La toute première opération de guerre entre les guerres

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« Kidnapper -intercepter- les Fatah 110 » – la première opération secrète qui a presque conduit à la guerre ouverte avec la Syrie

Missiles repérés et bombardements dans le cadre d’une opération avant leur livraison au Liban, incursions et cyberopérations combinées, concentration sur la prévention des dommages causés aux civils, danger d’érosion dû à la mécanisation de la guerre et le maintien de l’ambiguïté devenue le secret du succès.

Révélations sur les premières attaques contre l’Iran en Syrie : « Depuis le lancement de MaBaM (la guerre entre les guerres), le concept est simple : au lieu de mener une guerre une fois par décennie, on conduit le dixième des opérations d’une guerre une fois par an »

 

La division Islamistes/rebelles donne la victoire à Assad

 
La guerre civile syrienne est entrée dans sa troisième année (2013) en présentant des signes optimistes pour le président Bashar Assad. Les rebelles islamistes ont commencé à se séparer de l’Armée syrienne libre et l’assistance des Gardiens de la révolution iraniens a commencé à donner des signaux forts, le Hezbollah était également déjà engagé dans la lutte pour Assad.
 
 
Dans le chaos qui régnait chez son voisin du nord, la division du renseignement de Tsahal avait identifié une tendance inquiétante quelques semaines plus tôt.
 
Hezbollah supporters wave Hezbollah and Syrian flags with a picture of Syrian President Bashar Assad, right, and Hezbollah leader Sheik Hassan Nasrallah, left, during a rally marking the sixth anniversary of the 2006 Israel-Hezbollah war, in Beirut’s southern suburb, Lebanon, Wednesday, July 18, 2012.

La guerre civile ouvre la voie d’approvisionnement au Hezbollah

 
Au sommet de l’establishment de la défense, ils ont un peu regardé rétrospectivement les années 2007-2012 – en  les désignant comme les soi-disant « années perdues ». Le Hezbollah s’est renforcé sans interruption depuis la fin de la Seconde Guerre du Liban, a rempli ses entrepôts de dizaines de milliers de roquettes couvrant tout le territoire d’Israël, a mis en place une unité aérienne avec des centaines d’avions sans pilote (drones), certains suicidaires (drones-tueurs), et rééquipé ses combattants avec les meilleurs missiles antichars (Kornet), issus de l’URSS et autres moyens pour la collecte de renseignements et la localisation des cibles.
 
Le chef d’état-major de l’époque, le lieutenant-colonel Benny Gantz, était alors occupé par des batailles budgétaires avec le ministère des Finances. L’armée de terre s’est à peine entraînée, à Gaza, elle s’est remise de l’opération Pilier de Défense, mais la tête était bien plus préoccupée par (et « enfoncée dans ») l’arène nord. Dans une décision sans précédent, Israël a décidé d’attaquer la Syrie à l’époque, et ne savait pas encore que ce ne serait que l’une des centaines d’opérations similaires, dans le contexte de la guerre entre deux guerres – l’ opération « Jumping Head » (« La tête la première ») a été lancée.
 

Le monde est surpris, Israël se tait. Ou presque. 

Des SA-17 pris pour cibles. 
 
Les pilotes israéliens des avions de combat qui ont été lancés vers le nord par cette nuit sans clémence ne savaient pas où ni comment prendrait fin l’opération. Le chef d’état-major Ganz, le ministre de la Défense Ehud Barak et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient plus de points d’interrogation que de réponses, quant à la façon dont cette décision serait interprétée de l’autre côté.
 
Jusque-là, et au fil des ans, Israël avait mené des opérations secrètes au-delà de ses frontières, mais celles-ci étaient limitées et menées, principalement sur le terrain et par des unités d’élite. Pas accompagnées du bruit des avions de chasse.

Assad et Hezbollah n’ont pas loisir d’ouvrir un autre front

 
« Jusqu’alors, nous pensions que chacune de nos attaques en Syrie équivaudrait à une déclaration de guerre, il y avait une retenue mutuelle« , a déclaré un haut responsable du renseignement qui était impliqué dans les préparatifs de l’opération à l’époque.
 
L’armée se préparait à un scénario extrême d’escalade qui dégénèrerait en une guerre, avec l’implication du Hezbollah. L’état de préparation des forces armées et de l’armée de l’air avait atteint un sommet.

