Neutraliser un terroriste porte de Damas : bonne décision ou “crime de guerre” ?

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La neutralisation de Mohammed Shawkat Salima, le terroriste qui a poignardé un jeune de 20 ans à la porte de Damas à Jérusalem, a suscité une vive controverse parmi l’opinion publique et les politiciens israéliens.

Par TAL SPUNGIN Publié: 4 DÉCEMBRE 2021 20:46

 Des gardes-frontières israéliens patrouillent dans la zone près du site d'une fusillade dans la vieille ville de Jérusalem, le 21 novembre 2021. (Crédit photo : REUTERS/AMMAR AWAD)

Des gardes-frontières israéliens patrouillent dans les environs du site d’une fusillade dans la vieille ville de Jérusalem, le 21 novembre 2021.(crédit photo : REUTERS/AMMAR AWAD)

Le terroriste qui a perpétré une attaque à l’arme blanche à la porte de Damas à Jérusalem a été tué par deux agents de la police des frontières alors qu’il était allongé sur le sol, apparemment après avoir été blessé.

L’élimination de l’agresseur, Mohammed Shawkat Salima, 25 ans, a suscité une vive polémique au sein du public israélien. Les deux policiers font actuellement l’objet d’une enquête par le Département des enquêtes policières.

 

Les députés de la coalition et de l’opposition avaient des points de vue opposés, certains soutenant les agents de la police des frontières pour leurs actions et certains déclarant que l’exécution de Salima était une condamnation extra-judiciaire.

Dans les images de l’attaque au couteau, qui a laissé un homme haredi (ultra-orthodoxe) de 20 ans modérément blessé, on peut voir les officiers tirer sur le terroriste, après quoi il tombe au sol, puis tirer à nouveau au sol où Salima était allongé, blessé, alors qu’un autre officier leur faisait apparemment signe qu’ils devaient retenir leur tir.

Des agents de la police des frontières d'Israël arrêtent un manifestant à la porte de Damas (crédit : MARC ISRAEL SELLEM)Des agents de la police des frontières d’Israël arrêtent un manifestant à la porte de Damas (crédit : MARC ISRAEL SELLEM)

Le commandant de la police des frontières, Amir Cohen, a apporté son soutien total aux agents de la police des frontières sur les lieux. “Les officiers ont agi avec détermination, mettant fin à l’incident en empêchant une attaque plus importante contre les civils et les officiers”, a déclaré Cohen.

Le Premier ministre Naftali Bennett a félicité les agents de la police des frontières pour leurs actions, déclarant qu’ils avaient agi « rapidement et avec détermination, comme on l’attend d’eux ».

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a écrit sur Twitter qu’il “salue les actions des forces de la police des frontières, qui ont courageusement neutralisé le terroriste”.

Les composantes de droite du gouvernement israélien dirigé par Bennett ont toutes exprimé leur soutien aux officiers, y compris le ministre des Finances Avigdor Liberman, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et le ministre des Communications Yoaz Hendel.

Le chef de la police israélienne Kobi Shabtai et le ministre de la Sécurité publique Omer Bar Lev ont également exprimé leur soutien aux officiers, Bar Lev offrant une explication de leurs actions. Selon Bar Lev, les agents ont fait le bon choix pour déterminer si le terroriste portait une ceinture d’explosifs.

“S’il y a un doute, il n’y a pas de doute à avoit“, a déclaré Bar Lev sur Twitter.

De l’autre côté du gouvernement, le ministre de la Coopération régionale Esawi Frej a critiqué la manière dont les officiers ont géré la situation, qu’il a qualifiée d’”acte d’indifférence envers la vie humaine” qui “mérite une enquête“.”Vous ne devez tirer sur les agresseurs que pour sauver des vies humaines“, a déclaré Frej. “Ne pas faire feu quand ils ne représentent plus un danger”.

