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Pourquoi les États-Unis ont-ils divulgué le rôle de Jérusalem dans la mort d’un officier iranien ?

 

L’Iran a subi de multiples revers causés par Israël : arrestations, éliminations et fuites de secrets.

À notre avis, au moins trois hypothèses : 

  • La moins probable : la maladresse d’un responsable qui parle trop devant des journalistes, qui, tout à fait par hasard, passaient justement à ce moment-là.
  • Un croche-pied à la sécurité des Juifs et d’Israël, pour être trop virulents à l’encontre des négociations en vue du fameux accord.
  • L’hypothèse ici délivrée : Israël réplique dix fois plus durement à chaque tentative de l’Iran de relever le nez, il n’y a donc que l’effet psychologique de l’aveu, contraignant les Gardiens de la Révolution à relever le gant. Ce serait donc un test en grandeur réelle pour évaluer la suite du bras-de-fer dans la fameuse « guerre secrète », qui ne l’est plus tant que cela…
Des membres d'une force spéciale du CGRI assistent à un rassemblement marquant la Journée annuelle de Qods, ou Journée de Jérusalem, le dernier vendredi du mois sacré du Ramadan à Téhéran, Iran, le 29 avril 2022 (crédit photo : VIA REUTERS)
Des membres d’une force spéciale du CGRI assistent à un rassemblement marquant la Journée annuelle de Qods, ou Journée de Jérusalem, le dernier vendredi du mois sacré du Ramadan à Téhéran, Iran, le 29 avril 2022 (crédit photo : VIA REUTERS)

L’Iran et le CGRI souffrent.

Tout d’abord, au début de ce mois-ci, la presse a révélé que le Mossad avait arrêté plusieurs agents iraniens à la fois en Europe puis en Iran même, ce qui a conduit à déjouer et déjouer un complot visant à assassiner trois personnes, dont un général américain et le philosophe français Bernard-Henri Lévy.

Au début de cette semaine, il est apparu que le commandant de l’unité 840 du CGRI, le colonel Hassan Sayad Khodayari, avait été exécuté pour faire réfléchir à deux fois les membres de son unité secrète responsable d’opérations terroristes contre des cibles israéliennes et occidentales en dehors de la République islamique.

 

Puis, mercredi soir, Israël a révélé de nouveaux secrets nucléaires iraniens et des opérations de camouflage à l’encontre de l’AIEA, donc révélant sa stratégie de contournement de tout accord nucléaire signé par des stratagèmes de pourrissement.

Bien que les révélations remontent au raid de l’agence sur les archives nucléaires secrètes de Téhéran en janvier 2018, les découvertes explosives apparaissent maintenant, dans une période de négociations qui ne pourrait pas être plus embarrassante pour les ayatollahs.

 
Des personnes en deuil assistent à la cérémonie funérairepour le colonel Sayad Khodayari, membre du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, à Téhéran, Iran, le 24 mai 2022. (crédit : MAJID ASGARIPOUR/WANA (AGENCE DE PRESSE DE L’ASIE DE L’OUEST) VIA REUTERS)

Ces nouveaux documents montrent que l’Iran a piraté l’AIEA et a tenu des discussions internes sur la manière de continuer à tromper les inspecteurs nucléaires du monde.

Combinées, ces trois opérations et révélations ont mis la République islamique sur la défensive plus qu’à n’importe quel autre moment depuis 2018.

Si l’Iran voulait essayer de jouer de sa « haute morale diplomatique », la révélation qu’il essayait d’assassiner un général américain et qu’il piratait l’AIEA a essentiellement éliminé cette possibilité.

Alternativement, si les ayatollahs voulaient s’armer de force et intimider l’Occident par la violence et le terrorisme, ils ont dû faire face à de multiples revers dans l’unité même qui entreprendrait les opérations.

À une époque où l’Iran a annoncé à plusieurs reprises qu’il avait arrêté un grand nombre d’agents du Mossad et débarrassé le pays des infiltrations, il semble que l’agence d’espionnage puisse toujours opérer à tout moment, de manière répétée et n’importe où à l’intérieur des frontières iraniennes.

 

Les ayatollahs ébranlés dans leurs certitudes

Jamais depuis 2018, lorsque les archives iraniennes ont été perquisitionnées ou durant l’été 2020, lorsqu’une dizaine d’installations iraniennes ont explosé jour après jour, les ayatollahs n’ont été à ce point ébranlés par la supposée puissance invisible des forces clandestines d’Israël.

Mais avec l’Iran sur la défensive, pourquoi les États-Unis divulgueraient-ils publiquement le rôle d’Israël dans ces opérations en ce moment ?

Ceci est particulièrement troublant, alors qu’Israël s’est donné beaucoup de mal pour ne jamais admettre ses responsabilités publiquement et pour éviter de mettre inutilement en colère les Iraniens à un niveau personnel.

Si l’État juif voulait éviter une réponse iranienne grave, les révélations publiques de Washington apparaîtraient extrêmement contre-productives.

Ce n’est pas la première fois que l’administration Biden fait sauter la couverture israélienne à propos d’une opération ou divulgue quelque chose sur les opérations de renseignement israéliennes.

Lorsque l’administration Biden l’a fait auparavant, cela semblait faire partie d’un scénario bon flic-méchant flic, afin que Washington puisse continuer à négocier avec les ayatollahs sur les questions nucléaires.

Cela signifie-t-il que l’Amérique cherche toujours agressivement un accord nucléaire avec l’Iran, malgré ce qui semblerait être des désaccords irréconciliables sur le refus de Biden de supprimer le CGRI de la liste terroriste américaine ?

Quelle que soit la raison pour laquelle les États-Unis ont divulgué le rôle présumé d’Israël, et quelle que soit la mesure dans laquelle l’Iran peut répliquer directement contre les intérêts israéliens ou juifs, l’Iran restera sur la défensive.

Au cours des derniers mois, chaque fois que l’Iran a fait monter les enchères en utilisant des drones ou la cyberguerre, Israël aurait contre-attaqué avec beaucoup plus de force et de conséquences.

Le message est clair : qu’il y ait ou non un nouvel accord sur le nucléaire, les conséquences, si l’Iran tente de franchir le seuil nucléaire ou d’intensifier sa violence contre Israël, seront désastreuses.

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