Falastin/Israël : Pouvoir d’Allah/démocratie

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Falastin/Israël : Pouvoir d’Allah/démocratie

Montée en puissance du Hamas, « résistance » islamiste

Le 30 septembre 2021, Tsahal est parvenu à éliminer deux terroristes palestiniens : le premier avait tiré sur des soldats israéliens, à proximité de Jénine, alors que la seconde avait tenté de poignarder des policiers dans la vielle ville de Jérusalem. En réponse, le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont appelé les Palestiniens à intensifier la «résistance» contre Israël.

 

Incontestablement, la haine anti-juive des palestiniens dénote avec les propos du Président américain Joe Biden (tenus le 21 septembre 2021 lors de l’Assemblée générale de l’Onu) : « Je continue à croire que la solution à deux Etats est la meilleure pour assurer l’avenir d’Israël en tant qu’Etat juif démocratique, vivant en paix aux côtés d’un Etat palestinien viable, souverain et démocratique ». 

Biden ne réalisera pas dans les territoires ce qu’il a raté en Afghanistan

En réalité, il n’est pas certain que la démocratie soit un objectif que les palestiniens cherchent à atteindre. Mieux, il semblerait qu’Israël, ne soit que le microcosme du conflit international qui oppose « pouvoir d’Allah » et « démocratie ».

La situation internationale s’est focalisée, pendant de nombreuses années, autour de l’opposition entre capitalisme et communisme. Désormais, l’opposition idéologique s’organise entre pensée « islamiste » et « démocratique ».

 

Les révélations de Salah Abdeslam, à l’occasion du procès des attentats du 13 novembre 2015 ne laissent planer aucun doute sur cette confrontation nouvelle.

 

Y a t-il un autre Islam que l’Islamisme (Abdeslam)?

Plus précisément, le 15 septembre 2021, Salah Abdeslam a assumé les attentats commis en France en rappelant : « ce que l’on appelle terrorisme, ou jihadisme radical, n’est que de l’islam authentique ». D’ailleurs, (et pour ceux qui l’auraient oublié) : « Ces radicaux sont des musulmans ».

Il a ensuite justifié les attentats comme étant une vengeance contre la France qui a attaqué l’Etat Islamique en Syrie : « on a combattu la France »… « On a visé la population, des civils »… « Mais en réalité, on n’a rien de personnel vis-à-vis de ces gens-là ». Pour Salah Abdeslam, les attentats terroristes sont une application de la loi du Talion : « Comme les avions français ne font pas la distinction entre les hommes, les femmes et les enfants. On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons ».

La « solution (démocratique) à deux-Etats » n’a marché ni à Bagdad, ni à Kaboul

L’opposition entre « pouvoir d’Allah et démocratie » a même été évoquée, à demi mot, par Salah Abdeslam. Se référant aux positions des Président français successifs, il a précisé :

« quand François Hollande a pris la décision d’attaquer, il savait qu’à cause de cette décision, des Français allaient rencontrer la mort ».

Inversement, le Président français de 2003 avait compris l’enjeu : « Jacques Chirac a refusé de donner son soutien aux Américains (s’agissant de la guerre en Irak) sous prétexte d’une haine anti-Français et des attaques meurtrières. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui ».

Il faut donc le reconnaître, la confrontation à laquelle on assiste aujourd’hui est bien celle qui oppose « pouvoir d’Allah » et « démocratie ». Dès lors, et s’agissant de la situation au Poche Orient, il n’est pas certain que l’analyse de Joe Biden (radicalement différente de celle de Donal Trump), soit de nature à régler le différend. Il s’est, certes, réapproprié l’ancienne formule tenant à l’existence de « deux Etats vivant côte à côte », mais a, en outre, fourni une indication concernant le modèle sociétal qui conviendrait le mieux aux palestiniens, à savoir la « démocratie ».

Les Palestiniens veulent un califat, pas une démocratie

La récente déconvenue américaine en Afghanistan devrait l’inciter à plus de prudence : les Etats-Unis ont également essayé d’imposer la démocratie dans ce pays, sans grand succès. Les talibans ont repris le contrôle du pays, sans véritable opposition de la population, en dépit des armes américaines dont elle disposait.

