L’Alya francophone, par Maayan et Sylvain Zerbib, de GoGalil Karmiel

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Maayan et Sylvain Zerbib, de l’Association GoGalil Karmiel, nous parlent de l’Alya francophone

Go-Galil Karmiel, invité spécial de la Journée de l’Alya à la Knesset (12/10/21) !

Maayan et Sylvain Zerbib, de l’Association GoGalil Karmiel, nous présentent leur Association, sa mission, et ce qui les a poussés à répondre à l’invitation de la Knesset pour cette journée de l’Alya, le mardi 12 octobre 2021.

  1. La Journée de l’Alya (12/10/21)

Marc Brzustowski : Bonjour Maayan et Sylvain, pouvez-vous nous dire quand et comment s’est constituée votre association GoGalil- Karmiel ? Pourquoi vous y êtes-vous autant investis ?

Je commencerais notre discussion en remerciant . Edva LESELBAUM , Tsipora AFALOU, Lior BELULIS, Judah AVENRAIM, Benjamin DAVID et Sarah ELMALEH qui nous ont aidé à monter notre association (site : ) go-galil.com.

Cela fait près de trois ans que nous faisons la promotion de l’Alya à Karmiel, soutenus financièrement par une association de sionistes religieux Miberechit.

 

Arrivés en 2015 à Haïfa où nous avons passé deux ans , nous nous sommes mis en recherche d’une ville plus petite et plus calme, où nous pourrions faire grandir nos filles âgées alors de deux à quinze ans. Nous voulions rester dans le Nord et voulions nous rapprocher au plus près de la nature. Après quelques recherches nous avons visité la ville une journée, les filles sont rentrées unanimes : « c’est ici qu’on veut habiter ! »

L’accueil que l’on nous a fait, tant au niveau associatif, communautaire que sur le plan du voisinage nous a profondément touchés. Après deux ans nous nous sommes dits qu’on ne pouvait pas toujours recevoir et que nous devions aussi apporter à notre ville.

Nous nous sommes demandés comment il était possible qu’une ville aussi verte, développée par et pour l’Alya, située à 30 minutes de la métropole de Haïfa pouvait rester quasi inconnue du public francophone.

L’idée d’une action immédiate nous est venue, nous avons commencé à publier le plus massivement possible sur les réseaux sociaux, puis nous avons monté un groupe What’s app afin de réunir et de faire partager l’expérience de Olims déjà installés à Karmiel avec les candidats à l’Alya, de fil en aiguille nous avons commencé à aider les gens à s’installer, nous avons constitué un réseau local et pris contact avec les différentes communautés de la ville, des associations et toute personne pouvant aider les Olims à  s’installer, nous avons créé notre site go-galil.com.

 

C’est un bel outil pour informer les personnes intéressées par l’Alya à Karmiel et avons émis l’idée d’un groupe solidaire de Olims, ouvert à tous, sans limite de temps.

Nous sommes étroitement liés avec les deux grandes Garin (association) de la ville qui soutiennent notre projet.

Elles nous aident en hébreu mais relayées par nos soins en français pour répondre au besoin d’accompagnement de familles, dont on a tous besoin quand on s’installe en Israël.

Et voilà, aujourd’hui, nous avons officialisé, si on peut le dire, en créant une association qui a pour but d’aider les Olims francophones dans tous les domaines de l’Alya, de la préparation à la recherche de logements, écoles, emplois, formation… C’est un nouvel outil, nous espérons qu’il nous aidera à réaliser les projets de notre Garin (association) qui sont, vous l’avez compris, ambitieux.

M.B.: Qui est à l’initiative de la Journée de l’Alya du 12 octobre (députés, gouvernements, promoteurs de l’Alya ?)

Le député Yomtov Kalfon qui a tout mis en place avec les différents ministres qui sont venus parler et écouter les problèmes mais aussi la force des Olims francophones comme Pnina Tamao Itamar Ben Gvir ou Shirly Pinto.

  • Qu’est-ce que vous en attendiez avant de vous y rendre ? A-t-elle répondu à vos attentes ou n’est-ce qu’une entrée en matière ?

Notre association est née de l’idée de mon mari, avec le soutien de Sephy Hoter, Directeur de MIBERCHIT( Association juive sioniste de Karmiel). Donc la réponse à nos attentes serait simple et sans ambages : Israël dispose de fonds suffisants pour accueillir l’Alya francophone comme il se doit.

