Le nouveau visage de la lutte contre l’antisémitisme, à l’heure des Accords d’Abraham

Publié par

Il existe un mouvement majeur de musulmans non seulement prêts à cesser d’être antisémites, mais aussi à lutter contre l’antisémitisme.

J’ai assisté au sommet inaugural organisé par le Mouvement de lutte contre l’antisémitisme (CAM), la coalition interconfessionnelle mondiale de militants, de penseurs et de diplomates de la base travaillant à créer un avenir plus inclusif et à éradiquer la haine des Juifs. Dans le cadre de la procédure, CAM a honoré l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo le 1er mars avec son tout premier Prix du Leadership Mondial (Global Leadership Award).

L’ampleur et la diversité de la culture, la participation religieuse, l’inclusion générationnelle et son honneur rendu aux personnes travaillant pour cette cause ont été une bouffée d’air frais au milieu de la polarisation politique actuelle et des incidents croissants d’attaques antisémites.

Le résultat global de l’événement en ligne a été une compréhension bien établie de l’importance d’Israël en tant qu’allié et partenaire sécuritaire indispensable des États-Unis, et vice versa. Cette innovation reconnaissait le potentiel bénéfique extraordinaire des Accords d’Abraham pour le processus de paix au Moyen-Orient.

En ces temps d’antisémitisme explosif, y compris d’antisionisme, les accords sont une branche forte supplémentaire au cadre répondant aux besoins globaux de sécurité de la région.

Lorsqu’il a reçu le prix, Pompeo a montré ce qui se passe lorsque des personnes engagées à voir des résultats se permettent d’apporter de la créativité à un vieux processus infructueux. Durable depuis plus de 70 ans, malgré de multiples tentatives et indépendamment de la composition des gouvernements israélien et américain, ce « blocage » continu a coûté de nombreuses vies humaines et a opposé des pays, des religions et des régions entières les uns aux autres. Il a laissé les jeunes de tant de pays sans espoir et vulnérables au recrutement pour commettre des actes de violence dans leur environnement ou en s’engageant dans le Jihad (radicalisation).

L’ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies Omar Hilale

L’optimisme supplémentaire qui a émané de l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies Omar Hilale et de plusieurs autres présentateurs, tels que le fondateur / directeur de Faith Matters (La Foi Importe!) Fiyaz Mughal et l’ambassadeur Dennis Ross, doit devenir contagieux. Tous les pays en quête de paix dans la région et dans le monde doivent s’ouvrir à ce changement extraordinaire qui met fin aux inimitiés à long terme. Il est important de laisser entrer l’air frais.

En effet, il existe un mouvement majeur de musulmans non seulement prêts à cesser d’être antisémites mais à lutter contre l’antisémitisme. Émerveillons-nous de la volonté du ministère de l’Éducation du Maroc d’introduire des cours d’hébreu dans ses écoles primaires et ses universités. Il est tout à fait ironique que certains pays musulmans et arabes prennent ces initiatives incroyables alors que le système scolaire californien lutte pour que son programme de diversité n’enseigne pas les poncifs antisémites.

Hilale a parlé du désir du roi Mohammad VI de créer une «maison de la mémoire» en restaurant les noms juifs originaux des rues; de reconnaître que la communauté juive marocaine, vieille de 2 500 ans, faisait et reste partie prenante de l’héritage et de l’histoire du Maroc et qu’elle a fortement contribué à la culture marocaine.

Il pense qu’il ne s’agit pas d’une réconciliation, mais d’une reconnexion ou d’une reliance (reliaison) – reconnaissance de la place du peuple juif au Moyen-Orient depuis des milliers d’années. De telles déclarations mettent fin au concept selon lequel les Israéliens sont une importation européenne au Moyen-Orient.

Pompeo a parlé de la résistance que son équipe a rencontrée dans ses efforts pour réaliser les accords d’Abraham. Cela indique la nécessité de s’ouvrir intellectuellement à l’optimisme et d’abandonner les stratégies obstinées qui ne montrent aucun progrès et qui continuent d’aliéner et de séparer les personnes impliquées.

