Washington : Bennett a coché toutes les cases de sa liste

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Le Premier ministre a déclaré après la réunion que l’atmosphère était « excellente ». Il a estimé que Biden et ses hauts gradés étaient ouverts à l’écoute de ce qu’il avait à dire, et qu’il pouvait désormais appeler Biden directement.

 Le PM Bennett rencontre le président Biden à Washington (crédit photo : AVI OHAYON - GPO)
Le PM Bennett rencontre le président Biden à Washington
(crédit photo : AVI OHAYON – GPO)
 
WASHINGTON – Le Premier ministre Naftali Bennett a pu commencer le Shabbat avec la satisfaction d’avoir accompli une grande partie de ce qu’il avait prévu de faire lors de son voyage à Washington cette semaine.
 
Des critiques lui ont lancé quelques peaux de bananes en route – après tout, le plan était qu’il soit chez lui avec sa famille à Ra’anana pour le Shabbat et non dans un hôtel près de la Maison Blanche – mais il a quand même réussi à cocher chaque case sur sa liste des choses à faire publiquement.
 
Bennett avait sept ou huit éléments sur cette liste mais n’en a rendu public que quatre.
 
 

Biden : Si la diplomatie échoue avec l'Iran, nous avons d'autres optionsBennett tente un «nouvel esprit» dans sa relation avec BidenQui sont les autres lobbies d'Israël ?

 

Apaiser la relation malgré les pommes de discorde

Premièrement, Bennett voulait créer un lien positif et sans intermédiaire entre lui-même et le président américain Joe Biden
 
C’était probablement le plus simple à faire. Les deux parties voulaient, à tout le moins, montrer que la relation américano-israélienne est sur la bonne voie et se porte bien dans l’ère post-Netanyahu/post-Trump. Ils ont tenu une réunion en tête-à-tête de 50 minutes – qui, exceptionnellement, s’est déroulée autour d’un thé dans la salle à manger privée de Biden à côté du bureau ovale.
 
Biden a déclaré lors de leur séance de photos dans le bureau ovale qu’ils étaient déjà «des amis proches» et qu’ils se sont liés en parlant de trajets dans les trains Amtrak. Lors de leur rencontre, Bennett a raconté comment son père, Jim, avait été arrêté dans les années 1960 lors d’un sit-in contre un hôtel en Californie qui n’acceptait pas les clients noirs.
 

Pas l’ombre d’une question palestinienne

BENNETT A DIT après la réunion que l’atmosphère était « excellente », qu’il sentait que Biden et ses hauts gradés étaient ouverts à l’écoute de ce qu’il avait à dire, et qu’il pouvait désormais appeler Biden directement. Il a également invité Biden à visiter Israël.
 
 
Nous pouvons également voir à quel point Biden était engagé dans cet objectif, par le fait qu’il a à peine élevé le sujet des Palestiniens, ce qui est le domaine où lui et Bennett sont le plus en désaccord. Même dans les coulisses, selon des sources diplomatiques, les implantations – auxquelles l’administration Biden s’oppose fermement – et la mie en place d’un consulat américain auprès des Palestiniens à Jérusalem – auquel Bennett s’oppose fermement – ont pris très peu de leur temps. Les expulsions imminentes à Sheikh Jarrah n’ont pas eu cours du tout.
 

Question technique de l’approvisionnement de Dôme de Fer

Le deuxième objectif n’était pas trop difficile à atteindre non plus, bien qu’il puisse y avoir des défis à venir. Bennett a cherché à obtenir un engagement de l’administration Biden pour 1 milliard de dollars d’aide afin de reconstituer les batteries de défense antimissile du dôme de fer d’Israël. Biden a déjà déclaré qu’il aiderait l’État juif sur ce front immédiatement après l’opération Gardien*s des Murs de mai, avant que Bennett ne devienne Premier ministre, mais les détails devaient être réglés. Bien que Bennett ait obtenu un «oui» public sur ce front, de la part du secrétaire à la Défense Lloyd Austin mercredi, Biden l’a répété.
 
 
Le Congrès doit, maintenant, approuver l’aide. Cela ne devrait pas être un obstacle difficile à passer que d’obtenir l’approbation, pour l’administration mais sait-on jamais. 
 
 

L’exemption de visas pour des sujets jeunes

L’objectif suivant était de faire progresser l’adhésion d’Israël au programme américain d’exemption de visa, qui permettrait aux Israéliens de se rendre aux États-Unis et vice-versa sans visa. Israël a cherché cette facilité pendant des décennies, en vain, parce que trop de demandes de visas israéliens sont rejetées, et parce qu’Israël empêche trop d’Américains – généralement des Palestiniens-Américains – d’entrer dans le pays.
 