Il faudrait débloquer ces forces pour qu’elles atteignent les candidats à l’Alya, ici, sur le terrain.

Nous voyons, bien sûr, cette invitation comme une ouverture positive, nous nous sommes sentis écoutés, et attendons que le député francophone Kalfon nous aide à construire une communauté Francophone dans notre ville de Karmiel.

Mais cela, nous ne le saurons que dans quelques mois, wait and see, nous vous donnerons des nouvelles avec l’aide de Hashem.

  • Quelles sont les rencontres politiques, institutions qui vous semblent avoir été les plus favorables et pourquoi ?

Nous attendons l’ouverture des esprits et que ceux qui ont le pouvoir comprennent que le secteur de la Galilée doit être ouvert à une Alya de qualité comme les Olims de France, ce qu’ont très bien compris le maire de NOF HAGALIL et NAHARIYA .

  • Sentez-vous une réelle volonté de faire progresser l’Alya des Juifs francophones (Fr, Belgique, Suisse, etc., Canada ?), et si Oui, depuis quand ?

Pas vraiment, car les problèmes seraient vite réglés si :

Si on mettait des professionnels au Global Center (de l’Agence Juive) avec une formation administrative et juridique basique, car alors ce serait un emploi réel, avec carrières et débouchés, bref ce ne serait plus le job pour des jeunes après l’armée.

Si les diplômes du BEP au Master étaient expliqués aux Ministres de l’Emploi ici en Israël et si le dossier pour obtenir les équivalences était passé dans le pays de départ, puis validé en même temps que le dossier d’Alya.

S’il existait une évaluation des besoins des personnes handicapées, médicaments et traitements compris, afin de permettre une Alya respectueuse, comme celle offerte aux victimes de Tchernobyl, car même si non juives, ces personnes sont soignées, accompagnées et prises en charge par l’Etat d’Israël.

Enfin, il faudrait une information complète des villes qui accueillent des Olims hors centre mais en Galilée et Néguev, ne l’oublions pas, ce sont aussi aux Olims de développer leur nouveau pays.

Il y a, ici à Karmiel, tous les éléments disponibles à une intégration réussie. Donc nous n’attendons pas l’aval des personnes qui ont le pouvoir, car ce serait une perte d’énergie et de temps, donc :

Eretz Heroutenou, la Terre de notre Libération, c’est ainsi qu’est appelée Israël et c’est ainsi que nous concevons notre pays : il faut apprendre à se mobiliser et à frapper inlassablement aux portes des responsables de l’Alya.

Nous, Juifs, sommes donc tous potentiellement Israéliens : c’est le fondement de notre initiative qui est basée sur l’entraide et la solidarité entre Olim, les façons de vivre que nous avons apprises grâce à nos années passées au kibboutz, à l’armée,  surtout avec les communautés de Juifs religieux sionistes basées sur le hessed (la bonté) et la justice,  ici, en Israël. Nous devons nous saisir de nos droits à revenir sur notre terre.

Nous sommes au tout début de la réalisation de nos projets et la route est encore longue. Maintenant nous pensons que les initiatives doivent venir de la base, du terrain et être appuyées par les structures associatives et étatiques, pour que l’Alya des Juifs francophones ait lieu, c’est une révolution que nous devrions accomplir dans nos façons de penser et d’agir, il faut imposer le fait accompli en quelque sorte, et réclamer la part des budgets attribués à l’Alya, qui circule souvent dans des tuyaux percés.

On peut tout de même constater que ces dernières années, les Olims francophones se sont saisis de cette problématique et ont commencé à se créer des outils et à faire du lobbying. Les structures comme Qualita, qui a accompli un énorme travail de lobbying et de rassemblement, l’élection de Olims francophones à la Knesset, la création de dizaines d’associations sont des signes qui ne trompent pas. Il y a un vrai réveil, les Olims francophones ont décidé de ne plus être passifs et attentistes, nous commençons à nous mobiliser de manière affirmée, on sait que la France est le plus grand bassin d’Alya potentielle de cette décennie et nous sommes décidés à tout faire pour que, cette fois-ci, la grande vague ait lieu.