Que les fonctionnaires du département d’État américain ou de l’Union européenne s’inquiètent de la soi-disant «rue arabe» ou portent une conception monolithique des pays musulmans, il est crucial pour eux de laisser derrière eux le vieux paradigme selon lequel seule la résolution du conflit israélo-palestinien pourrait aider au rapprochement entre Juifs et Arabes. Nous devons abandonner les hypothèses qui ont retenu le monde islamique en otage d’une résolution de ce conflit. Bien qu’il puisse s’agir d’une cause potentiellement juste, elle était chargée d’attentes et d’exigences irréalistes, de conditions impraticables et d’évaluations irréalistes.

Cela n’exige pas que nous abandonnions la nécessité de résoudre le conflit israélo-palestinien. Au contraire, cette démarche ajoute une autre dimension à sa résolution: elle montre que les relations ne doivent pas nécessairement être fondées sur la colère et la haine ou sur la bonne volonté arbitraire d’une partie. Elles sont mieux et plus solidement basées sur des relations diplomatiques, des partenariats économiques et des alliances de sécurité.

La possibilité de progrès est énorme; cela peut apporter des changements significatifs à la paix dans la région. Il y a maintenant un rassemblement de dirigeants audacieux qui, selon Pompeo, « se sont réunis pour changer la face du monde », et en tant que tels, doivent être soutenus et encouragés par toutes les personnes qui soutiennent la paix. Cela encouragera de nombreux autres pays musulmans, y compris l’Indonésie peuplée, à adhérer aux accords d’Abraham.

Les autres groupes récalcitrants sont l’Iran, l’extrême droite et l’extrême gauche partout dans le monde, surtout en Europe et maintenant même aux États-Unis, les islamistes, les sponsors du BDS et le Pakistan, etc. La montée de l’antisémitisme partout est profondément troublante. Nous devons faire de notre mieux pour l’éliminer.

Ahmed Shaheed, un diplomate maldivien qui a été Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran et président de l’Universal Rights Group – un groupe de réflexion sur les droits de l’homme basé à Genève – a parlé de l’importance de soutenir la définition de l’antisémitisme de l’IHRA. Il a reconnu la nécessité de se concentrer sur cette question en tant que problème international qui affecte le bien-être du monde.

En effet, une manière spécifique dont cette question affecte le bien-être du monde est de considérer la montée de l’antisémitisme comme un signe de sociétés en difficulté. C’est l’incapacité d’une société à profiter à sa population qui donne lieu à l’antisémitisme. Cette compréhension peut aider chaque communauté, chaque pays et la communauté internationale à accorder l’attention voulue aux besoins de ces groupes et à apporter la guérison. Cela aidera à combattre l’antisémitisme, tout en nous alertant sur les besoins de cette société / de ce groupe et en nous aidant à planifier les bonnes interventions.

Katharina Von Schnurbein

Bien sûr, l’éducation est essentielle. Katharina Von Schnurbein, la première coordinatrice de la Commission européenne sur la lutte contre l’antisémitisme et la promotion de la vie juive, et d’autres ont évoqué la nécessité d’adopter la définition de travail de l’IHRA en tant qu’outil éducatif à utiliser par les forces de l’ordre et les enseignants, et à faire connaître plus largement dans les écoles, universités, municipalités, villes, sports, etc.

Shaheed, Pompeo et d’autres au sommet ont inventé ce qui devrait devenir, à mon avis, les nouveaux slogans:

« Ne pas agir (contre l’antisémitisme) n’est pas une option. »

(Combattre l’antisémitisme est) « la chose moralement appropriée qu’on doit faire ».

« Ne laissez pas la haine se normaliser. »

J’ajouterais:

« Ne laissez aucun préjudice social ignoré ou groupe dévalorisé et méprisé. »

 Par  Gina Ross  Publié le  12-03-2021 08:43 Dernière modification: 03-12-2021 08:43

Article d’abord paru sur JNS.org

Laisser un commentaire