Doit-on tirer sur l’ambulance Loubavitch en Russie?

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Berel Lazar est-il le conseiller militaire ou stratégique de Poutine ?

Dédié à Kasya, l’Ukrainienne, ma voisine d’en face dont les parents sont sous les bombes, à Anatoly (Tolik) le Russe, Sabreen, la Druze de Beit Jann… 

La Cassandre JForum.fr vous l’annonce tout net  : c’est la fin du Mouvement Loubavitch à travers le monde, car ce courant spirituel et temporel est trop proche du pouvoir post-soviétique de Poutine au Kremlin.

On sait (ou croit savoir à la rédaction), en effet, que Berel Lazar, le grand rabbin de Russie, et Alexander Boroda, président de la Fédération des communautés juives de Russie ont pour grand administrateur (président) le « sulfureux » Roman Abramovitch (selon les mauvaises langues), et aucun n’a su prendre le virage de l’Exil doré américain ou de l’Alyah (comme l’ancien patron de Chelsea) à temps.

Du moins… la fin du monde, peut-être pas, car il reste ce village gaulois situé à Crown Heights, Brooklyn et qui pourrait un temps faire contrepoids.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose

Cette dénonciation de mauvais aloi, comme si finalement, le Mouvement Loubavitch était directement impliqué dans le conseil militaire de Vladimir, finançait sa guerre en y consacrant sa Tsedaka ou profitait de la misère imposée aux Ukrainiens, n’est bancale que parce qu’elle s’appuie sur un postulat anti-judaïque, au sens religieux du terme : celui du célèbre journal de gauche, souvent opposé à l’Etat Juif et au volontarisme sioniste, nous nommerons : Haaretz ! La majorité des Juifs du monde entier s’est largement détournée de cette feuille de chou, depuis qu’elle n’est plus la gazette des pionniers de Ben Gurion à la très Ukrainienne Golda Mabovitch dite Meïr, née à Kyiv.

Haaretz et JForum.fr semblent partager un intérêt en commun : faire parler de soi par la mise en cause d’une partie « galeuse » de la communauté.

Un mouvement « prosélyte » auprès des Juifs laïcs

Ce paradigme est répété à plusieurs reprises tout au long de l’article : il est amèrement fait reproche au mouvement dans son ensemble, non tant de disposer d’une représentativité « protégée » à Moscou (donc au mauvais endroit au très mauvais moment), comme les koalas en Chine, mais de régulièrement « faire du prosélytisme auprès des Juifs non-religieux ». On comprend que le post-Sioniste et athée Haaretz se défoule sur ce sujet brûlant. Mince alors, des Juifs plus Juifs aujourd’hui qu’hier et moins que demain, il faut les empêcher de « nuire » (non à la Russie, mais aux autres Juifs sans kippa).

Mais JForum.fr, qui prétend encore militer pour une survivance quelconque du Judaïsme français et, par extension, européen ? Quel est son intérêt à ranger nos Loubas dans le gang de voyous kleptocrates, du cercle intime de Vlad Vladimirovitch le vampire ?

Le Hassidisme ou l’éveil des consciences écrasées par la tragédie

Le principe, ici, soulevé est que le Juif n’est pas prosélyte auprès des autres peuples, il n’est que témoin ou gardien. Oui, mais, depuis que les mouvements religieux révolutionnaires globalement dits « Hassidim » (prônant la joie contre le désespoir et l’ultra-rigorisme des rabbins allemands ou mitnagdisme) ont submergé le champ dévasté du Judaïsme de l’Est, après la grande période des Pogroms de Bohdan Khmelnytsky, autour de 1648, – tiens donc encore un « Ukrainien » allié des Tatars de Crimée, ou du moins un Cosaque Zaporogue, qui s’alliera avec la Russie contre l’armée des deux Nations Polono- Lithuaniennes,- ce mouvement fondé par Israël Ben Eliezer dit Le Baal Chem Tov, Rabbin de Podolie (encore en Ukraine actuellement !) a été et reste partiellement dominant dans la mystique juive d’Europe de l’Est.

