L’option militaire contre l’Iran devrait être prête dans plus d’un an

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L’armée de l’air israélienne commencera à s’entraîner l’année prochaine en vue d’une éventuelle frappe aérienne en Iran. Selon les évaluations, la formation à une telle mission pourrait prendre au moins un an, voire plus.

Des changements en profondeur

À la lumière de la décision de l’échelon politique sur la question et de la progression du programme nucléaire iranien, l’armée de l’air israélienne commencera à s’entraîner dans l’année à venir, en vue d’une éventuelle frappe aérienne en Iran. Selon les évaluations, la formation à une telle mission pourrait prendre au moins un an. Au-delà de la nécessité de disposer d’informations de renseignement à jour et de préparer plusieurs options d’attaque, l’IAF devra également modifier la structure de ses forces, la façon dont les forces sont entraînées, la maintenance des avions et même se procurer une quantité considérable de pièces de rechange pour les vols longue distance.

 

Ce n’est un secret pour personne que ces derniers mois, les généraux de Tsahal ont réorganisé leurs priorités pour se préparer à une option d’attaque crédible en Iran. Comme nous le savons, ce changement est intervenu après qu’Israël a abandonné ses préparatifs militaires en vue d’une telle frappe en 2016, plusieurs mois après que l’Iran a signé l’accord nucléaire avec les puissances mondiales, pour se concentrer plutôt sur des problèmes tout aussi urgents ailleurs.

 

Une interruption du programme d’entraînement depuis 2016

Ces derniers mois, cependant, alors que l’Amérique a levé d’importantes sanctions économiques précédemment imposées à l’Iran et que Téhéran a continué à développer son programme nucléaire sans reprendre les négociations, les dirigeants israéliens ont décidé de recommencer à planifier une éventuelle frappe aérienne en Iran et ont alloué des fonds pour cette mission.

 

Le plan de formation a été présenté au chef d’état-major, le lieutenant-général Aviv Kochavi, qui l’a approuvé, et la conviction de l’IAF, comme indiqué, est qu’il faudra au moins un an, sinon plus, pour que le plan devienne pleinement opérationnel. L’espoir en Israël, en attendant, est qu’une autre voie soit trouvée pour ralentir ou arrêter la marche de l’Iran vers l’obtention d’une bombe nucléaire.

Pendant ce temps, des responsables israéliens ont également noté que l’Iran développe un missile sol-air avancé qu’il a déjà stationné dans des pays comme l’Irak, le Yémen et la Syrie, dont le but, entre autres, est d’abattre des avions de l’IAF, ce qui, selon les rapports étrangers, sont actifs dans l’arène.

 

La défense anti-aérienne syrienne n’est pas à la hauteur

Les responsables de l’IAF notent également que les batteries de missiles sol-air syriennes ont amélioré leurs performances, raccourcissant leur temps de réponse de 20 % depuis 2017. Avec cela, et malgré les affirmations des organes de presse syriens après chaque attaque, leur capacité à intercepter les armes utilisées par les avions de combat de l’IAF sont encore extrêmement limitées et non perturbatrices.

Quoi qu’il en soit, l’IAF a changé de modus operandi, menant désormais des attaques plus larges et plus complètes à chaque fois afin de ne pas nécessiter plusieurs attaques au même endroit dans un court laps de temps. Dans le même temps, les officiers de Tsahal pré-planifient également l’angle des attaques afin de réduire les risques de missiles sol-air syriens errants sur Israël.

« Plus concentré – en regardant vers l’est »

Les responsables de l’IAF notent également la menace accrue des drones, en particulier des drones iraniens situés dans plusieurs pays de la région, dont l’Irak et le Yémen. La plupart des détails sont classifiés, mais on sait que ces drones sont capables d’atteindre Israël à des milliers de kilomètres de distance. L’armée israélienne a l’intention de se procurer des systèmes radar supplémentaires pour faire face à la nouvelle menace.

De plus, les Forces de Tsahal ont l’intention de rendre opérationnelles 10 batteries Dôme de Fer dans un proche avenir et d’en avoir plusieurs en réserve.

« Le Moyen-Orient est une arène complexe qui change à tout moment », a déclaré le chef de l’IAF, le général de division Amikam Norkin. « Les défis auxquels nous sommes confrontés ne font que croître et nous devons donc avoir une longueur d’avance sur l’ennemi. L’IAF s’entraîne régulièrement pour être prêt à faire face à un large éventail de scénarios d’urgence. »

 

Le général de Brigade Amir Lazar, chef de la division Formation et doctrine de l’IAF, a évoqué les plans d’une attaque en Iran.

« Nous modifions le point sur lequel travailler et nous nous concentrons davantage sur l’Est », a-t-il déclaré, ajoutant que l’IAF dispose des capacités de base nécessaires pour mener des actions dans les pays périphériques, comme l’Iran. « En allant de la capacité de faire le plein [en vol] à la capacité de travailler dans l’isolement et dans des conditions d’incertitude – ce sont les choses que nous pratiquons tous les jours. Par conséquent, nous ne parlons pas de devoir partir de zéro, mais plutôt d’un changement pour améliorer certaines capacités. »

israelhayom.com

2 commentaires

  1. Pour être clair, la difficulté est celle de la distance. L’Iran est à près de 2000 km en traversant la Syrie et l’Iran, beaucoup plus par une option Arabie Saoudite envisageable mais soumise à incertitude. L’Iran, c’est 1500 km Nord-Sud et 2000 km Est-Ouest.

    Il est également notoire que les cibles sont réparties sur l’ensemble du territoire iranien.

    Une frappe majeure ne peut se réaliser qu’en force avec ravitailleurs et leur protection. Cette flotte qui devra regrouper le gros des avions israéliens sera repérée très vite. D’ailleurs, l’article explique que la nouvelle pratique de ciblage en Syrie se réalise par réduction des angles d’attaques.
    Si Israël y va seul, c’est une mission suicide avec une probabilité très faible d’atteindre ses cibles et déjà d’atteindre l’Iran.
    Les accords d’Abraham sont une chose mais un an ne suffira pas à coordonner une coalition, d’autant qu’un soutien américain est également de moins en moins probable.

    Il reste les options militaires et non militaires dont on ne parle pas et dont nous ne parlerons pas.

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