Documentation de l'attaque à la télévision syrienne. Apparemment une cargaison de missiles

Documentation de l’attaque à la télévision syrienne. Apparemment une cargaison de missiles
( Photo: AFP, TÉLÉVISION SYRIENNE )
 
La cible était une cargaison d’armes, apparemment des missiles, arrivée d’Iran en Syrie en route vers le Hezbollah. La veille, à l’aube, le premier indice est arrivé avec un premier reportage de l’agence de presse AP sur 12 avions de combat israéliens entrant dans l’espace aérien libanais.
 
Un jour plus tard, dans la nuit de l’attaque, l’agence officielle syrienne SANA a annoncé que l’armée de l’air israélienne avait attaqué le centre de recherche Jamaria près de Damas, devenu plus tard un lieu-symbolique de MaBaM (acronyme hébreu) et un foyer de nombreuses attaques. Le monde a été choqué sans discerner ce qui l’a précédée et en se demandant pourquoi Israël mettait la main dans le chaudron bouillant en Syrie.
La BBC a cité un haut responsable américain disant qu’Israël attaquait également des missiles anti-aériens SA-17 de fabrication russe en mouvement.
 
CNN a rapporté que l’attaque israélienne visait un convoi d’armes circulant de la Syrie vers le Liban. 

Une ambivalence à géométrie variable

 
Pendant ce temps, l’establishment Israélien officiel garde le silence. La compréhension en Israël est que cette ambiguïté est un atout central pour le succès de l’opération et le maintien en dessous du seuil de déclaration de guerre. Les Syriens et les Iraniens menacent de représailles.
 
Quatre mois de silence dans l’arène nord s’écoulent jusqu’à ce que le général de brigade Itai Baron, chef de la division de recherche des Forces armées à l’époque, résolve la dernière partie du mystérieux puzzle. Il dévoile que la cible attaquée est une batterie de missiles SA-17 destinée à atteindre le Hezbollah. Si ces missiles  avaient atteint leur destination, le Hezbollah aurait pu tenter d’éroder la supériorité aérienne d’Israël dans le ciel libanais.
Au cours de ces cinq mois du printemps 2013, une certaine euphorie a régné dans les forces armées. La première et la plus bruyante opération du genre menée sur le sol syrien a été couronnée de succès et celui-ci était de grande envergure, mais seulement pour une courte période.

 

Le passage de la description à la mise en forme de la réalité

 
 
Au cours des premiers mois de 2013, l’unité 8200 a reçu les premiers signaux sur ce qui est actuellement défini dans les forces armées comme la première opération MaBaM. Les Syriens et les Iraniens, qui sombrent dans la guerre qui fait rage, ne répondent pas à l’attaque de fin janvier, et le niveau élevé de vigilance en prévision d’un scénario de guerre diminue.
 
Les éléments de renseignement qui sont collectés entre-temps créent une image troublante. Les Iraniens prévoient d’envoyer des dizaines de missiles Fatah 110 à moyenne portée au Hezbollah à l’aéroport international de Damas. Ce sont des missiles relativement précis.

Fatah 110.

Fatah 110. « Pour nous c’est une arme qui bouleverse l’équilibre »
( Photo: AP )

Téhéran tente e tout pour le tout

« Pour nous, c’est une arme qui bouleverse l’équilibre, et elle aussi, comme des cargaisons similaires depuis, a été chargée sur le jumbo jet iranien », décrit un haut responsable de la sécurité. Nous nous sommes également préparés, cette fois, à attaquer et à devoir encaisser une riposte significative de la part des Syriens. »
 
L’opération Kidnapped Fatah (Missiles Fatah kidnappés-détournés) est définie comme la première opération MaBaM, principalement en raison des cinq mois qui se sont écoulés depuis l’attaque de fin janvier. Les niveaux de vigilance et de planification sont élevés- une méthode complète a été formulée dans l’armée. « Des personnes supplémentaires ont même été nommées au service du renseignement qui sont engagées 24h/24 et 7j/7 dans ces opérations. »
Le major N., chef de la branche nord-est de la division des opérations, était alors un jeune officier qui participait à la planification de l’opération. Il se disait convaincu qu’ils allaient déboucher sur la guerre. « Nous étions vraiment tendus, mais nous savions aussi que nous voulions influencer (changer) la réalité (sur le terrain).

