Nouvelle année, nouveaux espoirs ?  Michèle Mazel

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L’année 5781 qui s’achève avait commencé sous d’heureux auspices ; signés le 13 aout 2020, les accords d’Abraham avaient fait voler en éclats le dogme qui faisait de la solution du problème palestinien un préalable à tout rapprochement entre Israël est les pays arabes.

 

Un préalable qui hypothéquait depuis des dizaines d’années toute avancée vers la paix. L’Union européenne avait eu du mal à cacher sa réprobation ; les dirigeants de Ramallah avaient eu beau ressortir des menaces éculées, les portes de l’enfer ne s’étaient pas ouvertes.

Il y a aujourd’hui des représentations israéliennes à Abu Dhabi, à Manama et même à Rabat au Maroc.  Le volume des échanges commerciaux engendrés par les accords se chiffre en milliards de dollars et ne semble pas affecté par la pandémie qui a sévèrement restreint le nombre de vols quotidiens entre les nouvelles destinations si prisées par les Israéliens.

 

D’ailleurs la politique de vaccination de masse entreprise en Israël en décembre dernier commence à porter ses fruits et le nombre de malades gravement atteint est en baisse.

 

 Un succès remporté après des mois difficiles et un prix humain élevé. Le pays a connu une instabilité politique sans précédents que le Hamas a tiré à profit pour provoquer une nouvelle confrontation.

 

Rockets fired towards Israel from Gaza City, controlled by the Palestinian Islamist movement Hamas, are intercepted by Israel’s Iron Dome Aerial Defence System on May 10, 2021. (Photo by MAHMUD HAMS / AFP)

Elle a tourné au désastre pour lui. Certes, durant les combats des extrémistes arabes ont tenté de fomenter des troubles dans les villes dites mixtes, mais leurs excès n’ont pas été suivis par la grande majorité des habitants de ces villes.

Plus surprenant sans doute, ni la confrontation armée avec le Hamas ni ces troubles, n’ont empêché la formation d’une coalition gouvernementale à laquelle participe pour la première fois dans l’histoire d’Israël un parti arabe. Le parti « Ra’am » – La Liste Arabe Unie- proche de la mouvance des Frères Musulmans, s’appuie sur un électorat religieux et conservateur qui soutient la cause palestinienne ; il compte de nombreux partisans parmi les Bédouins du Néguev.

 

Un de ses responsables déclarait encore en avril que la charte du parti voyait dans le sionisme un « projet raciste et d’occupation .»  Son ralliement ne signifie certes pas un changement fondamental, mais plutôt la prise de conscience que c’est en participant au gouvernement qu’il va pouvoir promouvoir des projets et des lois répondant aux besoins de la communauté arabe.

 

Les optimistes veulent voir là un premier pas vers une meilleure intégration des Arabes israéliens. Justement c’est une image inoubliable que viennent de nous offrir les Jeux Paralympiques qui viennent de Tokyo.

Iyad Shalabi

Celle de Iyad Shalabi, un arabe israélien paralysé des membres inférieurs, qui a remporté deux médailles d’or en natation et qui a pris par deux fois place  sur la plus haute marche du podium sous le drapeau israélien tandis que résonnait  « Hatikvah » l’hymne national.

Mark Malyar

Certes, la modeste moisson de médailles – neuf dont deux autres en or grâce à l’exploit d’un autre nageur, Mark Malyar, atteint de paralysie cérébrale, est loin des résultats atteints il y a un demi-siècle. Ainsi en 1969 Israël avait remporté un total de 69 médailles dont 40 en or. Seulement, il s’agissait alors de vétérans rendus infirmes par les guerres. Il n’y en a plus guère aujourd’hui et c’est une autre raison de rendre grâce à l’aube de la nouvelle année.

Par Michèle Mazel

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