Un cinquième livre publié en 2021 ( א Éditions- diffusé sur Amazon) intitulé : Histoire des combattants juifs de la Brigade Blindée Indépendante Tchécoslovaque, Dunkerque 1944-1945, puis a coordonné l’édition en 2023 d’un livre collectif sur le sculpteur Herzi, intitulé : Herzi, Chrysalides des ombres/sculpter un Mémorial de la Shoah, Collection Molda, Éditions Jacques Flament.



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