 
( Photo: porte-parole de Tsahal )

 
( Photo: Reuters )
Comme la première opération, la frappe-surprise s’est également soldée par la destruction de la cargaison d’armes, chirurgicalement et sans escalade.

De la « prochaine guerre » à l’objectif immédiat

 
« Nous avons eu une discussion très animée après le » ballon d’essai « de janvier », a déclaré un officier supérieur de Tsahal. Les gens ici, tous en fait, ont évolué sur une philosophie d’une guerre à l’autre guerre et étaient régulièrement occupés à produire des objectifs pour la prochaine guerre.
 
« Gardez une trace des livraisons d’armes, localisez les routes de contrebande et les zones de déploiement des armes ennemies sans penser à la façon de les attaquer et à quel moment, tranquillement, mais pas en temps de guerre (déclarée). »
 
– Que s’est-il passé dans les « années perdues » au cours desquelles Israël a permis au Hezbollah d’avancer vers le titre « d’armée terroriste » ?

 

Pourquoi la MaBaM n’a-t-elle pas commencé alors ?

 
« La Syrie n’a pas autorisé les transitions terrestres et aériennes vers le Hezbollah au cours de ces années, et les armes iraniennes transférées à l’organisation terroriste provenaient d’autres routes, telles que les navires d’armes que nous avons partiellement contrecarrés.  » La guerre civile là-bas a changé la donne et est devenue un facteur qui nous permet d’agir contre l’intensification (le renforcement) du Hezbollah. Nous avons simplement saisi l’opportunité.
Selon l’officier supérieur, il y avait une autre raison. « Au début de la décennie précédente, nous sommes entrés dans l’ère de  » l’explosion de l’information  » et de son extraction de manière moderne. Nos capacités de renseignement ont été améliorées au-delà de ce qu’on peut publiquement reconnaître et nous ont permis de produire des conclusions de circuits rapides basées sur la technologie. L’intelligence (les renseignements) dans le dernier quart de la décennie était complètement différent. Nous sommes passés de la description de la réalité à la conception de la réalité. Ce sont les éléments bouleversants qui ont permis le MBM.
 

Entre retenue et risque de déclenchement de guerre

L’officier supérieur était déjà dans l’exporation des profondeurs de l’arène nord, même pendant les années où les roquettes du Hezbollah étaient décrites comme « rouillées », avec un certain mépris israélien. Il n’aime pas cette expression, mais préfère regarder vers l’avenir et essayer d’expliquer ce monstre appelé MaBaM qui emploie l’armée israélienne 24 heures sur 24, à l’abri des regards du public.
Le chef d’état-major, le lieutenant-général Aviv Kochavi l’a décrit comme un « paradoxe de la sécurité » – plus il y a de paix sécuritaire (principalement en raison de la dissuasion et de l’érosion des capacités ennemies dans les attaques MaBaM), plus le plan d’attaques est avancé, plus le budget de la défense peut être réduit, ainsi que les ressources militaires employées, également, réduites. L’officier ne peut pas élaborer sur les nombreuses opérations MaBaM depuis janvier 2013, mais au moins environ 1 000 attaques en nombre, on créé une autre dissonance cognitive chez l’ennemi.
 

Suspension d’opérations jugées « secondaires »

L’armée s’est, à plusieurs reprises, abstenue ces dernières années d’attaquer et de répliquer à des attaques transfrontalières ou des tirs de roquettes, depuis le nord mais aussi depuis Gaza, car elle était en pleine « affaire » secrète pour contrecarrer l’intensification (el renforcement) du Hezbollah ou de l’Iran en Syrie avec armes de précision susceptibles de changer la donne. C’est une responsabilité bien plus lourde qu’un seul coup tactique, ou un dépôt de bombes près de la frontière.
 
« Il y a certainement eu des cas où les forces de Tsahal n’ont pas réagi ou n’ont pas attaqué immédiatement pour ne pas nuire aux opérations menées en même temps.
 
