Netanyahu met son procès de côté afin de se battre sans réserve pour sa réélection

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Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a cherché à éliminer un obstacle persistant contre sa candidature à sa réélection lorsque, le lundi 7 février, il a demandé au tribunal de district de Jérusalem un nouveau report de son procès et a plaidé non coupable de trois chefs d’accusation de corruption. Ses avocats ont fait valoir que la défense avait droit à plus de temps pour étudier la prolifération des arguments et des allégations de l’accusation, certains nouveaux, avant que le tribunal ne passe à l’audition des preuves. Ils ont également soutenu que le procureur général Avichai Mandelblit n’avait toujours produit aucune instruction écrite, comme l’exige la loi, pour prouver qu’il avait ordonné les enquêtes concernant le Premier ministre sur les chefs de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

L’affaire sera donc probablement ajournée après les élections du 23 mars.

En tout cas, soulignent les analystes politiques de DEBKAfile, les actes d’accusation contre le Premier ministre qui ont dominé les slogans hostiles de campagne de l’opposition («Tout sauf Bibi!») lors des trois dernières élections précédentes, perdent de leur prédominance. Aujourd’hui, la plupart des électeurs sont plongés dans la dépression à cause des malheurs causés par une pandémie qui nuit à leur vie et ne montre aucun signe de reflux. Ils sont profondément irrités de ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion de la crise par le gouvernement, exprimant leur colère contre les politiciens de tous bords, qu’il s’agisse du Premier ministre ou de ses partenaires de coalition dirigés par son adversaire, le ministre de la Défense Benny Gantz.

Le coronavirus est donc en train de devenir le principal motif de la campagne électorale. Il en va de même pour le paysage partisan profondément polarisé. Des négociations fébriles en coulisse sont en cours, alors que les factions de la droite dominante ou du secteur conservateur se battent pour une place sous le soleil électoral. Ils se battent à l’ombre de l’avance permanente du Likud, contrebalancée par le fait que Netanyahu manque systématiquement d’une majorité fugace en vue de former une coalition gouvernementale.

L’un des prétendants les plus proactifs est Gideon Saar, qui s’est séparé du Likud pour former son propre parti Nouvel Espoir dans le but primordial de renverser Netanyahu. À la traîne du Premier ministre et du Likud dans les sondages, Sa’ar entretient toujours le rêve que les urnes lui rapporteront suffisamment de voix pour s’emparer du Likud, où il a toujours une clique de partenaires potentiels (si les choses tournaient en sa faveur). Pourtant, il a balayé les offres de ceux qui le suivent, y compris de certains ministres du cabinet, de passer à Nouvel Espoir et ainsi de faire imploser de l’intérieur la tentative du Premier ministre de rester au pouvoir.

Sa’ar a stoppé cette démarche dans son élan, préférant attendre les résultats des élections du 23 mars. Il est convaincu que Netanyahu se trouvera en deçà des 61 sièges dont il a besoin pour être soutenu en tant que Premier ministre. Ce n’est qu’alors, disent nos sources, qu’il donnera à ses partisans à l’intérieur du Likud le signe de se lancer en avant, d’abandonner le Likud et de rejoindre Nouvel Espoir.

Sa’ar fonde ce calcul sur la confiance que son parti sortira de la course en deuxième position après le Likud, dépassant l’aile droite de Naftali Bennett, Yamina et Yesh Atid de l’oppositionnel Yair Lapid. Saar se présenterait alors comme le principal candidat à la fonction de Premier ministre devant le président Reuven Rivlin (un vieux copain qui doit à Saar de l’avoir aidé à remporter la présidence).

Sa’ar, quant à lui, cherche tranquillement des alliés parmi les partis ultra-orthodoxes et les maires et conseils des autorités locales.

Une alliance avec le principal rival de Nouvel Espoir, Yamina de Bennett, pourrait les catapulter de manière convaincante en position de menacer le leadership du Likud. Cependant, la proposition de Sa’ar de conjuguer leurs deux campagnes pour une bataille concertée contre Netanyahu a rencontré l’opposition de l’ancienne ministre de la Justice, Ayelet Shaked. Néanmoins, Sa’ar n’abandonne pas ce plan dans l’ attente d’être en position de force, à l’issue des résultats des élections.

La stratégie de campagne de Netanyahu est basée sur le fait que Nouvel Espoir n’obtient pas plus que la projection de 15 sièges aux élections de mars. Cela signifierait que le récent rejet populaire du transfuge du Likud dans les sondages est maintenu. Le chef du Likud calcule également que l’accord qu’il a conclu avec le parti mixte national religieux de Bezalel Shmotrich et ldu pouvoir juif d’Itamar Ben-Gvir affaiblira Yamina (la Nouvelle Droite) de Bennett.

Nouvel Espoir et Yamina sont, pour l’instant, en désaccord à cause refus de Yamina de s’exclure d’un éventuel partenariat dans une coalition dirigée par Netanyahu. Ayant partiellement neutralisé, pour l’instant, les menaces immédiates de la droite, Netanyahu peut désormais se concentrer sur le péril en progression posé par Yesh Atid, le parti de centre gauche de Yair Lapid. Selon les sondages, le parti d’opposition de Lapid talonne systématiquement le Likud à la deuxième place, même après les retraits de Benny Gantz et Moshe Yaalon.

Lapid s’est rendu aux États-Unis pour engager des stratèges électoraux américains issus du Lincoln Project (think tank républicain qui a œuvré à la chute de Trump). Ils lui ont conseillé, selon nos sources politiques, de se concentrer sur la construction de son image de leader stable et équilibré doté des qualités d’une alternative acceptable à Netanyahu en tant que premier ministre. Il peut toujours s’attendre à rester à la deuxième place après avoir battu Nouvel Espoir et Yamina aux urnes.

Pour l’instant, le Premier ministre est engagé dans une bataille quotidienne contre son partenaire de Kachol Lavan, le ministre de la Défense Benny Gantz. Netanyahu accuse Gantz de machinations pour bloquer les mesures gouvernementales visant à faire baisser les chiffres constamment élevés du coronavirus, en cherchant absolument à rouvrir les écoles et à ramener le pays vers un semblant de normalité face à la pandémie.

Gantz affirme que le Premier ministre ne capitalise pas correctement sur sa campagne réussie 3de vaccination contre la Covid-19 pour réussir à augmenter sa popularité avant le scrutin. Netanyahu accuse le ministre de la Défense de tout mettre en œuvre pour lui prouver son échec, en bloquant les mesures visant à réduire le nombre élevé de patients hospitalisés covid et en donnant au pays une démonstration publique de mauvaise gestion chaotique.

Derrière cette controverse bruyante se cache la conviction de Gantz que le Premier ministre est déterminé à conduire son Kachol Lavan sous le seuil d’éligibilité afin de le plonger dans l’oubli et il tente de riposter en ruinant la crédibilité de Netanyahu

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