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James Joyce et Ulysse, partie 2 : rien n’a jamais été, entre l’Irlande et Israël

Irlande-Israël : rien n’a jamais été !

Lire la 1è Partie : https://terre-des-juifs.com/2024/05/19/james-joyce-et-ulysse-part-1-a-lheure-des-relations-irlando-israeliennes/

La seconde guerre mondiale est terminée : 14 mai 1948, déclaration d’indépendance d’Israël et cessez le feu en 1949. L’Irlande reconnaît de facto l’indépendance d’Israël en 1949 et la reconnaît de jure en 1963. Pourtant, de pleines relations diplomatiques entre Israël et l’Irlande n’ont lieu qu’en 1975.  Avant 1993, il n’y avait pas d’ambassade d’Israël à Dublin et ce n’est qu’en 1996 que la mission irlandaise ouvre ses portes à Tel-Aviv[1]. En Israël comme en Irlande, les conflits se poursuivent : entre l’IRA et la partie de l’Irlande restée britannique pour les seconds et pour les premiers, entre Israéliens, pays arabes et Palestiniens auxquels vont bientôt s’identifier les combattants de l’IRA, laquelle organisation nationaliste et antisémite, déposera les armes en 2005, et à laquelle encore était associé le Sinn Féin, en passe, en mars 2025, de présider l’Irlande.

Le rendez-vous manqué d’un projet d’unification des destinées

L’Ulysse de Joyce  aurait pu unir Juifs et Irlandais dans le partage d’un destin commun et dans une volonté pour les deux peuples de retrouver chacun une terre promise indépendante des Britanniques. Cette idée commune visée en partie par Joyce ne s’est pas faite, empêchée par l’antisémitisme de l’IRA, jusqu’à la conversion complète de l’idéologie du Sinn Féin devenu pleinement pro-palestinien. Telle est l’idée qui prédomine : les Palestiniens luttent contre la colonisation israélienne comme l’IRA contre la colonisation britannique ! Ce 6 juin 2021, Cnaan Liphshiz écrit dans The Times of Israël[2] que le conseil municipal de Belfast en Irlande du Nord vote une motion pour expulser les ambassadeurs d’Israël du Royaume-Uni et d’Irlande, motion soutenue par les partis de gauche, et Fiona Ferguson, une politicienne d’extrême gauche, tiens donc !, de s’en féliciter. Le 2 février 2022, Jacob Judah[3] prolonge cet article dans un reportage à Belfast, en Irlande du Nord où les drapeaux palestiniens ornent les lampadaires et les slogans pro-palestiniens se disputent les panneaux d’affichage et Jacob Judah de citer  Adrian Keer, le directeur du musée de Free Derry  fier de draper son musée des couleurs du drapeau palestinien qui célèbre ainsi leur retour dans la bande de Gaza en 2018… Cette amitié daterait des années 1970 quand l’IRA et l’armée de libération nationale irlandaise communiste, tiens donc !, établissent des liens avec l’OLP en une convergence de leurs combats idéologiques, notamment, anticolonialistes et certainement anticapitalistes… En revanche, en 2002, apparaissent des drapeaux israéliens du côté unioniste, protestant donc. Les Unionistes veulent rester dans le Royaume-Uni et s’identifient à Israël, victime comme eux du terrorisme. John Kyle du Parti unioniste progressiste d’Irlande du Nord estime que les Juifs sont les premiers habitants autochtones de la Palestine et de dénoncer l’antisémitisme de ceux qui ne reconnaissent pas Israël à exister[4]… On verrait encore ces drapeaux israéliens flotter à Belfast. Bien que la communauté juive de la ville ne compte que 70 membres, le cimetière juif n’en a pas moins été profané en 2016. Quand on laisse tranquille les vivants, on s’attaque aux morts ! Et Jacob Judah de conclure que les quelques Juifs de Belfast préfèrent parler de leur club de golf, plutôt que de politique… En 2021, l’Irlande sera le premier pays à condamner l’annexion par Israël de terres palestiniennes… BDS connaît aussi un bel élan politique en Irlande. Le Sinn Féin est cependant critiqué sur son soutien aux victimes civiles de Gaza, puisque son ancien allié, l’IRA avait kidnappé et exécuté des civils pendant sa vague terroriste[5].

