Des garanties russo-U.S pour Israël face à l’Iran, puissance du seuil nucléaire?

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Israël pourrait-il accepter l’Iran comme puissance nucléaire sous réserve de garanties américano-russes?

Si des démarches sont en cours, rien ne les certifie

Debkafile semble bien sûr de son fait, lorsque le site énonce des négociations secrètes, lors desquelles Américains et Russes offriraient un cadre indépassable à la notion de « seuil nucléaire » pour l’Iran. Ce serait censé rassurer Israël qui se reposerait sur ces belles paroles…

Le doute s’installe, car cela irait à l’encontre de la Doctrine Begin et aucun dirigeant israélien ne pourrait y souscrire totalement sans garder l’oeil bien ouvert… D’autant plus un pouvoir réputé fragile et soumis à une opposition intérieure qui ne lui laisse rien passer. Bennett serait ici automatiquement accusé d’avoir cédé aux pressions. Cela ne peut pas être dans son intérêt. Mais, le seul faut d’avoir laissé le doute, en disant chercher à s’aligner sur le gouvernement Biden, a laissé la porte ouverte à ce genre de spéculations.. 

L’Iran marque le pas technique, et peut/doit donc gagner du temps

Israël, l’Iran, les États-Unis et la Russie se seraint engagés dans des pourparlers secrets pour l’acceptation par Israël de l’Iran comme puissance nucléaire (du « seuil ») en échange d’une garantie américano-russe que Téhéran ne franchira pas le seuil pour fabriquer une bombe nucléaire. A l’heure qu’il est, l’Iran ne serait pas en mesure de franchir un tel seuil, car, selon Heyman, ancien chef de l’AMAN, hormis l’enrichissement d’uranium, les autres travaux indispensables (vectorisation d’une ogive nucléaire et d’un dispositif de détonation sur un missile type Khoramshahr ou Shehab 3?) ou  n’ont pas encore suffisamment avancé. Si l’horizon infranchissable demeure d’ordre technique, il n’y a aucune raison pour Téhéran de ne pas laisser croire que, jusqu’à preuve du contraire, il consent à un « arrangement diplomatique ». Mais une fois ce seuil atteint et dépassé, qu’est-ce qui pousserait l’Iran à revenir « derrière la ligne rouge »? C’est totalement hypothétique et gratuit, en terme de risque encourru pour et par Israël… Donc l’enjeu de la négociation semble parfaitement creux, sauf à tenter de repousser une échéance… 

DEBKAfile : Des sources du Kremlin affirment que les informations faisant état d’un prochain sommet entre le Premier ministre Naftali Bennett et le président Vladimir Poutine à Moscou, peut-être le 22 octobre, attestent que ces pourparlers progressent vers un éventuel accord.

Toute démarche conditionnée à un Plan B interventionniste

Un indice fort de ce stratagème secret est également venu de Washington. La semaine dernière, une délégation israélienne dirigée par le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata (ci-dessus avec Sullivan à Washington) a rencontré son homologue américain Jack Sullivan pour ce qui a été officiellement présenté comme une discussion sur le plan B, si la tentative du président Joe Biden de relancer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran échouait. Cette présentation visait à détourner l’attention de la piste secrète en cours, négociée par les deux grandes puissances sur la question nucléaire iranienne.

Juste après la fin des entretiens des deux conseillers à la sécurité, le secrétaire d’État Antony Blinken a téléphoné au ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Moscou. Il a ensuite appelé le Ministre des Affaire étrangères israélien Yair Lapid et a organisé une rencontre à Washington la semaine prochaine.

Russes protecteurs de l’Iran et Washington de Jérusalem?

DEBKAfile tire trois conclusions de ces échanges :

  1. La Russie rejoint pour la première fois (depuis l’accord nucléaire initial de 2015) les États-Unis dans une série intensive de pourparlers secrets pour résoudre le problème nucléaire iranien par la diplomatie.
  2. Moscou, bien que le principal fournisseur d’énergie nucléaire de l’Iran, se prête à un effort de médiation pour résoudre le différend nucléaire entre Téhéran et Jérusalem.
  3. Poutine accepte de rejoindre l’administration Biden dans l’offre de garanties qui empêcheraient l’Iran de dépasser le seuil pour développer réellement une arme nucléaire. Moscou garantirait en outre le respect par l’Iran du nouvel accord, sur lequel Moscou, Washington, l’Iran – et Israël aussi, cette fois-ci – travaillent dur.

Si cette décision se déroule comme prévu et que Téhéran s’abstient d’ériger des obstacles inattendus, un nouvel accord nucléaire pourrait être en cours. Fin octobre ou début novembre, il sera peut-être prêt pour que l’Iran et les six puissances d’origine (États-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne et UE) y apposent leurs signatures, certifiées pour la première fois par Israël.

Là où le bats blesse : suspension de toute Doctine Begin? Mais pour satisfaire qui?

Il est peut-être prématuré d’évaluer les implications régionales de cet accord s’il se concrétise. Cependant, le gouvernement Bennett-Lapid semble prêt à reculer sur l’objectif politique le plus fondamental d’Israël, à savoir, ne jamais permettre à l’Iran d’atteindre le seuil d’une puissance nucléaire. Cela signifierait également qu’Israël pourrait enfin se satisfaire d’une garantie conjointe américano-russe contre l’acquisition par l’Iran d’une arme nucléaire.

[Totalement bancal en matière de souveraineté nationale, pierre d’acchoppement de toute doctrine militaire israélienne : Debkafile fait comme si Bennett, ancien Sayeret Matkal, ne connaissait pas les principes de la Sécurité Nationale. Il peut accepter des négociations jusqu’à un certain point et reprendre son droit/ devoir de frappe dès que « quelque chose cloche »]

Le fait que cette piste diplomatique secrète soit vivace a été suggéré par certaines nuances dans les propos du chef d’état-major, le lieutenant général Avivi Kohavi, le 5 octobre, lors de la cérémonie marquant le changement de chef du renseignement (AMAN). (Le général de division Ahron Haliva succède au général de division Tamir Hayman). 

« Les préparatifs pour détruire les capacités nucléaires de l’Iran se poursuivront dans tous les domaines et à tout moment », a déclaré le général Kochavi. « Ces préparatifs continuent de se développer et de s’améliorer. » Il a poursuivi en soulignant: « En cas de circonstances quelconques, nous sommes tenus de nous tenir prêts avec une réponse militaire efficace et opportune. »

Les mots du chef de l’armée étaient formulés en termes conditionnels et au futur, indiquant que les « préparatifs » d’Israël avançaient mais n’étaient pas encore prêts à se déclencher. Alors que Kohavi a clairement indiqué à Téhéran que les plans militaires d’Israël étaient fermement en place pour toute éventualité, il s’est abstenu de tout langage susceptible de gâcher le jeu diplomatique.

[NDLR : pourquoi Kochavi, chef d’Etat-Major militaire, gâcherait-il par plaisir les démarches diplomatiques qui ne relèvent pas de sa sphère et sont, d’accord tacite, toujours en route.. Jusqu’à la prochaine guerre contre les installations nucléaires iraniennes-???- C’est se payer de mots et confondre les fonctions différenciées au sein d’un gouvernement…]

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