Coalition : toutes les nuances, du bleu de l’espoir au gris méfiant et au vert de colère

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Chroniques de crise politico-électorale durable et commentaire (à chaud) sur une réussite du verre à moitié-plein,

(si cette ébauche de gouvernement devait passer la censure de la Knesset, le 14 juin et que Nir Orbach de Yamina acceptait de jouer la 61ème roue du carosse…. )

C’est aussi cela une démocratie : une attente de « renouveau » (appelée ici révolte des Dauphins) soumise à forte pression oppositionnelle. Netanyahu, même s’il n’aime pas « perdre », reste le politique le plus expérimenté de toute l’histoire d’Israël. On peut s’attendre à ce qu’il redouble d’énergie, à la barre de la Knesset face aux décideurs du nouveau gouvernement (si et quand il était nommé le 14 juin). Les nouveaux élus n’auront pas le choix que de s’entendre et de prouver, sur chaque dossier, qu’ils font de « leur mieux » pour surmonter les crises à répétition. Sans quoi, face à un tel stratège, cette coalition fragile sur le plan idéologique sera renversée d’ici deux ans et les fameuses cinquièmes élections surviendront après une alternance en demi-teinte. Néanmoins, la crise politico-électorale ne serait alors pas résolue.

La gauche comprend qu’elle ne peut plus avoir d’autre destin national que de venir compléter un panel du centre, mais surtout, fortement mâtiné de droitistes, il y a encore peu située à la droite du Likoud, qu’il s’agisse de Saar ou de Yamina.

Dire qu’ils se seraient « vendus à la gauche » est relativement peu crédible dans l’équilibre de ces forces (nous parlons de courants idéologiques, non de représentativité en sièges, qui s’étiolent avec les tensions internes engendrées), puisqu’ils contrôlent beaucoup d’issues majeures (police, justice, office du premier ministrable).

Il a été clair durant les tractations que Yamina conservait la main sur la distribution des cartes (épisode du débat sur le comité de nomination des Juges, crucial sur le plan idéologique et décrit comme « élevant le débat », au-delà des sempiternelles disputes d’egos en lutte des places permanente).

Avec le départ du Likoud de Gideon Saar et de quelques pointures dont Zeev Elkin, y avait-il une autre alternative crédible pour « gouverner quand même », et budgétiser? Ce qui est essentiel pour l’économie, la relance post-Covid et le budget militaire face à l’Iran et au Hamas. Lapid aux affaires étrangères et le nouveau Président Itzhak Herzog conservent des entrées chez les centristes du Parti Démocrate américain, ainsi qu’auprès des obédiences religieuses américaines (conservatives, etc). Ils pourraient atténuer des angles plus acérés, neutraliser en souplesse la Squad, lobby pro-Hamas et BDS au sein du Congrès (Gantz versus Pentagone) sans céder (grâce à Bennett?) aux pressions, tant que Mahmoud Abbas reste aussi affaibli qu’il l’est face au Hamas, sur la scène palestinienne et que le risque de durcissement du dossier iranien reste à l’ordre du jour (élection probable des plus radicaux).

Sans la nommer officiellement ainsi, il y a aussi une situation « d’urgence nationale », même si le pays a les reins solides. Les fractures ethno-sociales sont patentes, après la dernière crise civile et militaire : un renforcement, voire une réforme de la police, contenant tout risque de nouveau débordement de ce type dans les villes mixtes et surtout à Jérusalem, neutralisant les plus forcenés, démantelant les réseaux d’influence islamiste et mafieux, est indispensable : Ayelet Shaked devrait exceller à l’intérieur, comme elle l’a déjà fait à la Justice. Saar à la Justice devra se montrer d’une fermeté exemplaire, tout en laissant une marge au plaidoyer « social » de ses nouveaux alliés.

Les partis arabes n’ont pas participé à la curée, et ont parfois tenté de calmer le jeu. Leur concours externe peut aider à ramener le calme, car il n’est pas dans leur intérêt que l’Etat, pour des raisons de sécurité, soit contraint d’expulser vers Gaza les plus remuants… Rappelons que Lieberman milite depuis des décennies pour des « échanges de territoires » à majorité arabe avec Ramallah, comme le fameux triangle d’Umm al-Fahm, qui fait partie des zones brûlantes, contre la reconnaissance des blocs d’implantation juive (vers une souveraineté ultérieure?) … Et comme c’est un gouvernement « de gauche », il aurait moins de mal, sur le plan international, à renvoyer les Arabes mécontents entre les bras d’Abu Mazen. Dans un tel cas, même Itamar Ben Gvir a un rôle d’épouvantail à jouer, dans le rôle du « retenez-moi, sinon je fais un malheur« …

Quoi qu’on pense, on ne peut nier la crise de leadership qui règne à droite, son absence d’espace pour l’expression d’une diversité et d’aspirations qui ne soit pas sous la férule d’une personnalité centrale devenue « l’empêcheur d’évoluer vers le haut« , pour beaucoup d’aspirants-chefs dans un pays qui en comptent 9 millions.

La révolte des dauphins, perceptible depuis 2015, a pris le dessus, pour le meilleur et pour le pire… Le pays se contentera t-il de cet équilibre instable dans lequel il s’est mis lui-même, alors que le Premier Ministre sortant est allé tenter de recruter un certain Mansour Abbas pour s’assurer lui-même d’une division interne au sein de la « Liste Arabe Unifiée », ou qu’il n’est pas parvenu à faire « respecter la discipline du parti » à un second rôle qui exigeait plus de reconnaissance?

Marc Brzustowski

De l’espoir au désespoir : les Israéliens réagissent à la nouvelle coalition anti-Netanyahu

Yaalon dit que le gouvernement remettra le pays sur les rails tandis que Ben-Gvir met en garde contre le sang sur les mains des nouveaux membres (Ra’am).

