Une automobiliste invective d’un « Heil Hitler » une famille juive

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Val-d’Oise : une automobiliste invective avec un « Heil Hitler » une famille juive qui sortait d’une synagogue

La police a retrouvé l’automobiliste qui a proféré ces injures. La quinquagénaire avait attaqué verbalement une famille de confession juive de Deuil-la-Barre, dont l’un des membres portait la kippa. Elle sera jugée le 26 octobre au tribunal de Pontoise.

Illustration. La police a identifié et interpellé la conductrice qui a tenu ces propos. LP/Olivier Boitet.
Illustration. La police a identifié et interpellé la conductrice qui a tenu ces propos. LP/Olivier Boitet. 
 
 

Le 27 août 2021 à 12h57

Des propos effarants mais devenus hélas récurrents. Une femme a invectivé un groupe de personnes juives, samedi en milieu de journée, à Deuil-la-Barre. Selon l’Union des collectivités juives du Val-d’Oise (UCJ95), il s’agit d’une famille qui sortait de la synagogue d’Enghien-les-Bains et qui regagnait son domicile.

L’un des membres, Jonathan, un fidèle de 33 ans, avait gardé sa kippa blanche sur la tête. C’est au niveau du 5, rue Eugène Lamarre à Deuil-la-Barre, qu’ils ont vu une automobiliste sortir d’un parking puis faire une marche arrière pour se placer à portée de voix du groupe. Ils l’entendent alors dire une dizaine de fois : « Heil Hitler », avant d’ajouter : « Vous les juifs, vous êtes la honte de la France ».



Choqué, Jonathan est allé porter plainte au commissariat de police d’Enghien-les-Bains. Il a pu décrire cette femme qui est de type européen, a les cheveux longs et blonds et semble âgée d’environ 40 ans. Il a aussi été en mesure de donner le type du véhicule et le numéro de la plaque d’immatriculation que son frère aussi présent sur place avait noté. Les policiers ont été en mesure d’identifier la suspecte.

 

La mise en cause invoque la liberté d’expression

Il s’agit d’une femme de 58 ans qui habite Enghien-les-Bains. Elle a été interpellée et placée en garde à vue. Selon nos informations, elle a reconnu avoir prononcé ces mots estimant qu’ils relèvent de la liberté d’expression.

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Or, la loi prévoit jusqu’à six mois de prison et 22 500 euros d’amende pour les injures publiques en raison de l’appartenance ou non « à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Elle est convoquée pour être jugée devant la 6e chambre du tribunal correctionnel de Pontoise le 26 octobre.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a décidé de se porter partie civile aux côtés de la victime et a chargé son conseil Me Franck Serfati de déposer plainte.

« Tout cela est dans la lignée des actes que l’on subit depuis 20 ans, déplore René Taïeb, président de l’UCJ 95. J’observe une parole antisémite libérée et impunie sur Internet et qui est le reflet des discours antisémites qui se développent en France. »

 

Le BNVCA a relevé quarante-quatre agressions violentes antisémites en France en 2020. « C’est autant qu’en 2019, mais en 2020, il y a eu trois mois et demi de confinement », précise René Taïeb.

leparisien.fr

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