Adir H’eil Ha’avir, la merveille ! Première partie, Gilles Falavigna

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Adir H’eil Ha’avir, la merveille ! Première partie

D’un point de vue militaire, Israël a su faire peur à ses ennemis. Depuis plus de 70 ans, la nécessité était impérieuse et vitale pour l’État hébreu.

 

Comme on le sait, les ennemis d’Israël sont battus et ce n’est que partie remise pour la prochaine fois. Israël n’aura jamais droit à une seconde chance.

Alors la chance doit être exclue de l’équation.

Israël compte et peut compter sur ses deux atouts-maîtres : ses services de Renseignement et sa force aérienne. Les membres du Mossad sont appelés les Princes, en Israël. Les pilotes sont les héros.

Bien sûr, l’ensemble de Tsahal est digne d’éloges. C’est sur le terrain, les pieds dans le sable que la décision se fait et jusqu’au corps à corps. La valeur humaine, en final, est le déterminant majeur. Jusqu’à présent, Israël l’a toujours emporté.

Sur le terrain, Israël s’adapte. La stratégie est l’analyse des forces et des faiblesses, des opportunités et des menaces. Les frontières d’Israël sont ses limites. Un si petit territoire peut être une faiblesse. Israël, c’est en gros 80 km de large pour 200 km de long, entre 5 et 10 minutes à traverser pour un avion supersonique.

Israël fait une force de cette faiblesse. La logistique a toujours été la charge d’une armée. Lorsque l’armée américaine intervient, elle a besoin de bases arrière. Elle a besoin de transport pour acheminer ses forces sur le théâtre des opérations.

Les bases israéliennes sont à proximité des éventuels théâtres d’opérations. Les Golanis sont sur le Golan, etc. Les bases arrières sont à l’avant.

La cavalerie motorisée, les blindés ont, en Israël, la spécificité de ne pas avoir (théoriquement) besoin d’être transportés su/r de longues distances. Alors, ils n’ont pas besoin d’être adaptés aux routes. Le char israélien est plus large, plus furtif. Ses courbes lui permettent de faire rebondir les tirs sur son blindage.

Le Renseignement est l’arme qui permet d’être en avance. Pour mon ouvrage, La mercatique ou le nouvel art de la guerre, le général Piquemal m’avait fait l’honneur d’une préface. Il y écrivit qu’avoir un coup d’avance permet presque toujours d’être victorieux.

Le monde moderne est technologique. La guerre est absolue mais technologique. Sur ce domaine, Israël n’est vraiment pas à la traîne.

Il a été fait grand bruit de l’équipement, par Israël, de sa force aérienne, H’eil ha’avir, d’avion Lookheed F35.

Il existe 3 modèles de base de ces avions. Ils sont néanmoins décriés pour leurs défauts. Le défaut majeur est son coût de production excessif par les investissements opérés en recherche et Développement qui auront de la peine à être amortis. En conséquence, la maintenance d’une flotte sera périlleuse et complexe. Est-ce le problème pour Israël ?

La version israélienne du F35 est spécifique. Son nom, Adir, la merveille, en témoigne. L’électronique de guerre embarquée est israélienne, plus performante. Les systèmes de communication sont plus rapides. Le viseur de casque est spécifique et adapté à la pensée israélienne. Autre caractéristique de la version israélienne, les applications de combat sont multitâches en temps réel. Le pilote peut simultanément tirer, bombarder et gérer des contre-mesures défensives. A l’extérieur, ce n’est déjà plus le même avion. Le F35 Adir dispose d’une voilure différente des autres modèles.

L’indépendance d’Israël, en matière de défense est un axe prioritaire. Israël ne doit pas dépendre de ses alliés. Les forces israéliennes disposent de leur propre stock en pièces détachées. Israël est totalement autonome, y compris dans leur fabrication à travers Israel Aerospace Industries ou Rafael.

Évaluer le F35 Adir n’a de sens que par ses concurrents puisqu’il est question de conforter une suprématie sur les ennemis potentiels.

Ce n’est pas suffisant. L’outil est une chose. Pour autant, la guerre s’appuie toujours sur son environnement. Pour utiliser un exemple par l’absurde, on n’oppose pas un char d’assaut à une frégate. Bref, la mission fait partie de l’environnement.

L’environnement actuel est particulier.

Kaboul vient de tomber. L’événement doit galvaniser le monde arabo-musulman, toujours prompt à en découdre puisque, nous l’avons vu en introduction, une défaite ne leur est jamais définitive.

La situation à Gaza est des plus tendues. La question n’est plus de savoir si une intervention aura lieu, mais quand.

Le Golan et les frontières au Nord sont toujours le point névralgique d’Israël. C’est un lieu sans frontière naturelle d’où peuvent s’engouffrer les flots ennemis et envahir tout Israël en très peu de jours. A l’Est, il n’y a que deux passages faciles à tenir de part et d’autre de la mer morte. Au Sud, le Sinaï forme une frontière naturelle et à l’Ouest, la mer est un désert parfaitement contrôlé.

Qui tient le pouvoir à Gaza ? A organisation corrompue, il faut un corrupteur. Le Hezbollah est le maître du Hamas et l’Iran est le maître du Hezbollah. Le jeu de marionnettes ne peut qu’aggraver une situation très tendue.

Depuis 20 ans, on ne fait qu’exprimer que la guerre contre l’Iran n’aura pas lieu. La principale raison est technologique. Les forces aériennes israélienne ne disposaient pas des ressources pour entreprendre un raid et anéantir les installations nucléaires et balistiques iraniennes. Le rayon d’action des F15 et F16, limités à 1500 km n’autorisaient pas un aller retour sans ravitaillement. Cela sous-entendait un trajet par le Sud via l’Arabie Saoudite et via le Nord par la Syrie et la Turquie. Impensable sans être repéré et chassé. Impossible d’envisager un second passage, pourtant obligatoire pour assurer la mission.

Technologiquement et diplomatiquement, la donne a changé. La technologie a évolué. Les accords d’Abraham ouvrent des perspectives particulières.

Si le monde arabo-musulman est à nouveau prêt à en découdre, leur tactique passera par Gaza pour provoquer un appel d’air au Sud et intervenir au Nord.

C’est dans ce contexte que doivent s’évaluer les forces israéliennes face à celles de leurs adversaires, mesure face à contre-mesure. Pour ce qui est du reste de l’analyse stratégique, la situation est une menace pour Israël. C’est également une opportunité, par défaut.

Avec le F35 Adir, Israël semble avoir un coup d’avance, d’autant plus que cet équipement n’est qu’une partie de H’eil Ha‘avir. Il équipe, aujourd’hui, les 107e et 116e escadrons.

SU-57 russe

La Russie vient d’annoncer le déploiement de son nouvel avion furtif SU-57. Il vole à 2700 km/heure. Son électronique est entièrement automatisée. Il porte le missile hypersonique Kinjal qui atteint une vitesse supérieure à 10 000 km/heure. Selon les experts, sa maniabilité est exceptionnelle. Il est entendu que rien ne peut laisser supposer qu’Israël le trouvera face à elle. Mais le temps est déjà compté.

Si un conflit de grande intensité doit avoir lieu, quelles seront les forces en présence, où et comment ? Si ce conflit a lieu, les paramètres dissuasifs n’auront plus cours. La frappe stratégique est toujours une option. La question est de savoir si Israël pourra l’emporter par des batailles conventionnelles. La prospective n’est pas de la fiction.

Par Gilles Falavigna

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