Par La rédaction du JÉRUSALEM Post   3 JUIN 2021 06:28

   

Le premier ministre présumé entrant Naftali Bennett et le chef de Yesh Atid Yair Lapid sont photographiés ensemble à l'hôtel Kfar Maccabiah à Ramat Gan après avoir annoncé la formation d'une nouvelle coalition, le 3 juin 2021. (Crédit photo : AVEC L'AUTORISATION DE YESH ATID)

Le premier ministre présumé entrant Naftali Bennett et le chef de Yesh Atid Yair Lapid sont photographiés ensemble à l’hôtel Kfar Maccabiah à Ramat Gan après avoir annoncé la formation d’une nouvelle coalition, le 3 juin 2021.(Crédit photo : AVEC L’AUTORISATION DE YESH ATID)

Des manifestants anti-Netanyahu rassemblés devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem ont célébré l’annonce de la nouvelle coalition du bloc du changement tard mercredi soir, agitant des drapeaux et chantant, comme on le voit lors de la célébration de cette « victoire », le jour du propre anniversaire de la militante Or-ly Barlev.
« Quand le personnel rencontre le national. Je n’aurais pas pu souhaiter un plus gros cadeau d’anniversaire », a tweeté Barlev. 

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Or-ly Barlev ~ אור-לי ברלב@orlybarlev·כשהאישי פוגש את הלאומי. לא יכולתי לייחל למתנת יומולדת גדולה יותר מ »עלה בידי », עלה בידנו. הלייב שהעברתי מרגע שבו הוכרז « עלה בידי », כשהיינו לצידי כמה עשרות חברים ממחאת בלפור, שהגיעו בסה »כ לחגוג איתי רגע אישי, שהפך לאומי. איזו קפיצה עשינו הערב. וואו. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=6273560229336648&id=100000481996007

Elle a enregistré la célébration sur un fil Facebook en direct dans ce que cette critique de longue date de la politique de Netanyahu et journaliste militante a décrit comme un « moment personnel, qui est devenu national », lorsque quelques amis sont venus célébrer son anniversaire et que la nouvelle coalition a été annoncée. « Quel bond nous avons fait ce soir. Wow », a-t-elle écrit.


L’ancien ministre israélien de la Défense  Moshe Yaalon a répondu à la formation du changement de gouvernement dans un tweet mercredi soir, félicitant les membres du parti pour avoir signé la charte de la coalition.

« Félicitations à [Yair] Lapid, [Naftali] Bennett et [Gideon] Saar, les dirigeants de la coalition pour le changement, pour l’achèvement de cette étape importante sur la voie consistant à remettre le pays sur ses rails », a-t-il tweeté . 

Lapid dit à Rivlin : j'ai réussi à former une coalition avec BennettUn gouvernement pour le peuple ?  - commenter

Le chef du Meretz, Nitzan Horowitz, a également félicité les chefs de parti en tweetant : « Félicitations à tous nos partenaires de la nouvelle coalition. Au gouvernement qui est en route !

Le ministre de la Défense Benny Gantz a tweeté depuis l’avion en route vers les États-Unis que mercredi soir était une « nuit de grand espoir ». Il a félicité le bloc du changement et souhaité bonne chance à Israël avec son nouveau gouvernement.« Je vais maintenant aux États-Unis pour une réunion très courte et importante. Je suis convaincu que je serai en mesure de répondre aux besoins de sécurité d’Israël là-bas, et que nous pourrons enfin former un gouvernement de changement qui travaillera pour l’unité et la guérison de la société israélienne », a-t-il déclaré.


Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas encore réagi à la nouvelle.


Cependant, le président de droite d’Oztma Yehudit Itamar Ben-Gvir et le chef du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich ont critiqué la formation de la nouvelle coalition, qui pourrait évincer Netanyahu, le Premier Ministre de longue date.« Ainsi, les Arabes d’Israël ont collaboré avec le Hamas, se sont révoltés et ont mené des programmes contre les Juifs soutenus par leurs dirigeants politiques, et recevront désormais des renforts et une chaîne irresponsable de récompenses qui les encourageront à continuer de la même manière », a tweeté Smotrich mercredi soir, faisant référence au soutien apporté à la nouvelle coalition par le chef du parti Ra’am Mansour Abbas (qui avait appelé au calme, comprenant l’impasse politique dans laquelle poussaient les émeutes. Qui, ensuite, a été mis en selle par des démarches de Netanyahu, lors des élections, puis de sa propre tentative de former un gouvernement. Quand Netanyahu a demandé à Smotrich d’accepter de travailler avec Mansour Abbas comme garant de 4sièges extérieurs, il l’a refusé, cohérent avec lui-même, mais la carte électorale ne permet pas d’autre option, rendant le pays ingouvernable, ce qui nous renvoie vers le gouvernement Lapid-Bennett.). 

« Le sang des Juifs que Dieu interdira de verser en conséquence sera entre les mains de celui qui votera pour ce gouvernement », a-t-il ajouté.  « J’ai réussi à former un gouvernement avec des partisans du terrorisme. Bien à vous, Naftali Bennett », a tweeté sarcastiquement Ben-Gvir à propos de la décision de Bennett de rejoindre la coalition pour le changement. 

Le président de la coalition, Miki Zohar (Likoud), a également exprimé sa déception en tweetant : « La gauche fait la fête, mais c’est un jour très triste pour l’État d’Israël ».Il a appelé le chef de Yamina Bennett, le leader de Nouvel Espoir Saar et la n ° 2 de Yamina Ayelet Shaked, disant qu’ils devraient être gênés d’avoir accepté de rejoindre le bloc du changement. 

jpost.com

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