Pour leur part, les palestiniens ne semblent pas favorables à la mise en place d’une démocratie dans les territoires qu’ils contrôlent (zone A et B de Cisjordanie et bande de Gaza). Ils ont, démocratiquement, choisi le Hamas pour les gouverner en 2009 (l’Autorité palestinienne en avait refusé le principe, à l’origine d’une sécession du  Hamas dans la Bande de Gaza). Or, si des élections législatives devaient être organisées, dans les territoires contrôlés par les palestiniens, les sondages indiquent que le Hamas serait en tête, non seulement dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie. Autrement dit, les palestiniens préfèrent confier le pouvoir politique entre les mains d’Allah, plutôt qu’entre celles du peuple.

Joe Biden ne saurait donc imposer aux palestiniens un mode de gouvernance contraire à leur choix. Il sait d’ailleurs que la partie n’était pas gagnée : il a immédiatement nuancé son propos :

« Nous croyons dans la solution de deux Etats, même si nous en sommes encore loin. Nous ne devons pas renoncer à cette solution et nous allons travailler avec la communauté internationale pour faire pression en vue de la paix. Nous visons une paix de large spectre au Moyen-Orient ». Pour lui, la conception occidentale et celle de l’avenir : « Nous sommes actuellement loin de cet objectif, mais nous ne devons jamais renoncer à croire qu’un progrès est possible».

Droits de l’homme : concept inconnu en Islam

De façon un peu contradictoire, il a néanmoins priorisé le principe de la paix à trouver, et non une organisation politique à mettre en œuvre. En effet, non seulement les pays musulmans ne veulent pas de l’instrument occidental qu’est la « démocratie », mais en outre ils ne peuvent la mettre en œuvre, sauf à remettre en cause leur système de foi (puisqu’en Islam, il n’y a pas de séparation entre la Mosquée et l’Etat).

Rappelons qu’aucun pays musulman ne l’a expérimentée : soit, ils optent pour une dictature islamiste, soit pour une royauté qui impose la charia, soit pour une dictature militaire.

Pour leur part, les palestiniens n’invoquent les Droits de l’homme des pays démocratiques que pour critiquer Israël, non pour les mettre en œuvre : Mahmoud Abbas a lui-même appelé la communauté internationale à « forcer Israël à cesser ses violations des droits de l’homme contre le peuple palestinien et à lui accorder une protection internationale», alors même que le concept de Droits de l’Homme est parfaitement inconnu dans le mode de pensée palestinien.

Egalité, Liberté s’opposent à l’Islam

Ainsi, ce que l’on appelle « conflit israélo-palestinien » n’est bien évidemment qu’un échantillon de l’opposition internationale des systèmes de pensée démocratique et coranique. Dans la logique occidentale, la devise française « liberté égalité fraternité » constitue un progrès qui n’existe pas dans la conception islamique. Rappelons que dans le Coran, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes :

un homme peut battre sa femme si elle ne lui obéit pas (4:34), la femme ne peut lui nuire, le mettre en colère, se montrer ingrate. Elle sert juste à son plaisir sexuel (2.223), ne peut demander le divorce mais juste, être répudiée par lui (2,226).

Il n’y pas non plus d’égalité à l’égard des personnes qui professent une autre religion (notamment juifs et chrétiens). Ces derniers disposent du statut spécifique de dhimmi, tenus de payer un impôt pour n’avoir pas reconnu les signes d’Allah. Ce statut existe toujours dans les pays de la péninsule arabique, même s’il a considérablement été allégé. En tout état de cause, le Coran enjoint les musulmans d’entretenir un rapport de force avec eux :

« Combattez, parmi ceux qui ont reçu le Livre, ceux qui ne suivent pas la religion du Vrai, jusqu’à ce qu’ils s’acquittent de la capitation (jizya) en toute humilité. » (sourate 9, verset 29).

Le seul devoir du Musulman est le Djihad

Enfin, la paix n’est pas forcément une priorité dans le Coran puisqu’il faut combattre « sur le chemin d’Allah» (4,76), le (petit) Jihad, c’est à dire lutter « contre ceux qui combattent Allah et son prophète », étant un devoir religieux.

Fort heureusement, à côté de la guerre contre les incroyants, le concept de Jihad recouvre un autre sens : le combat contre les mauvais instincts (grand Jihad). Aussi, la paix dans le monde (et en Israël) arrivera lorsque les musulmans considèreront ce Jihad comme le seul qui vaille. Cette lutte individuelle des musulmans contre les mauvais instincts pacifiera le monde et, naturellement, la relation israélo-palestinienne.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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