S’agit-il alors de « prosélytisme » que de réveiller les consciences après le passage (massacres et souvent les viols) des Cosaques ? Après Adolf Hitler, la Shoah, ou /et Staline et l’Holodomor ? Après 70 années d’athéisme centralisé à la soviétique, qui semble inconsciemment ravir le journaliste d’Haaretz, et, pourquoi pas son épigone de JForum.fr, qui le reprend en le citant dans le texte sur le petit air pervers du « Prosélytisme » ? Quelle est, aujourd’hui, la mission de la maison Loubavitch en Russie, comme en Ukraine, du reste, où la majorité des représentants religieux sont proches de ce courant ou de celui, jumeau, du Rabbin Nahman de Breslev ? Sont-ils tous si corrompus et détestables pour nous, bons occidentaux qui savons choisir leur camp, c’est-à-dire le bon côté confortable de la barricade, défini par Biden et l’OTAN ?

Si c’est la presse internationale qui le dit, alors…

Pour ceux qui imagineraient tirer un grand scandale de compromission de l’article français, qu’ils se rassurent : le papier est, comme selon l’habitude de ce site, un simple copié-collé (ou plagiat) que vous retrouverez intégralement au lien du Courrier International, lui-même très copain de la ligne de pensée du Haaretz en Israël, du Guardian en Grande-Bretagne ? du New York Times américain, surtout du Monde, en France :

c’est-à-dire rarement positif quand il s’agit d’Israël et des Juifs de Diaspora.

Même le sous-titre de la source jamais citée (preuve d’une grande éthique journalistique) ne varie guère, puisqu’il est question de « Pacte Faustien ». De quoi parle t-on ici ?

D’un accord dans lequel une personne abandonne ses valeurs spirituelles ou principes moraux (vend son âme) afin d’obtenir la richesse ou des bénéfices.

En un mot : c’est le Pacte avec le Diable, sans longue cuillère. Le dictionnaire le dit.

Voilà donc ces « journalistes », enfin plumitifs, sondeurs des « cœurs et des reins », comme dit le Prophète, à propos de l’Imprononçable (Jérémie 17:10) :

« Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, Pour rendre à chacun selon ses voies, Selon le fruit de ses œuvres. ».

Mazette ! Quelle Hohma (חכמה: sagesse), Bina (compréhension), et Daat (savoir) -Habad- on a dans ces rédactions !

À l’heure actuelle, le mouvement Habad en Russie, est dirigé par le rabbin Berel Lazar, désigné par l’Organisation FJCR (Fédération des communautés juives de Russie). Le rabbin Aaron Gourevitch, émissaire Loubavitch en Russie, est l’aumônier juif en chef de l’armée russe et des prisons. Il a récemment inauguré la première synagogue dans une prison de Russie. Les organisations Habad envoient de la nourriture casher et des livres aux détenus juifs dans toute la Russie.

Le Bienfaiteur Roman Abramovitch, lutteur contre l’antisémitisme et l’oubli, traîné dans la boue

Mais, qu’on le sache, hormis cette proximité , par présidence interposée, de Roman Arkadyevich Abramovitch, qui leur vaut l’assurance d’un chèque en blanc, en quoi l’establishment Loubavitch de Russie est-il, à un titre ou un autre, incriminé dans une affaire « d’argent sale » qui lui vaudrait sceau d’infâmie ?

L’histoire d’Abramovich est l’histoire des pogroms que les Juifs ont subis partout : en Pologne, en Lituanie et même en Sibérie (le lieu de repos de son grand-père, Nachman Leibovich). Ses ancêtres avaient subi des discriminations à Minsk, Poznan et Hambourg, et plus tôt encore dans la péninsule ibérique et ailleurs (comme nos ancêtres il y a deux millénaires en Juda).

Roman Abramovich a été reconnu par le Forum pour la culture et la religion juives pour sa contribution de plus de 500 millions de dollars aux causes juives en Russie, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Lituanie, en Israël, au Portugal et ailleurs au cours des vingt dernières années.

Son nom civil est connu mais peut-être pas son nom hébreu : Nachman ben Aharon. Son nom fait référence à celui du grand sage séfarade du XIIIe siècle, Moises ben Nachman, dit Nachmanide.

Abramovich est un membre bienfaiteur de communautés juives, telles que Chabad Portugal (à Cascais, il possède le plus grand centre Chabad d’Europe) et B’nai B’rith International Portugal, ainsi que d’autres philanthropes des États-Unis, de Russie, de Chine et d’Israël.

