Paradoxe palestinien, par Michèle Mazel

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Alors que la tension monte dans les territoires de l’Autorité palestinienne où des affrontements parfois meurtriers avec les forces israéliennes se multiplient, il vient de se passer un événement insolite.

Le président Mahmoud Abbas a dépêché une équipe de pompiers palestiniens – quatre camions et vingt soldats du feu – pour combattre le vaste incendie qui ravageait la forêt de Jérusalem.

L’Autorité Palestinienne : généralement pompier-pyromane?

Un incendie qui, il se murmure, aurait été délibérément déclenché par des terroristes Palestiniens.

Ces pompiers se sont battus coude à coude avec leurs homologues israéliens.

Le ministre israélien de la Sécurité publique, Omer Bar Lev, a appelé personnellement Abbas pour le remercier ; pour sa part le ministre de la Défense Benny Gantz a tweeté son appréciation.

Il y a là un nouvel exemple de la complexité des relations entre Ramallah et Jérusalem. D’un côté des propos d’une violence inouïe et des relents d’antisémitisme de la part du vieux leader palestinien, qui continue à assurer des rentes confortables aux terroristes emprisonnés pour des attentats meurtriers ou à leurs familles ; de l’autre une coopération souvent souterraine née de la nécessité.

Les dirigeants palestiniens savent que sans les plus de cent mille ouvriers palestiniens qui passent la frontière chaque jour légalement ou non, une partie de leur population mourrait de faim. Que des milliers d’autres vont travailler dans les implantations israéliennes où ils reçoivent des salaires largement supérieurs à ce qu’ils pourraient trouver « chez eux ».

L’économie de Ramallah co-dépendante de son voisin

Que les Arabes Israéliens mais aussi les Juifs passent la frontière dans l’autre sens pour venir dépenser chaque année dans les commerces, les restaurants et les boites de nuit des millions de dollars indispensables à l’économie de l’Autorité. Que les hôpitaux israéliens sont toujours prêts à accepter les malades que le système de santé palestinien leur envoie car il est dans l’incapacité de les traiter.

Des phénomènes dont les médias ne parlent pas car ils ne cadrent pas avec l’image de l’occupant sans pitié persécutant des populations sans défense. Une image que continue à diffuser, caricatures à l’appui, les livres de classe de l’Autorité palestinienne.

L’œil de Jérusalem indispensable à la survie d’Abbas

Il y a un autre exemple de la complexité des relations,  et il est fondamental.  Lees dirigeants de Ramallah  se gardent bien de le reconnaitre et le démentiraient avec véhémence mais ils savent que, sans Israël, il y a longtemps qu’ils auraient été balayés par les militants du Hamas.

Car le mouvement terroriste qui a pris le pouvoir à Gaza en juin 2007, chassant les représentants de l’Autorité palestinienne dans un sanglant coup d’état, ne cache pas son intention de renverser aussi ladite Autorité.

Il sait qu’il peut compter sur de puissants soutiens dans les territoires où ses djihadistes sont solidement implantés.

Abou Mazen le sait aussi ; c’est la raison pour laquelle il a annulé les élections législatives qui devaient se tenir en mai et présidentielles prévues pour juillet.  Des élections qui auraient tourné à la déroute de l’OLP et du Fatah et à la victoire du Hamas, qui aurait ainsi réalisé son but le plus légitimement du monde et serait donc bien placé pour poursuivre son principal objectif qui est la destruction d’Israël.

Une solution qui serait catastrophique pour Israël. Les forces de sécurité de ce pays livrent un combat sans merci aux terroristes du Hamas dans les territoires.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

Un commentaire

  1. Je ne savais pas qu’en tant qu’Israélien, j’avais le droit d’entrer dans l’Autorité palestinienne et y dépenser mon argent dans les boutiques ou restaurants. Je vois pourtant sur toutes les routes des panneaux rouges m’interdisant d’entrer. Alors?

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