Manifestation pro-palestinienne en Irlande

Après le 7 octobre…

Les massacres du 7 octobre ont été condamnés par Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais. Minimum syndical oblige comme on dit ! Mais des dissensions entre les deux pays ont éclaté quand  Emily Hand, fillette irlando-israélienne de 8 ans, déclarée assassinée le 7 octobre, en fait otage du Hamas, a été libérée le 25 novembre. Le Premier ministre, avait alors déclaré que la fillette avait été « perdue » et donc, non enlevée et « retrouvée » et donc, non libérée…, déniant alors qu’elle avait été sauvagement enlevée et prise en otage par le Hamas. Ce même Leo Varadkar[6] parle de la « vengeance d’Israël » après le massacre du 7 octobre tandis que le président irlandais Michael D. Higgins accuse Benjamin Netanyahou « de saper les Droits de l’Homme… ». Comme quoi, même après le 7octobre, après une compassion irlandaise pro-israélienne et très diplomatique, voire, bien hypocrite, l’idéologie irlandaise pro-palestinienne a bien vite repris sa vigueur d’antan…, appuyée par des militantes de gauche du Sinn Féin comme Mary Lou McDonald qui demande l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël à Dublin… La liste est décidément trop longue quant à l’attitude anti-israélienne de l’Irlande qui frôle évidemment l’antisémitisme et qui vient tant des partis de gauche, du Sinn Féin, des anciens militants de l’IRA, du gouvernement lui-même[7], que de l’histoire même de l’Irlande vis-à-vis des Juifs.

Thomas Hand retrouve sa fille Emily, 9 ans, libérée par le Hamas

(Photo : Israël Defence Forces/Handout via REUTERS

 

Autre mauvaise nouvelle ! Le Sinn Féin est en passe de gagner les élections législatives en mars 2025 avec Michelle O’Neill qui est devenue la Première ministre d’Irlande du Nord depuis le 3 février 2024.  Et Mary Lou McDonald, leader depuis 2020 de l’opposition en République d’Irlande, en tête des sondages pour les prochaines élections, pourrait devenir Première ministre pour l’Irlande du Sud.[8] Cette leader du Sinn Féin s’était aussi émue des massacres du 7 octobre avant de condamner Israël pour le « génocide barbare » perpétré à Gaza… Si elle est élue, l’Irlande sera sans doute réunifiée et si la politique anti-israélienne de ces deux Premières ministres persiste, les relations entre Israël et l’Irlande entreront dans une autre grande période de glaciation…

Moins grave, encore que… symptomatique et néanmoins, insulte à l’esprit sportif, ce 8 février, avant le match de qualification pour l’EuroBasket 2024, l’équipe irlandaise refuse de serrer la main aux Israéliennes et chantent leur hymne national sur le côté du terrain tandis que les Israéliennes restent au centre. Les Irlandaises voulaient boycotter le match mais devant la menace de leur expulsion du tournoi, elles se sont inclinées. Inclinées d’autant plus qu’elles ont perdu le match. Résultat : 87 pour l’équipe d’Israël  contre 57 pour l’Irlande ! Même réflexe conditionné baveux aux ordres du Hamas, ce 23 février 2024, pendant les matchs préliminaires de football pour les championnats d’Europe, l’équipe féminine d’Irlande des moins de 17 ans tourne le dos aux joueuses israéliennes pendant l’hymne israélien…

– 22 mars. Dana Ehrlich, l’ambassadrice d’Israël en Irlande, reçoit une lettre de menaces, accompagnée d’un sachet de poudre, en fait du sucre, signée par les Brigades Ezz ad-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas avec pour titre : « Tu seras la prochaine sur la liste ». Depuis, la police enquête… Affaire à suivre.

– 6 mois après le 7 octobre, l’Ambassade d’Irlande à Tel-Aviv, qualifie d’un terme un peu léger cependant et presqu’amical « les actions du Hamas de répréhensibles » et dénonce les violences sexuelles puis de façon plus directe, peut-être, diplomatie oblige, qualifie « ce déchainement brutal de terreur qui a fait plus de 1 100 morts. La cruauté, la violence sexuelle systématique, le ciblage d’un si grand nombre de civils était horrible. » 

– 5 avril, source Jforum. La compagnie d’aviation irlandaise Ryanair qui  avait bizarrement cessé tout vol depuis Israël en mars dernier, les reprendra à partir du 2 juin à raison de 20 vols par semaine et en direction de six destinations…

– 6 avril, source, i24NEWS. La chef de parti travailliste irlandais, Ivana Back, dénonce la souffrance des Gazaouis, et la violence qu’ils endurent. Le gouvernement irlandais retire plus de 2,9 millions d’investissements de six entreprises israéliennes, principalement des banques…

– 10 avril, source Le Parisien. L’Irlande dit ne pas avoir d’objection à reconnaitre un État Palestinien. Même démarche de l’Espagne, de la Slovaquie et de Malte. Seulement voilà, il s’agit d’une démarche de pression purement symbolique adressée à l’ONU, car un tel État, sans frontière, sans garantie de sécurité pour son voisin israélien, de plus, dirigé par un non président, d’une non autorité, d’une non démocratie n’a aucune chance d’aboutir à un vote majoritaire. La France et d’autres pays se sont joints à cette initiative. C’est comme si tous ces pays récompensaient les terroristes du Hamas en forçant la reconnaissance de cet État fictif palestinien. Ensuite,  pourquoi  pas se gêner, ils demanderont à Israël de céder tout son territoire et en forçant le trait, exiger des Juifs qu’ils redeviennent des Dhimmis sous domination arabe, tout cela, pour avoir la paix avec les terroristes… On croit rêver devant de telles initiatives diplomatiques crasses !