  • S’agit-il d’un rééquilibrage, alors que d’autres Alyot (on pense aux Russophones, demain peut-être les Anglo-Saxons) ont reçu de sérieux coups de pouce (années 90…)

C’est un fait, Israël a vu sa population juive augmenter de 20 % en une décennie, 800 000 Juifs venus de l’ex URSS ! Cela ne s’est pas fait tout seul, ne l’oublions pas, et nombreuses ont été et sont les difficultés à leur intégration. Il faut savoir que les budgets d’Alya se font au prorata du nombre d’arrivées : on ne peut pas comparer une Alya de 3 à 10 000 personnes par an, aux quelque 100 000 Russophones qui arrivaient chaque année jusqu’aux années 2000. Le potentiel de l’Alya de France est de plus d’un million de personnes, quelque 200 000 personnes ont montré de l’intérêt pour l’Alya, oui nous voudrions que les efforts budgétaires suivent proportionnellement au potentiel de l’Alya, ni plus ni moins que ce qui est attribué aux autres, je pense qu’on est encore loin du compte, pour cela nous devons nous mobiliser, et surtout monter en Eretz Israël !

  • On parle d’une impulsion qui viendrait de haut ; on dit que l’Alya de France est aussi devenue une question électorale : pour qui, pourquoi ? (Présence de porte-parole francophones dans beaucoup de formations : Khalfon-Yamina, Rafowicz -Yisrael-Beitenu, Benji Lashkar-Likoud…)

On parle peu du fait que c’est la mission de l’Etat d’aider et d’encourager les Olims à s’installer. C’est vrai, la question de l’Alya francophone est de plus en plus évoquée et mise en lumière. Nous croyons en la démocratie Israélienne, aussi imparfaite qu’elle soit. Nous croyons en l’avenir de notre peuple sur sa terre, nous croyons surtout en nos initiatives personnelles, associatives et communautaires. Nous avons pris possession de notre terre en tant que tribus, il est grand temps que notre tribu francophone se fasse entendre et réclame ses droits. C’est, nous l’espérons, ce qui est en train de se produire.

  • En quoi des personnalités-ressources et organisations se sont-elles engagées à vous aider concrètement sur le terrain (Pnina Tamano- Shata, Qualita-Cathy Choukroun…)?

Cathy Choukroun est une présentatrice de haute qualité et porteuse de valeurs extraordinaires, il est certain que nous nous sommes toujours bienvenus chez elle et c’est vraiment agréable d’être à ses côtés, mais c’est Ariel Kandel, Directeur Général qui, lui, soutient l’Alya Francophone.

Pnina Tamano est une femme qui connaît la difficulté d’être Ola , de soutenir sa famille en n’étant qu’une adolescente, de voir ses parents galérer, car ils n’avaient pas un bon niveau d’hébreu, d’être une enfant pauvre, mais, à force de travail et d’espoir, elle est a gagné sa place.

Oui les choses ont changé depuis sa nomination, une ouverture vers une Alya d’êtres humains religieux ou non , diplômés ou non, mais Juifs qui pour beaucoup éduqueront leurs enfants dans l’amour de notre pays, pays qu’ils serviront à leur tour.  C’est eux qu’Israël doit aller chercher, c’est eux que go-galil veut soutenir et aider à retrouver leurs racines ici à Karmiel, et non   pas une minorité de personnes riches qui vont acheter des villas et faire une Alya Boeing et ne s’interrogeront pas vraiment sur Israël, ces familles dont les enfants retourneront en France à la moindre frustration.

  1. Karmiel et environs, ville pionnière pour l’Alyah de France
  • Quel est le projet de développement auquel s’attache votre association ?

Notre projet est de mettre en lumière Karmiel et la Galilée occidentale, région peu connue du public francophone, d’aider à l’installation de Olims, ici pour l’instant et, plus tard, dans les villes et villages qui nous entourent, de créer un réseau le plus important possible pour permettre l’intégration. Nous voulons faire découvrir les atouts de notre région et l’inscrire solidement dans le paysage de l’Alya francophone. Nous avons la chance de voir de nos yeux le retour du peuple juif sur sa terre, nous voulons y participer. Ne perdons pas de vue que nous ne sommes pas encore majoritaires en Galilée occidentale (600.000 Juifs pour 700.000 Arabes), l’Alya francophone peut donc apporter beaucoup à notre souveraineté en ce sens : elle devrait être un objectif national.