En plus des dons de millions de dollars à l’Agence juive pour Israël et aux communautés juives du monde entier, Abramovich a participé à des actes symboliques tels que la plantation d’une forêt avec environ 25 000 arbres à la mémoire des Juifs lituaniens morts dans la Shoah, et la réhabilitation du cimetière de l’ancienne communauté juive portugaise d’Altona, aujourd’hui quartier de la ville de Hambourg.

La lettre qu’un parent polonais d’Abramovich a écrite en 1940 à la communauté juive de Porto (qui était majoritairement polonaise à l’époque), la suppliant d’informer sa famille qu’il était arrivé sain et sauf à Londres, amène à conclure que, oui, il avait fui les nazis, mais il n’était guère à l’abri d’un autre type d’antisémitisme, fondé sur les mêmes mythes et injures.

Après des décennies d’aide au peuple d’Israël et à l’État d’Israël, en 2018, il a obtenu la citoyenneté israélienne.

Selon un précédent rapport de l’Anti-Defamation League, en juin 2021, il est la cible n°1 de l’antisémitisme en ligne dans le monde du football, ayant acheté le club de football de Chelsea (et récemment revendu) qui participe à la Premier League anglaise en 2003.

En raison de l’influence d’Abramovich, Chelsea travaille maintenant avec des personnalités et des autorités du monde entier pour aider à lutter contre l’antisémitisme et la haine en général. Dans l’élan de cet effort, les joueurs, la direction et les fans rencontrent fréquemment des survivants de la Shoah, dans le cadre d’une campagne impliquant des partenaires tels que le Congrès juif mondial, B’nai B’rith International, le Holocaust Education Trust et la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines.

Bien qu’il finance des projets dans le monde entier, comme celui en Israël qui réunit chaque année 1000 enfants juifs et arabes à travers le football, pour faire tomber les barrières entre les jeunes de différentes cultures, Abramovich est bien conscient que beaucoup n’attribueront jamais des intentions positives ou des sentiments purs à son actions, peu importe à quel point il essaie.

L’histoire juive l’a prouvé maintes et maintes fois.

Et c’est à ce mec que les ploucs du Haaretz et de JForum.fr font la guerre de la bonne conscience, au motif que Poutine ne l’a jamais pourchassé ni condamné à la Sibérie, comme d’autres moins chanceux  (Khodorkovsky, de père Juif, pour ne citer que lui, dernièrement)?

La règle devient la suivante : dans les pays en crise et en recomposition, comme dans l’ex-URSS ou l’Ukraine, hormis une aide succincte à l’Alyah de la part de l’Agence Juive (quand bien même beaucoup de Juifs Russes et Ukrainiens sont montés entre 1990 et ces tous derniers temps, nous pouvons en témoigner directement depuis une ville d’intégration du Nord de la Galilée), ce sont ce type de mouvements d’aide tournés vers une mission du type d’une re-spiritualisation qui font l’essentiel du travail sur le terrain.

Mais leur rôle principal, aux yeux du peuple juif, n’est pas de changer le régime sur-place et de faire en sorte que le Russe de la rue ne soutienne pas Poutine. C’est, au contraire, de ne pas contrarier une relative bienveillance ( en grande partie illusoire, mais il faut bien faire avec) dont disposerait la communauté, vis-à-vis d’autorités capricieuses et changeantes.

Le régime post-soviétique n’a guère changé de nature, mais l’homme Vladimir Poutine conserve quelques réminiscences de la fréquentation d’une famille juive accueillante durant son enfance solitaire. A-t-on le pouvoir, au Haaretz donneur de leçons de morale et à ses épigones de sites communautaires français, de changer la vision impériale de l’ex-KGBiste ?

Berel Lazar peut-il enseigner le bien et le mal géopolitique à l’homme de Moscou sans dommage pour les Juifs de Russie, alors que la plupart des journalistes et des opposants, soit trouvent refuge à l’étranger, soit se font emprisonner ?

Qui est donc si bien placé pour asséner sa morale bon marché ?

Ces pratiques parisiennes de dénonciation gratuite et de diabolisation à peu de frais doivent impérativement laisser leur sérénité et leur liberté de juger librement de la situation aux autorités qu’ils accusent de frayer avec … le Malin, comme autrefois, du temps de l’Inquisition.

Salutations de Galilée,

Marc Brzustowski

4 commentaires

  1. Merci pour cet article qui rétablit la vérité autour de ce conflit russo-ukrainien et dans lequel certaines auto-proclamées bonnes âmes et grandes consciences veulent à tout prix jeter Israël et les Juifs.

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