Dès cette annonce, les États-Unis s’y sont déjà opposés…

Échec de la part des pays anti-israéliens mais jusqu’à quand ?

– 23 avril, sur BFMTV. L’Irlande s’invite dans la danse, ou plutôt dans la chanson, puisque 400 artistes irlandais ont demandé à leur compétitrice Bambie Thug de ne pas concourir à l’Eurovision « en raison de la participation d’Israël ».  Ils l’incitent « à être du bon côté de l’histoire ». Ah bon, l’histoire positive serait-elle du côté des terroristes et des antisémites ? La chanteuse a répondu que, bien que pro-palestinienne, elle aurait bien boycotté le concours si elle n’avait pas été candidate, mais elle ira tout de même pour ne pas donner une chance supplémentaire à Israël de gagner… Malgré toutes les protestations anti-israéliennes et antisémites qui demandaient l’annulation de la chanteuse israélienne Eden Golan, avait été sélectionnée pour la finale. Le concours a eu lieu à Malmö (suède) du 5 au 11 mai…

– 11 mai. En dépit de tous ces appels antisémites au boycott, chantant par-dessus tous les sifflets  et malgré le jury qui l’avait mise à la 12e place avec 52 points, Eden Golan est arrivée 5e grâce au vote du public européen, surtout des Français, avec 323 points. Cette chanteuse de 20 ans a été d’un grand courage. Sa prestation était sobre, à mille lieues de la vulgarité wokiste des autres compétiteurs de ce concours, et avec « Hurricane », une vraie chanson au texte profond, sa superbe voix a porté haut et fort, avec noblesse, sobriété et d’une élégance rare, les couleurs d’Israël. Encore un mot. L’Irlandaise  non binaire, comme c’est affligeant et  pathétique de se présenter ainsi, est arrivée 6e, derrière Eden Golan, eh oui !, et Slimane, le chanteur français dont les paroles de sa chanson avaient été écrites par deux franco-israéliens a été classé 4e, comme quoi ! La chanteuse grecque qui avait grimacé et fait mine de s’endormir devant la présentation d’Eden Golan est arrivée 11e. Enfin, Alessandra Mele qui en 2023 représentait la Norvège, voulait aussi à sa manière boycotter Israël. Le groupe Gåte qui représentait son pays a été classé bon dernier de la compétition. Dont acte pour tous les détracteurs d’Israël !

 

Eden Golan : Eurovision 2024

 

Retour à Ulysse.

Dans ce contexte inquiétant d’une Irlande tant du Sud que du Nord pro-palestiniennes et donc anti-israéliennes, voire antisémites, quel contre poids peut faire un livre, l’Ulysse de Joyce qui, d’une certaine façon, voulait réconcilier les peuples juifs et irlandais et qu’en est-il du Bloom’s day qui, de Dublin à New-York devrait célébrer le 120ème anniversaire de l’extraordinaire journée de Leopold Bloom? Aujourd’hui, entre Israéliens et Irlandais, ne semble plus rester comme lien que l’immense Ulysse de James Joyce par le truchement de son héros non moins immense, Leopold Blum.

 Israël : Yom Hazikaron : 12-13 mai 2024. Yom Ha’atzmaout : 13-14 mai 2024.

       Encore en guerre contre le Hamas, et le Hezbollah, le 12 au soir, devant le Kotel, le président Herzog au vêtement déchiré en signe de deuil, ainsi que tout le peuple d’Israël, se sont recueillis auprès des soldats morts d’Israël, de ses blessés à jamais et de ses orphelins pour toujours. Les Israéliens ont pensé à leurs otages, aux Juifs du monde, à l’antisémitisme qui perdure de la façon la plus barbare et inimaginable et bien sûr, à la Shoah dont l’horreur a fait retour. Difficile transition dans le discours du président Herzog le 13 au soir, pour célébrer les 76 ans de l’indépendance du pays. (14 mai 1948). Il l’a fait avec la sobriété, la gravité et la pudeur qu’il fallait après le 7 octobre, devant un peuple blessé, meurtri et déchiré. Le président a évidemment parlé de la souffrance des Juifs, mais aussi de la fraternité et de l’amour partagé de ce même peuple après le 7 octobre. Il a abordé l’avenir d’Israël dans un discours solennel mais aussi chargé d’émotions et d’espoir (Hatikva) pour ce peuple qui s’est toujours redressé pour triompher de la haine.