  • Pourquoi, selon vous, cette ville et cet environnement sont-ils réellement favorables à une Alya de France importante dans les années à venir ?

Karmiel a été primée à plusieurs reprises pour la qualité de l’accueil de ses Olims, la ville dispose d’une grande expérience et de tous les outils nécessaires à cette tâche. De plus le développement d’infrastructures majeures telles que l’arrivée du train, la prolongation de l’autoroute 6 vers le Nord, véritable colonne vertébrale, ont permis en quelques années de désenclaver totalement la ville.

A une demi-heure de la métropole de Haïfa, au large de laquelle les plus importantes découvertes de gaz ont eu lieu, tout cela nous encourage à penser que cette région est en plein boom, alors que les prix de l’immobilier restent raisonnables en comparaison de ceux du centre. Une ville pleine de parcs, d’espaces verts et de loisirs, qui devrait doubler de taille et dépasser les 100 000 habitants dans les prochaines décennies, voilà qui devrait faire réfléchir tous ceux qui sont en projet d’Alya !

  • Qu’est-ce qui est entrepris par les institutions locales pour faire venir les nouveaux immigrants (Olim Hadachim) ?

Nous disposons sur place d’Officines de tous les Ministères, d’un Centre d’intégration  (merkaz klita ) et de Classes d’Oulpan, le tissu associatif est dense et complet, plus particulièrement en ce qui concerne l’intégration de Olims, l’aide à la recherche d’emploi, la création d’entreprises, le soutien scOlaire, l’assistance sociale et psychologique, les loisirs et activités, et enfin tout ce qu’une ville de 50 000 habitants peut offrir en termes d’activités sportives et de divertissement. Une équipe de la mairie se charge de l’arrivée des Olims et de leur inscription à tous les corps administratifs, banque, écoles, des logements sont même proposés pour quelques semaines afin de laisser le temps de prospecter et de se trouver une location convenable. Nous voudrions qu’à cela s’ajoute au moins un conseiller francophone, cela dépendra du nombre d’Olims qui nous rejoindront.

  • Peut-elle aussi accueillir des entreprises (grandes et petites) susceptibles de relever le défi du développement, de créer du travail et de la richesse ? (Zones Franches, suspension de taxes…)

Karmiel dispose d’une importante zone industrielle et chalande, deux zones industrielles de premier plan se situent à moins de 10 kilomètres, Teffen et Bar Lev, Haïfa et surtout les Krayot sont un très grand bassin d’emploi également. La localisation de la ville, au centre ouest de la Galilée, permet de profiter de toutes ces opportunités et cela à moins de 30 minutes de tous moyens de transport en général.

  • Si on regarde la carte, la côte et les grands centres (surtout la Grande agglomération de Tel Aviv, Jérusalem et les implantations) se sont développés de façon exponentielle. Mais le Nord (Galilée) et le Sud (Néguev) sont, dans les premières années de l’Etat, restés en friche. Pourtant la volonté existait, depuis le début (Ben Gourion), d’en faire un petit paradis.

Haïfa a failli être le siège du Gouvernement à la création de l’Etat. En Galilée, l’accent a été mis sur l’agriculture, les premiers kibboutzim et moshavim y ont vu le jour, Hadera, où commence la grande conurbation du centre littoral , fait partie du district de Haïfa.

La Galilée occidentale et littorale est en passe d’intégrer cette vaste zone côtière.

L’intérêt de vivre ici à Karmiel est de profiter de cette proximité, tout en vivant dans un cadre moins dense et moins étouffant, à côté des montagnes et des garrigues. C’est un compromis parfait entre la ville et la campagne, inscrit dans le plan-même de développement de la ville, qui s’étire le long d’un axe Est-Ouest le long de la vallée de Bet Kerem.

  • Qu’est-ce qui change actuellement pour que ce rêve devienne réalité ? (Est-ce aussi la poussée démographique et la saturation ailleurs ?)

Le rapport coût/ qualité de vie est parmi les meilleurs du pays. Aujourd’hui, nous sommes à deux heures de Jérusalem en train, une heure trente de Tel-Aviv et 40 minutes de Haïfa. En dix ans, ces temps de trajet ont été réduits de moitié !

La crise du Covid a permis un développement du télétravail, de plus en plus de personnes s’installent ici et se rendent deux à trois fois par semaine à leur lieu de travail.

