Francis Khalifat peine à jouer un autre rôle que celui de courroie de transmission des autorités. Sa représentativité auprès de la « rue juive » est inexistante et certainement plus basse que ne l’a été celle de ses prédécesseurs
(pensée à Roger Cukierman qui aurait dit que Zemmour effraierait peut-être les antisémites de banlieue, comme il l’avait dit de Le Pen en avril 2002-provoquant déjà le scandale).
Le Crif, outre qu’il ne regroupe que des « associations » uninominales et individuelles et quelques vestiges de militantisme d’avant les années 2000, est devenu le nom d’un dîner annuel. Il soigne son image de Juifs de Cour, mais est sans effet mesurable sur la progression de l’antisémitisme au quotidien.
Un CRIF à jour sur ses défis réels aurait relevé le gant et provoqué un débat avec Zemmour sur les points de litige historiques et son « programme » contre la délinquance à mutation islamiste pour le confronter sur les points aveugles de son discours. L’appel à la censure pure et simple rabaisse l’institution au niveau d’un parti communiste des années 30, incapable de franchir le pas du discours idéologique manichéen. Il pratique l’exclusion ou cancel culture en mode Woke et n’apporte rien au débat français ni aux aspirations Juives à vocation sioniste. Il démontre simplement être dépassé par les événements et hors-course.
Les Juifs sont assez adultes pour faire la part du feu et de la démagogie dans les impostures de Zemmour sur la déportation sous Pétain et ses flèches qui visent juste sur le nouveau totalitarisme islamiste, même s’il est incapable de penser (ou il s’en fout comme de l’An 40 et de l’étoile jaune) la solidarité viscérale des Juifs de France avec cette grande nation qu’il ne connaît pas : Israël.
Mais ce ne serait pas sans ironie qu’un polémiste juif (même si se déniant officiellement comme tel) soit le seul présent face à la Macronie au débat de Second Tour, parce que les électeurs en auraient pour leur déplacement du dimanche suivant…

Volodymyr Zelensky, Olena Zelenska, qu’il a rencontrée au lycée, -magnifique d’émotion retenue sur une autre image, à l’inauguration du Souvenir de Babi Yar.-
Un nouvel avatar de la politique spectacle en exclusivité? Voyons dans un autre genre, que Volodymyr Zelensky semble bien réussir dans son habit de Président de la république ukrainienne, face à une opinion publique certainement bien plus antisémite que ne le sera jamais l’électorat français et face à Poutine, qui n’est pas des moindres menaces (quand Zemmour se courbe devant Pétain, incapable d’intégrer le virage du discours Chirac du 16 juillet 1995). Mais lui au moins a eu le courage d’inaugurer le Musée du Souvenir de Babi Yar et n’enterre pas les cadavres du placard des années noires sous des tonnes de lieux communs (même si ses enfants sont assimilés orthodoxes). Cela n’est pas près d’arriver avec cet autre « Clown » politique Zemmour qui se veut un Destin Français -point-barre-… Tout le monde n’a pas eu la « chance » d’avoir des grands-parents déportés pour tourner sa plume sept fois dans sa bouche avant d’écrire n’importe quoi.
Marc Brzustowski
Éric Zemmour éreinte le président du CRIF : « Moi, je suis très populaire quand je vais à la synagogue »
Éric Zemmour © WITT/SIPA
Il répond aux critiques et se montre tranchant. Éric Zemmour était invité au micro de Sud Radio, lundi 11 octobre. S’il a abordé son projet en cas de candidature à l’élection présidentielle de 2022, il s’en est également pris à quelques-uns de ses détracteurs. L’éditorialiste a notamment abordé le cas du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat. Éric Zemmour a assuré être « très populaire » lorsqu’il se rend dans une synagogue, laissant entendre que cela ne serait pas le cas de Francis Kalifat : « Je conseille à Monsieur Kalifat de venir avec moi et on verra qui sera le plus populaire. »
Appel à « faire barrage »
Lors d’une interview sur Radio J, à la mi-septembre, le patron de l’organisation représentative des Juifs de France s’était en effet montré opposé à une candidature d’Éric Zemmour. Il avait appelé à lui « faire barrage », du moins si l’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot venait à se présenter. « Pas une voix juive ne doit aller au candidat potentiel Éric Zemmour », avait-il insisté, accusant au passage le journaliste de vouloir « réhabiliter Pétain ».
« L’idiot utile » des antisémites
Des propos qui lui ont donc valu les foudres de l’ex-chroniqueur « de Face à l’info » sur CNews, lundi. « Ce Monsieur fait croire qu’il y a un vote juif. Ce Monsieur croit et fait croire qu’il peut donner des consignes de vote et qu’il y aurait des centaines de milliers de Juifs qui obéiraient », a martelé Éric Zemmour. Toujours sur Sud Radio, il a également constaté que le patron du CRIF faisait « le lit des plus fous antisémites, persuadés qu’il y a une union des Juifs pour régner sur la France ». Il a enfin jugé que Francis Kalifat était « l’idiot utile des derniers antisémites qui subsistent en France ».