Le public ne voit pas tout », a confirmé l’officier. « Il y a aussi des considérations dans ces dilemmes qui vont à l’est, au-delà de la Syrie, jusqu’en Iran. Nous ne prenons pas de décisions en fonction de ce qu’ils écriront dans le journal le lendemain ou de ce qu’ils diront sur la supposée ‘perte de dissuasion’. »
 
« Il y a eu des cas où les Forces de Tsahal n’ont pas réagi ou n’ont pas attaqué immédiatement afin de ne pas nuire aux opérations qui ont été menées. Le public ne voit pas tout.
L’année dernière, Assad a déjà changé de direction au cours des deux derniers mois. Assad est déjà remis sur pied à la fin de la guerre civile, à laquelle il a survécu avec l’aide de l’ours russe, mais les Iraniens ne renoncent pas à charger leurs cargaisons. A Alep dans le nord et l’ouest de la Syrie et d’autres à la frontière avec l’Irak (Al Bukamal), l’effort de Téhéran se poursuit.
 
 
L’objectif est de déployer des batteries antiaériennes iraniennes et des missiles sol-sol de précision en Syrie, ostensiblement pour se différencier de l’hôte syrien, qui commence à être dérangé par cette hospitalité forcée.
 

La dissuasion, même au prix d’une « vraie » guerre

Cette menace est si importante que dès 2016, l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot définissait en pourparlers à huis clos « qu’il vaut la peine d’attaquer à tout prix, pour mener de plus en plus d’opérations de type MaBaM, quitte à ce que cela dégénère en guerre ».

Un fragment de drone iranien largué dans le nord du pays, 2018

Un fragment de drone iranien largué dans le nord du pays, 2018
( Photo: porte-parole de Tsahal )
Les Iraniens ont répondu aux opérations MaBaM : au moins deux fois, des drones ont été envoyés sur le territoire israélien, des roquettes ont été tirées depuis la Syrie vers les hauteurs du Golan et il y a également eu des tentatives infructueuses d’envoyer des escadrons avec des drones ou des engins explosifs à la frontière des hauteurs du Golan. « Ils s’attendaient à récolter les fruits de la quantité de sang qu’ils y ont investi », a déclaré le major N. de la brigade des opérations. « Le Hezbollah, pour sa part, veut également s’implanter et essaie de le faire dans le Golan syrien« .
 

Le but : ne pas mettre le doigt dans l’œil de l’ennemi

Le capitaine E., chef de la section d’alerte dans l’arène nord-est de la division de la recherche, était encore au lycée lorsque la première opération MaBaM a été lancée. Il existe également un danger de développer une « dystrophie musculaire » qui peut également impacter le Commandement du Nord, ailleurs dans les Forces armées ou l’Armée de l’air. La MaBaM se substitue alors aux « vraies opérations » Dde guerre réelle en prOfondeur. 
 
La préoccupation constante des opérations MBM érode ou risque d’oublier les capacités classiques pour mener une « vraie » guerre. Parfois, cela se fait au détriment de la formation et des exercices visant une confrontation approfondie.
 

Ne pas oublier de préparer de vrais conflits en parallèle

Il y a des cas dans lesquels les forces de sécurité et l’armée de l’air ont été captivées pendant des semaines et des mois, des opérations qui combinent également incursions et attaques cyber à un « taux moins cher » en capacités BMB par rapport à une guerre qui durerait deux mois.

Forces de Tsahal dans la bande de Gaza

Forces de Tsahal à la frontière de la bande de Gaza. Tsahal coûte moins en vies humaines et en milliards par économie qu’une guerre de deux mois
( Photo: AFP )
« Le MaBaM est devenu une condition élémentaire de l’armée israélienne », a déclaré le capitaine E.. « Nous, dans l’arène nord, pouvons travailler longtemps sur une cible que nous suivons… Puis un matin, un de mes soldats est entré dans le bureau et a dit qu’aujourd’hui il y avait une opportunité d’attaquer cette cible, puis toute l’armée est alors entrée en action. Et ce n’est pas toujours automatique.
 
Le major N. a admis que le MaBaM attirait beaucoup l’attention. « Même si l’autre partie ne s’engage pas au point de nous occuper à la contrer, alors elle occupe l’esprit de l’état-major général.
 
Pourquoi n’assumons-nous pas la responsabilité de ces opérations ? Le but n’est pas de mettre un doigt dans l’œil ou d’humilier l’ennemi. Il est également difficile de faire la distinction entre les actions par cycles et celles ponctuelles.
 
