Médiation américaine pour un cessez-le-feu entre jihadistes pro-turcs et Kurdes de Rojava

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Résistance kurde face à l’Armée Nationale Syrienne et l’HTS armés par les Turcs

Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS- ci-dessus) dirigées par les Kurdes, a annoncé mercredi matin avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec l’Armée nationale syrienne (ANS) -en réalité les mercenaires djihadistes pro-turcs manipulés par le MIT : Millî İstihbarat Teşkilatı ou MİT : « Organisation nationale de renseignement » –  sur la ville de Manbij, dans le nord du pays, grâce à une médiation américaine.

« Alors que nos combattants dans la ville de Manbij poursuivent leur résistance pour mettre un terme à l’expansion des attaques à l’ouest de l’Euphrate, nous avons conclu un accord de cessez-le-feu à Manbij grâce à une médiation américaine pour assurer la sécurité des civils », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les Kurdes souhaitent progresser vers un processus unitaire, les djihadistes pro-Turcs ne comprennent que la force

« Les combattants du Conseil militaire de Manbij, qui résistent aux attaques depuis le 27 novembre, se retireront de la zone dès que possible », a-t-il ajouté, soulignant que leur objectif est de parvenir à un cessez-le-feu global sur tous les territoires syriens et d’engager un processus politique pour l’avenir du pays. » L’ANS, soutenue par la Turquie, tentait de prendre le contrôle de la ville depuis plusieurs jours, mais elle s’est heurtée à une forte résistance du Conseil militaire de Manbij, affilié aux FDS.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé lundi la « libération » de la ville des FDS et les médias turcs ont publié des vidéos montrant que les combattants de l’ANS se trouvaient à l’intérieur de la ville.

Un responsable du Rojava a confirmé mardi que les djihadistes contrôlaient la ville stratégique que les Kurdes ont reprise à l’État islamique (ISIS) en 2016.

L’aviation turque canarde les positions kurdes

Les FDS, soutenues par les États-Unis, ont déclaré que la Turquie soutenait les djihadistes depuis les airs.

Les Forces Démocratiques Syriennes ont déclaré mardi que l’ANS avait fait de nombreuses tentatives infructueuses pour prendre le contrôle du pont stratégique de Qereqozak, près de la ville de Kobané et du barrage clé de Tishreen dans la ville de Manbij.

 

 

Le gestionnaire du barrage a déclaré qu’il était hors service en raison des attaques constantes des djihadistes de l’ANS, mettant en garde contre une « catastrophe » par débordement de l’eau hors du barrage.

Il est difficile de discerner, au-delà des déclarations, sans doute volontairement biaisées d’Abu Mohammed Al-Jolani, si celui-ci est prêt à aller jusqu’à déclencher une nouvelle guerre civile au nom de son maître d’Ankara, au détriment des Kurdes, Druzes et Chrétiens. Ces derniers sont déjà opprimés dans les rues ou attaqués dans les villes qu’ils dominent. Peut-être qu’encore dissuadé d’aller plus loin, il préfère momentanément jouer la carte d’un partage confédéral, en répartissant les prérogatives, selon les juridictions établies entre les diverses confessions (dont les Kurdes qui détiennent 40% du territoire syrien, ainsi que certaines réserves de pétrole, exploitées avec l’aide américaine. Ou peut-être ne contrôle t-il pas vraiment les forces pro-turques cantonnées par Erdogan au nord-ouest de la Syrie, afin de servir de forces-tampons, voire de bulldozer, pour exterminer toute force considérée comme subversive par l’islamisme néo-ottoman…

La présence dissuasive de Tsahal dans le Sud-Ouest de cette carte immense, avec ses capacités aériennes, va-t-elle contribuer à renforcer la présence américaine auprès des forces kurdes pour repousser les aspirations irrédentistes d’Erdogan ?

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