Gardien des murs : Petit message pour leurs oreilles.

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Un soldat de Tsahal prépare son équipement à la frontière sud avec Gaza, le 1er août 2014.
Un soldat de Tsahal prépare son équipement à la frontière sud avec Gaza. AFP/ Jack GUEZ

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Par Gilles Falavigna

A bientôt une semaine du déclenchement du nouveau conflit avec le Hamas, repris sous l’appellation de « Gardien des murs », l’émotion la plus vive n’est pas retombée. Un peu de recul sur les événements permet d’entrevoir une analyse qui puisse reposer sur des faits. Néanmoins, à l’émotion qui résulte des morts, hommes, femmes, enfants, vient s’ajouter la colère suite aux sempiternels reproches.

Les reproches sont toujours de source irrationnelle, de celle qui rend une hasbara inutile. Sur les médias, il est douloureux d’entendre mettre sur un pied d’égalité un Etat légitime et démocratique avec une organisation terroriste. Pire, et les intervenants semblent ne pas avoir conscience de l’horreur de leur discours, les israéliens sont sommés d’accepter une proposition de cessez-le-feu qui émanerait du Hamas. De toute évidence, l’information se prétend en continu mais elle se présente en l’instant, tout contexte dépourvu. Proposer un cessez-le-feu, c’est être pour la paix. Le rejeter serait être belliciste.

Une image ironique vient à l’esprit. Un individu vous braque de son arme. Il tire. Vous êtes toujours vivant. Avant que vous ne vous défendiez, il appelle à la paix. Bien sûr, la tradition remonte au fameux traité d’Huddaybiya de Mohamet pour éliminer ses adversaires…

Ça pourrait être un sketch qui parodie le film Mars Attacks, quand les Aliens tirent sur les gens à l’injonction de « Nous sommes vos amis ! ». Mais la situation est trop grave pour en rire. Le narratif de la cause palestinienne est désormais très bien installé. La victime porte son habit et le bourreau porte le sien. Tout est en place. Comment expliquer, autrement, qu’un phénomène comme le Pallywood puisse fonctionner ? La couverture médiatique fait du roman. La réalité a été falsifiée. Comment ne pas comprendre, autrement, que les thèses négationnistes puissent être autant jugées recevables ? La couverture médiatique du conflit se fait par préjugé. La connaissance des causes ne présente pas d’intérêt.

Nous sommes dans l’irrationnel et ceux qui sont sous son emprise jouent de rationalisme.

Si l’explication de la légitime défense sur le terrain militaire finit par porter, alors on en revient aux considérations juridiques. Tout viendrait de l’expulsion de familles arabes du quartier de Cheikh Jarrah. Elles s’opposeraient, selon l’ONU, au droit international qui protège les droits du peuple palestinien.

Nous devons ne pas perdre de vue qu’Israël est un pays non seulement démocratique mais également souverain. Certains l’oublient facilement en réfutant le droit d’Israël à sa capitale. Israël est mis sur un pied d’égalité avec le Hamas, organisation terroriste. Il ne faut pas omettre la condescendance qui l’accompagne. L’égalité  ne propulse pas le Hamas au rang d’État souverain mais amène Israël au rang de celui des terroristes, à l’égal de Daesch. Dès que l’occasion se présentera aux dirigeants occidentaux, les dignitaires israéliens seront déférés devant la cour pénale internationale. L’occasion ? Quand les nations jugeront qu’elles n’ont rien de mieux à faire. Le mépris pour Israël a la même texture que l’antisémitisme du XIXe siècle, celui de l’inégalité des races.

Mais revenons sur le fait qu’Israël soit un Etat de droit. C’est une question fondamentale et essentielle, non seulement pour l’histoire des expulsions de Cheick Jarrah mais également pour l’ensemble du narratif palestinien.

Les expulsions arabes suivent l’ordonnance de la justice parce que les propriétaires possèdent un titre de propriété.

Pour comprendre parfaitement la légitimité israélienne, il convient de garder en mémoire l’historique de la création de l’État juif. Les terres ont été achetées avant l’indépendance. C’était principalement à des propriétaires ottomans.

Immigrants Juifs, 1930

Vint l’indépendance et la guerre de 1948. Les Juifs ont été chassés de Jérusalem. Les vols des biens des Juifs durant la Shoah souffriraient de revenir à leur propriétaires légitimes ? Ce n’est pas pour la raison morale de la Shoah que les biens doivent revenir à leurs propriétaires mais par la force de la légitimité.

La Jordanie a pris possession de Jérusalem. En 1948, les Jordaniens installent des arabes dans les maisons juives de Jérusalem. Il ne faut pas oublier que l’année de la Naqba correspond au doublement de la population palestinienne. Le premier conflit était un conflit démographique en vue de la division des territoires sous mandat britannique.

Le droit international auquel se réfère l’ONU n’a pas de raison d’être, parce que les résolutions de l’ONU n’ont pas été acceptées par les Arabes.

La justice israélienne, qui plus est, n’est pas barbare. Les Arabes seront relogés.

Sous cet aspect se fait jour la globalité des motivations palestiniennes. Si les biens juifs sont rendus à leur propriétaire, c’est le narratif palestinien global qui s’écroule. Il n’y avait pas de Palestine avant l’indépendance israélienne.

L’aspect juridique réfuté, il sera fait appel à la morale et à l’ensemble irrationnel avec le roman des enfants qui lancent des cailloux en réponse aux tirs de Tsahal. Il arrive un moment où il faut cesser de justifier.

Alors face à l’antisionisme viscéral des ennemis et à leur absence de raison, la meilleure attitude est de revenir à ce qu’exprimait Golda Meir : « Nous préférons vos reproches à vos condoléances ».

Elle avait d’autant plus raison que ces condoléances ne sont qu’hypocrisie.

Par Gilles Falavigna

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