« Parfois, cette opération ne se contente pas de lâcher une bombe sur une arme, mais a pour but de transmettre un message ou « d’implanter une pensée « en correspondance les enseignements que l’ennemi va en tirer. Ce que l’autre partie comprend de nos actions compte. »
 

Un dysfonctionnement dans l’opération crée un événement dans une autre arène

 
Il y a eu pas mal de problèmes dans les opérations MaBaM, une partie découle des risques pris par les attaquants. De longues heures de discussions, des armements coûteux, améliorés et précis, certaines technologies de liaison avancées sont jetées dans la bataille, juste pour s’assurer que le MaBaM ne débouche pas sur la guerre.
 
Le dysfonctionnement le plus courant dans les opérations MaBaM est l’élimination non planifiée d’individus qui comptent aux yeux de l’ennemi. La grande majorité de ces attaques sont dirigées contre des infrastructures, telles que des dépôts d’armes et des capacités de développement et de fabrication.

Les systèmes de défense aérienne ont été activés dans le ciel de Damas

L’attaque attribuée à Israël dans la région de Damas
( Photo: AFP )

Ne pas générer de prétexte à une réplique dangereuse

En juillet de l’année dernière, lors d’ un bombardement de routine près de Damas attribué à l’IAF, un chauffeur de camion du Hezbollah a été tué.
Nasrallah a tenté de le venger, durant six mois de haute tension à la frontière libanaise en espérant tuer un soldat israélien, près du kibboutz Menara, il a échoué.
 
« Le MaBaM n’est pas un événement stérile, mais même avec un objectif fondé sur des valeurs (défense et sécurité), nous ne mettrons pas en danger les civils de l’autre côté », a précisé le major N..
 
« Nous investissons beaucoup de ressources et d’efforts dans ce domaine, car nous savons également qu’il ne s’agit pas d’une attaque en temps de guerre. »
 

 

Retarder l’événement -déclenchement-, ne pas empêcher

« Le concept est simple – au lieu d’une grande guerre une fois par décennie, nous ferons un dixième de guerre une fois par an », a conclu le commandant de la base nabatéenne (Nevatim), le général de brigade Gilad Keinan, qui est considéré comme un opérateur majeur et expérimenté des opérations MaBaM, depuis le début de la décennie précédente.
 
L’armée de l’air avait déjà perdu un avion de chasse en 2017 à cause des tirs antiaériens syriens, un événement rare qui a entraîné Israël dans une journée « portes ouvertes » de combats dans le nord.

Restes d'un avion de chasse qui s'est écrasé. A traîné Israël à une journée portes ouvertes de bataille dans le nord

 
( Photo: AFP )
Le but du MaBaM pour lui, et aussi pour l’échelon politique, n’est pas d’empêcher la prochaine guerre mais de la retarder autant que possible, et de faire en sorte que l’ennemi l’atteigne moins bien préparé et mal équipé.
 

Le risque de guerre devient-il « mathématique »?

« Au début, notre niveau d’incertitude était plus élevé. Ce qui se passe aujourd’hui est basé sur des équations », a-t-il déclaré. Par exemple, Israël évite d’attaquer le Liban sachant que le Hezbollah répondra immédiatement.
 
« Beaucoup de ces équations sont construites au fil du temps. D’ailleurs, changer l’équation peut déterminer les choses à faire« , a ajouté le général de brigade Keinan.
 
Dans un survol du regard sur 10 à 20 ans, les agents du Hezbollah ou d’autres auront les missiles précis. Nous retardons cet événement. Les arguments au sujet de la MaBaM viennent de ces points. »
 
– Comment l’entrée des Russes en Syrie a-t-elle affecté le MBM ?  » Elle a ajouté une couche dans la planification mais ne nous a pas empêché d’agir. Le jeu russe vient d’autres mondes, c’est un système d’équations différent de ce à quoi nous sommes habitués, pour faire passer les messages, apaiser, et  concevoir les nouvelles équations. Dans l’ensemble, dans le monde du MaBaM, vous pouvez vous battre sur le terrain mais pas combattre l’idée, chez l’ennemi, qu’il veut progresser. Comme il semble pour le moment, on peut conclure que, malgré le MaBaM, ils n’ont pas abandonné le projet de doter le Hezbollah des meilleures armes ». 
 

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