Le premier problème est culturel; de nombreux Israéliens ayant une vingtaine d’années  veulent se rendre aux États-Unis lors d’un voyage juste après l’armée, mais les Américains n’approuveront pas un visa pour quelqu’un de cet âge qui n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins. Le second est quelque chose qu’Israël devra régler. 
 
La partie israélienne a estimé que cela restait bloqué parce qu’il n’y avait aucune volonté des échelons supérieurs. Bennett et son équipe ont souligné que c’est quelque chose que l’administration Biden peut faire pour le peuple israélien, ce qui enthousiasmera de nombreux Israéliens moyens. Biden et le secrétaire d’État américain Antony Blinken ont déclaré dans leurs remarques publiques qu’ils le feraient avancer.
 
Cependant, la déclaration de victoire de Bennett sur ce front est prématurée. Oui, il y a maintenant une pression du président des États-Unis pour une dispense de visa envers les Israéliens, mais il y a encore un long chemin à parcourir. Il faudrait probablement un amendement à la loi pour permettre aux jeunes Israéliens sous-employés, sortant de l’armée, d’obtenir des visas.
 

Aplanir les divergences sur l’Iran

 
L’objectif FINAL de BENNETT était le plus important: un alignement avec Biden sur l’Iran. La réalisation que lui et ses conseillers ont décidé publiquement de poursuivre avant la réunion était d’amener Biden à  aller beaucoup plus loin que sa déclaration, lors de la visite du président Reuven Rivlin selon laquelle
« l’Iran n’obtiendra pas d’arme nucléaire, sous ma supervision, pour dire que l’Iran ne le fera jamais. donc. Le Premier ministre a obtenu cette confirmation et même un peu plus.
 
 Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre ses collaborateurs avant sa rencontre avec le président américain Joe Biden, le 26 août 2021. (Crédit : AVI OHAYON - GPO)Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre ses collaborateurs avant sa rencontre avec le président américain Joe Biden, le 26 août 2021. (Crédit : AVI OHAYON – GPO)
 
« Nous allons discuter de la menace iranienne et de notre engagement à garantir que l’Iran ne développe jamais d’arme nucléaire« , a déclaré Biden aux médias dans le bureau ovale. Il a ensuite évoqué de manière indirecte une option militaire contre l’Iran : « Nous mettons la diplomatie en premier et voyons où cela nous mènera. Mais si la diplomatie échoue, nous sommes prêts à nous tourner vers d’autres options
 
Mais sur un sujet comme l’Iran, les Etats-Majors cachent bien plus d’enjeux aux yeux du public. Bennett a déclaré que lui et Biden s’étaient mis d’accord sur les objectifs – que l’Iran n’atteigne jamais l’arme nucléaire et de faire reculer le comportement malveillant de la République islamique à travers le Moyen-Orient – et qu’ils travailleraient « pour développer les canaux de coopération« . Il n’a cependant pas dit s’ils étaient d’accord sur la manière d’atteindre cet objectif.
 

Saigner l’Iran de mille entailles

Des sources diplomatiques ont qualifié l’approche de Bennett de « mort par 1 000 entailles » et l’ont comparée à la guerre froide, Israël jouant le rôle des États-Unis et l’Iran étant l’Union soviétique. Israël a déjà commencé dans cette veine, il n’a donc pas besoin de l’approbation de Biden, en soi, mais il aimerait beaucoup sa coopération et son soutien.
 
Malgré la distraction majeure pour l’administration Biden – avec l’attaque terroriste à l’aéroport de Kaboul qui a tué 170 personnes, dont 13 Américains, repoussant la réunion d’un jour – une source diplomatique a déclaré que le président et ses principaux conseillers lors de la réunion étaient tous très concentrés sur Israël et bien informé sur ses problèmes.
 

Bennett : flexibilité et intelligence du tragique des situations

Ils ont également apprécié la flexibilité de Bennett et de son équipe et leur volonté de changer leurs plans et de rester à Washington pendant le week-end.
 
Bien que personne dans l’administration Biden n’en ait dit autant, cela n’a certainement pas fait de mal d’avoir le chef d’un allié des Américains aux côtés de Biden après le fiasco afghan, que beaucoup considèrent comme une trahison des forces armées afghanes pro-américaines. Biden ac réitéré qu’Israël est aux côtés des États-Unis et que les États-Unis ont toujours été aux côtés d’Israël.
 
Lorsque Bennett est parti pour Washington mardi, il s’est fixé des objectifs réalisables. Lorsqu’il débarquera en Israël dimanche, il pourra dire qu’il les a tous atteints. 
 
Mais il reste à voir la façon dont lui et Biden aborderont ensemble la menace existentielle de l’Iran.

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