Saoudiens et Emiratis ont-ils demandé à Israël d’attaquer le Saviz?

Publié par

Les Saoudiens et les EAU auraient suggéré à Israël de frapper un navire d’espionnage iranien, mais lui ont dissimulé des pourparlers avec l’Iran (Financial Times)

 Binyamin Netanyahu , ministre de la Couronne saoudienne , pourparlers saoudo -iraniens , raid de Saviz , dirigeant des Émirats arabes unis

about:blank

Trois jours après le prétendu raid commando israélien du 9 avril sur le navire d’espionnage avancé Saviz du CGRI sur la mer Rouge, les responsables saoudiens et iraniens ont tranquillement tenu leurs premiers pourparlers avec l’Iran, depuis cinq ans pour réparer leur querelle, à l’insu d’Israël. Les sources militaires et de renseignement de DEBKAfile révèlent qu’Israël a accepté de cibler le navire à la suite d’une demande du prince héritier saoudien Muhammed Bin Salman et du dirigeant des Émirats arabes unis, Sheikh Muhammed Bin Ziyad, de supprimer cette menace pour leur transport de pétrole sur la mer Rouge. Après avoir examiné la demande, le Premier ministre Binyamin Netanyahu a décidé d’y adhérer, car la sécurité de la navigation sur la mer Rouge était également dans l’intérêt d’Israël.

Cependant, le Premier ministre n’a pas été informé que les responsables saoudiens étaient sur le point de lancer des pourparlers secrets avec Téhéran trois jours plus tard. Il a été surpris de découvrir que le prince héritier saoudien avait suggéré que le raid commando israélien ait lieu comme un outil visant à renforcer son poids dans les pourparlers secrets avec Téhéran. Si Netanyahu avait été informé de ce stratagème, il n’aurait jamais envoyé l’armée israélienne saboter le navire iranien. L’ opération Saviz, bien que réussie, a été malheureuse sur un autre point: elle a mis le gouvernement israélien dans l’embarras vis-à-vis de Washington.

Cet épisode, ainsi que d’autres problèmes urgents liés à l’Iran ont sans aucun doute été abordés au sein du cabinet de sécurité israélien le dimanche 18 avril lors de sa première session depuis février.

La divulgation par le Financial Times de la nouvelle piste diplomatique explorée par les pays du Golfe a cité des responsables non identifiés disant que les pourparlers de Bagdad avaient été positifs. « Le processus est facilité par le Premier ministre irakien Mustafa al-Kadhimi, qui s’est entretenu avec le prince Mohammed à Riyad le mois dernier », ont déclaré les responsables. «Cela va plus vite, parce que les pourparlers américains [liés à l’accord nucléaire] avancent plus vite et [à cause] des attaques des Houthis (contre l’Arabie Saoudite).»

Un haut responsable saoudien a nié que des pourparlers avec l’Iran aient eu lieu. Les gouvernements irakien et iranien n’ont fait aucun commentaire. Mais un haut responsable irakien et un diplomate étranger ont confirmé les pourparlers. Le premier tour a eu lieu à Bagdad le 9 avril et se poursuivra la semaine prochaine.

Il semble que la voie indirecte américano-iranienne est également en marche, malgré l’affirmation de Téhéran selon laquelle l’enrichissement d’uranium a atteint une pureté de 60%, à la suite de violations répétées de l’accord nucléaire de 2015. Israël semble avoir été surclassé sur deux voies diplomatiques parallèles, qui ont toutes deux pour but de restaurer un rôle respectable à l’Iran, son archi-ennemi, dans les affaires internationales. Il n’est donc pas bon qu’Israël s’appuie sur de nouveaux amis dans le Golfe ou sur son principal allié, les États-Unis sous l’administration Biden, pour freiner l’hostilité avouée de l’Iran. L’Etat juif ne doit dépendre que de lui-même.

Un commentaire

Laisser un commentaire