Le Juif sioniste, « raciste, colonialiste », en miroir du Juif Süss?

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Le Juif sioniste, raciste, colonialiste, remake du Juif Süss?

Par Gilles Falavigna

 

Il y a quelques jours, l’excellent Jean-Pierre Bensimon publiait un article essentiel sur les trois piliers de la délégitimation d’Israël:

– occupation

– colonisation

– apartheid.

 

Le caractère essentiel pose en préambule l’essence de la nature humaine.

 

Traditionnellement, l’Homme est véritablement Homme depuis qu’il est chasseur-cueilleur, l’homo faber disait Leroi-Gourhan.

 

C’est inexact. Ce n’est pas ce qui a fait l’homme ce qu’il est. Ce mode de vie n’est rien de plus qu’une évolution dans la dépendance à l’environnement.

 

La caractéristique de l’Homme est d’être un menteur et un tueur.

 

Jean-Pierre Bensimon dit que la disparition de Neandertal en témoigne.

On peut toujours se gausser de la Bible. Le sens en demeure riche d’enseignements. Le passage de l’animal à l’homme est rapporté par la rencontre entre Adam et Eve d’un côté, et le Serpent de l’autre.

 

Non, la Bible n’est pas une production Walt Disney. Les animaux ne parlent pas. Le Serpent est cet homme fondamental. Adam est celui qui doit dompter la nature animale pour parfaire le monde.

Les trois piliers de la délégitimation d’Israël sont d’ordre irrationnel, ce mensonge narratif qui propulse le mythe en vérité historique.

 

Le Juif est tueur d’enfants. Le patriarche Abraham ne voulait-il pas tuer son propre fils en sacrifice? C’est un fait, une photographie historique.

 

Elle ne reflète, néanmoins, absolument pas ce que pouvait penser Abraham. Il ne voulait justement pas sacrifier son fils. Les préjugés sont forts. Ils sont assez forts pour être utilisés par le monde arabo-musulman d’un ancêtre commun. C’est la démonstration de la nature propagandiste de l’argument.

Jean-Pierre Bensimon veut nuancer les propos de Georges Bensoussan au sujet de la présence militaire israélienne dans les territoires sous administration palestinienne car parler de colons et d’occupation est adhérer au narratif antisioniste.

 

Il n’y a pas occupation. Il y a présence. Cette présence est vitale en Judée et Samarie du fait de la structure géographique d’Israël. Cette présence est défensive pour stopper les agressions venues des voisins du Liban ou de Syrie, de la même manière que les troupes américaines en Allemagne ne sont pas des forces d’occupation.

La puissance du mensonge est terrible. Elle a corrompu l’esprit d’Adam et Eve. Elle corrompt la situation géopolitique du Moyen-Orient.

 

Dans un mois se tiendra la conférence Durban IV contre le Racisme qui verra fleurir que le Sionisme, c’ est du racisme.

Les mensonges de l’occupation et du colonialisme sont le terreau qui rend possible l’absurdité de l’assimilation du Sionisme à du racisme. L’Apartheid en serait son expression. Elle est la plus absurde pour qui connaît un peu la vie politique et sociale d’Israël où les séances de la Knesset peuvent être présidées par un arabe, où les étudiants palestiniens choisissent les universités israéliennes plutôt que celles administrées par des arabes ou se faire soigner dans les hôpitaux israéliens.

Ce sont des faits qui ne pourront faire écrouler l’association du Sionisme au Racisme que par l’explication, hasbara profonde, des mensonges d’un Israël colonial et force d’occupation.

Le triptyque « occupation, colonisation, apartheid » ne sont que les prolongements conceptuels de la nature juive selon l’antisémitisme. Selon ce narratif, l’occupation militaire n’est que le moyen de la colonisation, le vol des terres par la force. La colonisation poursuivra son œuvre jusqu’à l’apartheid. N’est-ce pas l’image du Juif Süss qui est transposée ? Les militants palestiniens ne parlent jamais d’Israéliens. Leur terminologie les désigne Juifs ou Sionistes. Il n’y a pas de hasard. Ce n’est le rejet de l’État israélien qu’en surface. Plus en profondeur, l’idéologie antisémite est bien ancrée.

Par Gilles Falavigna

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