Désillusion cinglante au Hamas : le soulèvement rêvé retombe comme un soufflé

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Le Hamas menace d’intensifier les affrontements en Cisjordanie après la capture de fugitifs

Les factions palestiniennes ont juré de mettre fin à toutes les discussions sur un cessez-le-feu avec Israël après la reprise des fugitifs de la prison de Gilboa.

Mais de telles menaces et mesures de rétorsion ne font que trahir la déception profonde des groupements terroristes.

Sans un solide motif, telle que la glorification des évadés bravant la sécurité israélienne, les villes et territoires autour de Ramallah n’ont plus de mèche pour exploser. Zubeidi et ses compagnons d’évasion n’ont pu se projeter au-delà de la Galilée. C’est hagards, l’estomac dans les talons et sans aide d’aucun relais, même dans les villes et villages arabes, qu’ils sont photographiés au moment de regagner penauds leurs cellules.

Certes, deux autres sont encore en fuite. Impossible de savoir, à ce stade, s’ils ont pu franchir la ligne verte et trouver refuge en Cisjordanie. Mais pourquoi auraient-ils eu beaucoup plus de chance? Leur sort ne sera t-il pas identique d’ici peu, où qu’ils puissent se trouver actuellement? 

Le CHEF du HAMAS Ismail Haniyeh s'adresse à la presse à son arrivée au poste frontière de Rafah dans le sud de la bande de Gaza en 2017. (Crédit photo : ABED RAHIM KHATIB/FLASH90)
Le CHEF du HAMAS Ismail Haniyeh s’adresse à la presse à son arrivée au poste frontière de Rafah dans le sud de la bande de Gaza en 2017. (Crédit photo : ABED RAHIM KHATIB/FLASH90)
 
Le Hamas a publié une déclaration samedi matin, déclarant que la capture de quatre des fugitifs de Gilboa en fuite sera le prétexte à « une nouvelle série de confrontations avec Israël ». Il lui faut absolument rajouter du carburant à l’incendie qui risque de s’éteindre dans les heures suivant ces premières arrestations. 
 
« L’évasion a ravivé l’espoir du peuple palestinien que ce n’est qu’une question de temps avant que la Cisjordanie « n’explose » au nez d’Israël », a déclaré l’organisation terroriste. 
 
Les factions palestiniennes ont juré de mettre fin à tous les pourparlers sur un cessez-le-feu avec Israël, après la reprise des fugitifs de la prison de Gilboa qu’ils ont qualifiés d' »héroïques », selon les médias palestiniens. 
 
 
 
En réaction aux nouvelles arrestations de Yakoub Mohammed Qadri et Mohammed Ardah vendredi soir, le Hamas a lancé une roquette en direction du Conseil régional d’Eshkol dans le sud d’Israël. L’armée israélienne a riposté en effectuant une frappe aérienne dans la bande de Gaza.
 
De violentes émeutes en Cisjordanie se sont poursuivies tout au long de la semaine alors que des centaines de Palestiniens ont manifesté en solidarité avec les évadés de la prison de Gilboa.
 
 
 
« Ces récentes captures sont la force motrice, pour nous et notre peuple en Cisjordanie, afin d’augmenter et d’intensifier les protestations », a déclaré le Hamas.
 

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes lors d'une manifestation dans le village de Beit Dajan, près de la ville cisjordanienne de Naplouse, le 23 juillet 2021. (Crédit : NASSER ISHTAYEH/FLASH90)Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes lors d’une manifestation dans le village de Beit Dajan, près de la ville cisjordanienne de Naplouse, le 23 juillet 2021. (Crédit : NASSER ISHTAYEH/FLASH90)

 
« Si les six prisonniers peuvent s’échapper de la prison étroite et surpeuplée, alors le peuple palestinien peut stopper l’occupation », a écrit le chef de la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh sur Facebook. Ses propos rompent tous les serments prêtés pour entrer à la Knesset, assemblée parlementaire du peuple d’Israël, qui aura un jour mission d’extraire et de juger les traitres à sa constitution tacite.
 
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a commenté les captures, applaudissant l’Unité antiterroriste de la police israélienne (le Yamam), ainsi que le Shin Bet (Agence de sécurité israélienne) et les Forces de Tsahal pour leurs efforts.
 
 
 
 
 
 
Le vice-ministre de la Défense, Alon Schuster, a déclaré à Ynet que « les deux fugitifs restants seront bientôt renvoyés en prison ».
 
Schuster a également démenti les allégations selon lesquelles les fugitifs seraient condamnés à la peine capitale, insistant sur le fait que « nous n’avons aucune intention de tuer qui que ce soit, même s’ils ont du sang sur les mains ».
 
« Rien ne sera fait à n’importe quel prix mais plutôt par des mesures appropriées. Ils [les fugitifs] seront appréhendés et renvoyés dans leurs prisons de l’État d’Israël », a déclaré Schuster à Ynet.
 
Certes, tout risque d’explosion insurrectionnelle, précisément, parce qu’embolisant cette déception, est loin d’être écarté. Le Hamas et le noyau de groupes terroristes autour de lui, a tout intérêt à persister dans ses tentatives de mettre le feu aux poudres :
 
– par des tirs épisodiques de roquettes depuis Gaza,
 
– en relayant les « manifestations faussement spontanées » contre l’Autorité Palestinienne et ses forces répressives de sécurité, protégeant encore Abu Mazen
 
– et en poursuivant par d’autres voies les mêmes desseins que lors du dernier cycle  guerrier et d’émeutes, depuis Gaza, à Jérusalem et dans l’ensemble des villes mixtes.
– L’actuel gouvernement demeure fragilisé par ces failles sécuritaires constatées, après la mort du membre de l’untié d’infiltration et tireur d’élite Barel Hadaria Shmueli z’l, puis le liasser-aller à la prison de Gilboa. 
 

L’occasion de cette évasion était inespérée. La fenêtre d’opportunité se referme. Le bilan est très mitigé, puisque ce sont des citoyens arabes israéliens qui ont signalé aux autorités les deux premiers futigifs à Nazareth, qui sont rapidement passés à table pour dénoncer leurs deux aurtres camarades d’évasion, ceux-ci risquant aussi de dire tout ce qu’ils savent sur le cheminement connu des deux évadés restant dehors…
 
Au-delà du bruit et de la fureur, sur la scène du théâtre palestinien, la « solidarité » arabo-musulmane s’effrite de toutes parts, y compris à l’intérieur de la ligne verte, toujours sujette à des bouffées d’imitation de « lutte », mais irrépressiblement attirée comme à l’intérieur d’une « zone de confort » que pour rien au monde elle ne choisirait de quitter. Un double-discours permanent donc…

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