Hamas et la fraternité arabe, Michèle Mazel

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Un petit drame se déroule en ce moment dans la bande de Gaza. Hors d’Israël, il n’intéresse personne et les nombreux correspondants de presse stationnés à Jérusalem se gardent bien d’en parler.

 

C’est que le sujet est délicat. Il concerne la santé d’un Arabe et plus précisément d’un bédouin.

Selon le Hamas, l’homme est pratiquement entre la vie et la mort, tenu en vie grâce à un masque d’oxygène et la perfusion d’une matière inconnue. Les hôpitaux de Gaza, mal équipés, ne peuvent lui accorder les soins urgents dont il a besoin.

 

On sait que le Hamas, cette organisation terroriste qui a chassé l’Autorité palestinienne dans un coup sanglant en 2007, détourne la plus grande partie d’une aide internationale qui se chiffre en millions de dollars pour la consacrer à l’effort de guerre contre Israël et accessoirement au bien-être de ses dirigeants et de leurs enfants dont la plupart font leurs études à l’étranger.

Mais revenons à Hisham al-Sayed, c’est le nom de ce malheureux. Les hôpitaux israéliens, sollicités par la Croix Rouge ou directement par un hôpital de Gaza, refusent rarement d’accueillir un malade qui a besoin de leur aide.

D’ailleurs malgré leurs discours de haine les dirigeants du Hamas eux-mêmes ne se privent pas d’envoyer leurs proches se faire soigner chez « l’ennemi sioniste. »

Le premier Ministre du Hamas, Ismail Haniyeh rend visite à sa petite fille en mort cérébrale à l’hôpital Nasser, avant qu’il ne l’envoie trop tard en Israël.

Ainsi par exemple le mari de la sœur d’Ismail Hanniyeh a été transporté en urgence à l’hôpital Beilinson en 2011. Alors pourquoi pas Hisham al-Sayed ?

D’autant que ce bédouin de 34 ans, originaire du Néguev où il a grandi avec ses huit frères et sœurs, a la nationalité israélienne.

Il a franchi la frontière de son plein gré dans des circonstances peu claires en 2015.

Il est vrai que dès 2010, ses médecins avaient conclu qu’il souffrait    d’un « trouble mental grave » ;   le diagnostic final de son état mental en 2013 avait révélé qu’il s’agissait de « schizophrénie ».

Otages à « besoins spécifiques ». Le Hamas torture avec sadisme deux jeunes ayant de graves problèmes de santé mentale. Le monde se tait. 

D’ailleurs il avait plusieurs fois tenté de passer en Jordanie, et en Egypte ; lorsqu’il réussissait, les autorités locales, au vu de son état mental, le remettait aux autorités israéliennes.

Non seulement le Hamas n’a rien fait de tel, mais encore il a refusé pendant huit longues années de donner la moindre nouvelle de leur captif et de son état de santé à sa famille.

Ajoutons que la Croix Rouge n’a pas été autorisée à le voir. Pour les dirigeants de Gaza, Hisham al-Sayed n’était pas un bédouin, un frère arabe affligé par le sort qui avait besoin de leur sollicitude vu son état. Non.

Pour eux, il avait une carte d’identité israélienne ?

Eh bien pourquoi ne pas faire de lui un otage de plus ?

Ils en ont en effet d’autres.  Avera Mengistu, citoyen israélien né en Ethiopie, et les restes de deux officiers tués en 2014.

En contrepartie, ils exigent la libération de milliers de terroristes emprisonnés en Israël pour des crimes de sang. Après tout, pour le soldat Shalit ça avait marché, non ?

Un calcul qui s’est avéré inexact. Plus de 15% des terroristes alors remis en liberté ont commis de nouveaux et meurtriers attentats.

Israël est prêt à faire un geste, mais le maximum qu’il propose est loin du minimum demandé par le Hamas.  Lequel préfère voir son frère arabe mourir faute de soins que de le rendre sans contrepartie.

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique.
Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède.

Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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