De plus, le hight tech est ici bien installé et ce de longue date : Elbit, Rafael, Google, le Technion ainsi qu’une myriade de petites entreprises prospèrent autour de ces grands noms qui font partie de notre paysage, au même titre que nos oliveraies, nos montagnes, et tout le patrimoine historique et spirituel de la Galilée.

  • Quelles sont les facilités déjà disponibles (transport, commerces, industries, crèches, logement…) et les principaux objectifs à atteindre dans les prochaines années ?
  •  

Tout ce que vous citez est déjà sur place. La ligne de train Haïfa-Karmiel doit se prolonger jusqu’aux alentours de Safed, pour atteindre finalement Kiryat Chemouna, l’autoroute Six,  aujourd’hui à 15 minutes de route, devrait arriver cette année à 8 km de la ville, puis atteindre Shlomi, près de la frontière Libanaise , dans les années suivantes.

Près de la gare de train, à Karmiel, un grand complexe de bureaux et d’affaires est en construction, la ville ayant décidé, à l’exemple de ce qui s’est passé à Yokneam Illit, de faire coïncider l’arrivée du kvish 6 (autoroute) avec l’installation de nombreuses entreprises de hight tech.

  • Quels sont les principaux groupes, les principales communautés (Russophones, éthiopiennes ?) présentes ici et quelle est la place des Francophones ces dernières années ?

Karmiel a vu le jour dans les années 50, l’idée était alors d’installer une population juive entre deux poches de population arabe : Sahnin au Sud et les villages de Deir el Assad et Nahef au Nord.

Les premiers habitants étaient des tsabahim (nés en Israël) ainsi que des Olims originaires de pays variés de Roumanie, du Maroc, d’Irak, de Tunisie par exemple. La population a crû lentement pour dépasser la quinzaine de milliers d’habitants dans les années 90, la vague d’Alya de l’ex-URSS a permis de doubler quasiment la population en une décennie. A côté de cela et peut être pour rééquilibrer en quelque sorte la proportion de russophones, la ville est devenue une des principales destinations de l’Alya argentine et Sud-Américaine. Nous comptons également des communautés aussi diverses que les bnei Menashe d’Inde, des Ethiopiens, des Juifs indiens de Bombay, des Anglophones et environ 200 Français, les francophones sont plus nombreux, originaires d’Afrique du Nord ou de pays où l’Alliance enseignait, ils sont souvent âgés, mais tout ceci est en passe de changer beezrat Hashem…

  • Quelles sont les proportions de population juive et arabe, ainsi que les autres groupes présents (Druzes du GOlan, Circassiens, etc.) dans la région et dans les villes ?

Karmiel n’est pas une ville mixte, il y a quelques familles arabes fraîchement installées, surtout dans les nouveaux quartiers, maintenant la ville s’étend entre deux importantes poches de population arabes, ce qui a donné jour à un compromis assez original : la zone industrielle et chalande a été bâtie sur des terres cédées par le village de Nahef, en contrepartie de quoi la ville sert de centre économique et administratif aux villages voisins. Compromis qui fonctionne très bien, beaucoup de nos voisins arabes travaillent et profitent des facilités de la ville, ils sont également partie prenante de l’économie Karmielie, l’ambiance est plutôt apaisée, on vit une paix économique…

  • MB : Deux phénomènes qui ont surpris ces derniers mois :

a) une « insurrection » formée de gangs arabes au mois de mai dernier, qui ont relayé les tirs de missiles du Hamas (Akko, Lod, Ramle, Yafo…)

Nous n’avons que peu ressenti ces troubles sur place, après quelques jets de pierre et un départ ( mineur ) d’incendie de forêt sur la route nationale, le mot a circulé sur les réseaux sociaux de ne plus employer aucun résident des villages jusqu’à nouvel ordre… Le lendemain,  des villageois distribuaient des fleurs au carrefour de Misgav , non loin de la ville… Ce ne sont pas des gangs, ce sont des tribus  : si les anciens sentent que l’économie des leurs est en danger,  ils savent mettre le holà.

C’est la différence qu’il y a avec les villes mixtes ou l’on trouve beaucoup d’éléments qui ont fui la rigidité de l’ordre tribal, et se retrouvent souvent par petits groupes autour de trafics en tout genre, là, comme en Europe on peut parler de gangs.