J’ignore cependant si dans son discours célébrant le Yom Ha’atzmaout, le président Isaac Herzog s’est aussi souvenu en son for intérieur et avec tendresse à quelle lignée il appartient. Son père, Chaim Herzog (1918-1997) était Irlandais et grand rabbin d’Irlande, fils d’Yitzhak Halevi Herzog, né en Pologne (1888-1859). Chaim né à Belfast, avait grandi à Dublin, avant d’émigrer en Palestine ottomane en 1937, puis était devenu le 6e président du pays en 1983. J’espère que son fils, Isaac, aura eu une pensée émue pour son grand-père et pour son père, et peut-être pour l’Ulysses de Joyce dont il est en partie l’héritier israélien ?

Dublin : 16 juin 2024.

Ce jour-là, dans toutes les rues de Dublin, j’espère que les habitants et les touristes revivront la journée de Leopold Bloom. J’espère qu’en ce 120e anniversaire de la journée de Bloom, les « Joyciens » liront Ulysses dans les cafés de la ville, iront se restaurer chez Davy Byrne (le pub existe encore dans la Duke Street) d’un verre de burgandy et d’une tartine de Gorgonzola[9]. J’espère qu’ils y croiseront des « Leopold Bloom » en costume sombre, chapeau melon et moustache noire, et j’espère que les Dublinois grimperont dans un bus impérial, traverseront les rues de la ville jusqu’à l’imaginaire demeure de Molly Bloom et de son mari, au 7 Eccles Street. Je souhaite aussi qu’ils assistent à des pièces de théâtre à propos d’Ulysses de Joyce … J’espère ainsi que le temps d’une journée, toute une population et toute une ville retrouveront le désormais universel Leopold Bloom dont tous les Irlandais devraient être les amis par le truchement de Joyce et de son Ulysses. Mais qu’en dira le gouvernement irlandais si hostile à Israël, voire aux Juifs ? Le Bloom’s day aura sans doute lieu, mais Ulysses, roman unique au monde dont le héros est juif ne fera sans doute pas fléchir la politique anti-israélienne du gouvernement irlandais, à moins que…

Jean-Marc Alcalay

Jean-Marc Alcalay est psychologue clinicien, formé à la psychanalyse. Il vit  à Dunkerque et y travaillait jusqu’ à sa retraite. Il a écrit plus de trois cents articles.
Il a écrit un premier livre sur les liens qu’avait André Malraux avec Dunkerque : André Malraux et Dunkerque, une filiation (Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie,1996), puis en 2007, La plume et le fusil (Ysec Éditions) toujours Dunkerque, la guerre, les écrivains, puis encore en 2012, à propos d’un autre écrivain qui lui tient à cœur, Marguerite Duras, publié à Jérusalem, en français, où il a fait deux conférences. Son titre : MD la juive, les écritures juives de Marguerite Duras, diffusé en France et publié aux Éditions Elkana en 2012. Son quatrième livre, intitulé Lé-haim, A la vie, Israël 1948, est paru en septembre 2014 aux Éditons Ysec. Un cinquième livre publié en 2021  ( א Éditions- diffusé sur Amazon) intitulé : Histoire des combattants juifs de la Brigade Blindée Indépendante Tchécoslovaque, Dunkerque 1944-1945,  puis a coordonné l’édition en 2023 d’un  livre  collectif sur le sculpteur Herzi, intitulé : Herzi, Chrysalides des ombres/sculpter un Mémorial de la Shoah, Collection Molda, Éditions Jacques Flament.

 

[1]  The Time of Israël. Le soutien pour Israël au plus bas depuis le 7 octobre, source Internet,  19 décembre 2023.

[2] Cnaan Liphshiz, Belfast vote l’expulsion des ambassadeurs  israéliens du Royaume-Uni et d’Irlande, in, The Times of Israël, source internet, 6 juin 2021.

[3] Jacob Judah, Quand le conflit israélo-palestinien se joue par procuration en Irlande du Nord, in, K. Les juifs, l’Europe, le XXIe siècle.

[4] Ibid.

[5] The Times of Israël du 19 décembre 2023, opus. cit.

[6] Sans liens avec cela, le 20 mars 2024, Leo Varadkar démissionnera de son poste de 1er ministre et de chef de son parti, situé au centre droit, remplacé le 24 par Simon Harris.

[7]  Andrew Naughtie, Pourquoi les dirigeants irlandais se montrent-ils si sévères envers Israël ?, source Internet, Euronews, 10/11/2023.

[8] Éric Albert, En Irlande, l’irrésistible ascension du Sinn Féin, in, LE TEMPS, 9 février 2024.

[9] Ulysse, opus.cit., p. 194.

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