La ministre des Transports Merav Michaeli a semblé contradictoire dans sa réponse à l’attaque, déclarant que si « le terrorisme doit être combattu avec force », elle s’attend à ce que la police israélienne et Bar Lev mènent une enquête approfondie sur l’incident.

Les députés de la Liste arabe unie, Aida Touma-Sliman et Ofer Cassif, ont tous deux ouvertement critiqué les officiers, Touma-Sliman qualifiant leurs actions, qu’ils ont toutes deux décrites d’”exécution“, de “crime horrible et terrible”. Cassif a déclaré que le meurtre était un “crime de guerre flagrant”.

Azaria rentre chez lui après avoir purgé sa peine, le 8 mai 2018. (crédit : A. SHOSHANI)Azaria rentre chez lui après avoir purgé sa peine, le 8 mai 2018. (crédit : A. SHOSHANI)

Le dernier précédent d’une situation similaire à celle-ci était le procès très controversé et public d’ Elor Azaria, l’ancien soldat de Tsahal qui a tué un terroriste palestinien maîtrisé alors qu’il ne représentait aucune menace en mars 2016.

Azaria a été reconnu coupable d’homicide involontaire et a purgé 14 mois d’une peine d’homicide involontaire de 18 mois.

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Neutralisation d’un terroriste à la porte de Damas : bonne décision ou “crime de guerre” ?

3 commentaires

  1. Cela n’a rien à voir avec Elor Azaria. Ici tout se passe en quelques secondes face à quelqu’un qui, techniquement parlant, a commencé à tuer une personne et cherche à continuer sur une seconde. Il est neutralisé au sol mais il y a crainte qu’il poursuive en actionnant une ceinture explosive (comme cela a été le cas dans un attentat à Beer-Sheva). Si le soldat a une raison plausible de le penser, son tir est justifié.
    Dans le cas Elon Azaria, le terroriste était au sol depuis bien avant l’arrivée de M Azaria sur le site et d’autres soldats avaient le contrôle de la situation. Selon le jugement rendu par le tribunal, le tir n’était pas justifié.
    Lorsqu’on juge, il faut se rappeler (1) que le terroriste n’était pas venu pour distribuer des bonbons mais pour assassiner un maximum de Juifs et (2) que le tout se passe en quelques secondes et que des décisions de vie ou de mort doivent être prises très rapidement, une négligence sur une ceinture explosive pouvant coûter la vie à de nombreux innocents.
    En l’état de nos connaissances, nos soldats ont agi ici avec la détermination et la justesse requise par les circonstances.

    1. Il n’y a plus qu’à attendre que l’enquête policière le confirme, sauf surprise qui désavouerait la réaction logique des policiers des frontières. Il est clair qu’il y a un réel décalage avec les scènes recueillies à l’époque sur le « dossier Azaria » et les raisons justifiées qui lui avaient valu condamnation, malgré le soutien populaire dont il a bénéficié : il est temps de clarifier ce faux dilemne des « consignes de tir » qui sont utilisées politiquement pour décrédibiliser le jugement des soldats et leurs capacités réelles à évaluer les situations. On l’a encore vu lors de l’assassinat terroriste de Barel Hadaria Shmueli z’l, alors que ses camarades attestaient qu’il avait préalablement effectué douze tirs (donc qu’il n’était pas resté « les bras ballants » sur ordre – Le vrai problème était son exposition par un angle mort, trop près d’hommes armés du Hamas en position de faire feu….

  2. La première photo de Reuters decrit à tort une patrouille près du lieu de la fusillade. Oe cette photo est prise à côté de l’Esplanade, à l’extérieur. Un simple agrandissement permet de lire la plaque. Voilà donc une agence de presse mondialement connue. (pour sa désinformation sur Israël aussi) diffuse une photo sans rapport. Pire encore, le Jerusalem Post reprend le cliché sans contrôler. Voilà qui en dit long sur le sérieux de ces journaleux.

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