La culture et le dialecte arabes se rapprochent ici plutôt de la Syrie et du Liban, plus éloignés des territoires contrôlés par l’AP et très différents de ceux des bédouins du Néguev. Parmi une majorité de musulmans, il y a de fortes minorités de chrétiens et de Druzes.

b) Parallèlement, une entrée, qui pose question, d’un parti arabe (Raam : Bédouins du Néguev essentiellement ?) au sein de la coalition mais à l’extérieur du gouvernement, pour lui permettre d’exister et qui demande une contrepartie.

Nous sommes là pour aider et encourager l’Alya, par-delà les courants politiques. Maintenant, il est évident que tant que nous restons en partie dispersés aux quatre coins du monde, nous serons doublement pénalisés, de moins en moins capables de nous organiser et de nous défendre en Galout, et moins forts et souverains chez nous… Voilà l’un des moteurs de notre initiative.

  • Comment cette cohabitation est-elle perçue pour l’avenir (obstacle/opportunité)?

Les avis divergent sur place, en effet beaucoup de gens pensaient que le pays avait besoin de changement de gouvernance, et en même temps très peu voient d’un bon œil la manière dont ces élections se sont déroulées, les dévoiements de promesses électorales et surtout l’arrivée des fréristes (Frères musulmans = Raam) dans la coalition…

  • Que souhaitez-vous ajouter ?

Nous avons le sentiment , ici à Karmiel, de participer à la renaissance du pays après un long sommeil. Nous avons, il y a peu, fêté les 70 ans de l’Etat d’Israël, libre et indépendant parmi les Nations, avec ses qualités et ses défauts bien sûr, un pays debout, autonome, plus vivant et fort que jamais depuis l’époque de la dynastie Davidique. Ce pays aussi fragile et imparfait qu’il paraît est notre seul héritage en tant que Nation, ici et partout où nous sommes dispersés, son devenir devrait être hissé au-dessus de toute préoccupation.

Qu’en sera-t-il dans 70 ans ? De quel Etat hériteront nos enfants ? C’est aujourd’hui même que cela se décide. Cela dépend de nous-mêmes et de personne d’autre.

Nous devons, pour devenir de véritables Bnei Israël, nous saisir de cette opportunité historique de revenir sur notre terre. Opérons le changement d’abord dans nos têtes, c’est chacun de nous qui, dès aujourd’hui, décide de ce que sera la politique d’Alya du gouvernement. Ici on peut voter, réellement selon les préceptes de nos pères, comme Avraham Avinou, arrachons-nous de la terre où nous avons été semés, votons avec nos pieds, saisissons-nous de ce droit divin que nos ancêtres, pendant des millénaires, ne pouvaient même pas appréhender.

Je prépare mon Alya, nous plions bagages et revenons en Eretz Israël, et quoi qu’il advienne, nous ne retournerons pas en arrière, en Exil. Cela paraît un peu fou, très risqué, mais des dizaines de milliers de Juifs sautent le pas chaque année.

Nous sommes là modestement pour vous accompagner, vous aider à réaliser ce projet un peu fou. Nous ne vous promettons pas la tranquillité, des épreuves et des désillusions, c’est certain vous en aurez, mais comptez sur nous ici à Karmiel, ici en Galilée, où les derniers israélites s’étaient réfugiés avant l’annihilation de notre souveraineté en Erets, nous nous tiendrons à vos côtés pour votre retour, le retour à vous-même, leh Leha… el haaretz acher Areka. [« Pars pour toi ou Pars vers toi, de ton pays, de ta ville natale et de la maison de ton père vers le pays que Je te montrerai, littéralement que Je te ferai voir, en hébreu « acher aréka ».]

Maayan et Sylvain, on reste en contact. Je vous remercie pour votre initiation à cette magnifique région de Karmiel et à ses nombreux atouts.

(Pardon pour les fautes de frappe et d’orthographe, même notre clavier est israélien !) Et merci pour ta précieuse aide, Chabbat Chalom Oumevorah)

A très bientôt !

© Marc Brzustowski

Maayan et Sylvain Zerbib, de l’Association GoGalil Karmiel, nous parlent de l’Alya francophone

3 commentaires

    1. Ils ont également un fil What’s app pour prendre de l’info directe selon les besoins, au jour le jour…

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